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Copa Cinema

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De la critique subjective mais juste


Le Loup de Wall Street (Martin Scorsese)

Publié par copa738 sur 30 Décembre 2013, 22:15pm

Catégories : #Films (Biopic)

Le Loup de Wall Street (Martin Scorsese)

Synopsis : L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

 

Le Loup de Wall Street, délire cinématographique de Martin Scorsese, à la métaphore icarienne flagrante, est peut-être l'une des œuvres les plus brillantes, les plus folles et maîtrisées de ces derniers temps. Le film narre l'histoire d'un ambitieux, dans le pays où tout est possible. Le but n'est pas d'y glorifier la spéculation ni encore moins de donner l'envie d'être courtier. Il exprime toute la fragilité d'une vie de luxe que l'on juge inaccessible, pèse le pour et le contre et nous laisse, nous spectateurs, le choix de délibérer. Le film ne glorifie pas le métier de courtier (la notion d'illégalité), ni l'argent (qui rend fou), sans être moralisateur, il y a donc une certaine neutralité qui permet au film d'être apprécié tel quel, sans conclusion pompeuse (en témoigne ce final un peu inabouti).

 

Les scènes où Jordan parle au micro pour motiver ses employés sont toutes des petits chefs d’œuvre à elles toutes seules. Les qualités du film sont évidentes mais c'est effectivement dans les dialogue (et surtout monologues) que le film puise sa surpuissance. Et bien plus qu'un film bavard, Le Loup de Wall Street possède un scénario complet et structuré, qui laisse place à l'humour, à la peur, à l'adrénaline. On passe par tous les états avec une tête retournée, la faute à cette réalisation vertigineuse de Scorsese, qui impose son rythme fou comme une drogue nous impose la défonce. Mais comme toute défonce est surtout mentale, c'est donc parce que le spectateur se laisse bercer qu'il prend son pied.

 

Et pour prendre son pied, il le prend : étonnamment, le dernier Scorsese est bourré d'insultes, de pétages de câble (la scène du verre d'eau est mémorable), et de sexe. Mais tout est parfaitement dosé, ajusté, pour éviter l’indigestion. On sent qu'il y a une volonté de bien faire, une volonté de parler de quelque chose d'anodin (ascension puis chute d'un américain) tout en lui donnant un souffle. Ce souffle provient d'un parfait assemblage de paramètres tous parfaits, scénario, dialogues, image, personnages, réalisation, reconstitution historique : tout est maîtrisé de A à Z et c'en est franchement bluffant.

 

Mais ce qui est réellement bluffant, c'est l'interprétation de Leonardo DiCaprio. A l'opposé de sa prestation dans Gatsby en tant qu'homme puissamment riche et mystérieux, il se met ici à nu, incarnant un personnage unique, déjà culte. Qu'il incarne le Jordan un peu niais, débutant à Wall Street qui ne boit que de l'eau, ou le Jordan qui baise des putes, se drogue et se torche avec des billets de banque, il est absolument parfait, ancré en son personnage, si bien qu'on ne sait plus si c'est Jordan qui possède Leonardo ou si c'est Leonardo qui possède Jordan. Il nous montre ici son talent de caméléon, capable d'adopter un sourire étincelant, pour être énervé deux minutes après. Il transcende chaque réplique, chaque monologue écrit pour lui (les discours devant ses employés donnent la chair de poule). Même quand il sniffe son rail, même quand il rampe jusqu'à sa voiture sous l'effet du Lemon (scène mémorable), même quand il parle aux spectateurs, même lorsqu'il insulte le policier en souriant, il excelle, et confirme qu'il est capable de tout faire, et qu'il est l'un des meilleurs acteurs de sa génération.

 

En résumé, un condensé de très bonnes choses pendant trois heures pleines d'un film dont la seule chose que vous regretterez, c'est de ne pas en avoir vu plus.

 

5 e¦ütoiles

 

 

Commenter cet article

selenie 31/12/2013 18:34

Effectivement un grand film... 3/4

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