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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


La Vénus à la fourrure (Roman Polanski)

Publié par copa738 sur 27 Novembre 2013, 18:42pm

Catégories : #Films (Comédie Dramatique)

La Vénus à la fourrure (Roman Polanski)

Synopsis : Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Non seulement elle s’est procuré des accessoires et des costumes, mais elle comprend parfaitement le personnage (dont elle porte par ailleurs le prénom) et connaît toutes les répliques par cœur. Alors que l’« audition » se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…

 

A l'image de son précédent huit-clos, Carnage, Polanski débute sa Vénus à la fourrure par des décors extérieurs avec une musique d'ascenseur en fond sonore. On pénètre l'enceinte du théâtre où Mathieu Amalric, au téléphone, débite tout un tas d'analyses critiques de l'art dramaturgique avec un profond dégoût : l'intellectuel metteur en scène dans toute sa splendeur, cigarette au bec, style négligé et coiffure surprenante (un peu comme cette fameuse coupe féminine qu'avait Javier Bardem dans No country for old men). Tout semble être réglé comme une horloge, le décor est planté, le ton est à la plaisanterie et Amalric joue parfaitement son rôle. Et c'est l'arrivée de la pulpeuse Emmanuelle Seigner qui sème la panique au poulailler. Un peu sans-gêne, un peu concon, son personnage est à l'image de la description faite auparavant des actrices des temps modernes. Une discussion s'installe, puis vient l'heure de l'audition. C'est à partir de ce moment-là que Roman Polanski va donner une dimension mystique, affolante à son film, que les pistes vont se brouiller, et que chaque moment du film va devenir un parfait exemple de l'ambiguïté (et pas ''ambivalence'') au cinéma.

 

Sans vouloir trop dévoiler les différentes étapes de l'intrigue, on dira simplement qu'il y a une profonde confusion, une part de mystère, qui émane du film : il n'y a plus d'acteur de cinéma, il y a des acteurs sur une scène, on assiste à une pièce de théâtre. Mais celle-ci n'étant qu'un essai, chaque fin de scène est marquée par une pose où les personnages échangent, et la complexité du récit repose dans ce doute perpétuel (non voulu par nous, mais voulu par Polanski) sur l'identité, ou du moins la représentation des deux protagonistes. Ce n'est plus la Vanda actrice que nous regardons, mais bien la Vanda personnage, sorte de réincarnation de la déesse Vénus. Ce n'est plus Thomas le metteur en scène mégalomane que nous écoutons, mais bien ce personnage central au nom imprononçable qui a un goût prononcé pour le masochisme (car la pièce est une sorte d'expression poétique et imagée du goût pour la soumission sexuelle que l'on appelle vulgairement masochisme). Mais Vanda finit par rebaptiser le personnage masculin de la pièce Thomas, pour tout remettre dans l'ordre, ou finalement pour encore plus nous embrouiller. Au final, les rôles s'entremêlent et fusionnent dans l'incompréhension totale (celle du spectateur, et celle de Thomas face à cette énigmatique femme qui cache beaucoup trop son jeu). Et c'est lorsque la soumission bascule dans l'autre sens (l'homme se rebelle et soumet la femme), les deux acteurs échangent de rôles et c'est de nouveau la femme (qui fait l'homme) qui soumet l'homme (qui fait la femme). Le tout pour rétablir l'ordre, ou peut-être , inversement, pour une nouvelle fois créer un paradoxe. La tension est à son comble, et le film nous laisse avec cette sensation d'avoir été retourné cinquante fois dans divers sens : « Et Dieu le frappa et le livra aux mains d'une femme ».

 

En résumé, tout simplement renversant, La Vénus à la fourrure bouleverse autant qu'un bon gros porno SM, l'une des perles de l'année, sans aucun doute.

 

5 e¦ütoiles

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Cloud Vapor 18/05/2014 10:18

she looks very attractive, I hope she doesn't smoke regular tabaco cigarettes.

dasola 07/01/2014 08:09

Bonjour, en ce qui me concerne, ce film a été une excellente surprise (je n'avais pas du tout aimé Carnage). Et Emmanuelle Seigner a trouvé le rôle de sa vie (?). Ce film fait partie de mon "top" de l'année 2013. Bonne journée.

mymp 03/12/2013 13:11

Ca y est, je l'ai vu enfin ! Bon, ça reste vraiment meilleur que ce que Polanski a fait ces dernières années, mais j'en suis ressorti pas complètement troublé. C'est brillant et réjouissant, mais c'est tout (mais c'est déjà pas mal, certes). Je voulais plus de trouble, plus de brio, comme le dernier quart d'heure par exemple. Dis donc, 5 étoiles, il va être premier de ton top ! À non, pardon, j'oubliais Django !

mymp 13/12/2013 13:36

C'est clair, heureusement que j'ai pas fait prof, je me prendrais des chaises dans la gueule toute la journée !

copa 05/12/2013 19:53

Tu sais que je mets facilement la note maximale, contrairement à ta sévérité (j'aimerai pas t'avoir en prof :p ). A vrai dire c'est mon 3ème "5 étoiles" de l'année, avec Django et Cloud Atlas.

ASBAF 30/11/2013 01:08

Crois-moi, garçon, je connais une cinquantaine de bon gros pornos SM qui surpassent largement le Polanski.

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