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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


2013 sur un nuage

Publié par copa738 sur 2 Janvier 2014, 23:01pm

2013 sur un nuage

Un grand merci à Pierre pour le montage ci-dessus.

 

Après une bonne année 2011 et une année 2012 plutôt faible, 2013 se termine... sur un nuage. La faute à plein de bonnes surprises, mais aussi des valeurs sûres, et différents films hétérogènes, par des réalisateurs qui tentent des choses, innovent avec plus ou moins de réussite. Au milieu de tout cela : des films plus académiques qui se plantent ou qui excellent, des suites, des premiers films, et donc un paquet de choses à raconter en ce début 2014.

 

Pour ce qui est des films d'horreur, on a été gâté en 2013. Inutile de gaspiller son argent pour aller voir le remake de Massacre à la tronçonneuse, il y avait bien mieux à voir. Tout d'abord ce remake audacieux et particulièrement gore de Evil Dead, interdit aux moins de 18 ans un peu partout et qui fait plus facilement vomir qu'une cuite de nouvel an. Puis You're next, qui tente de manière maladroite de redonner du souffle au sous-genre du slasher. Le maître actuel de l'horreur, James Wan, réalisait deux films en 2013 : Conjuring qui est d'ores et déjà un classique du genre, et son raté Insidious 2. Doté d'un concept vraiment original, American Nightmare laisse un goût d'inachevé, et même si ce n'est pas vraiment un film d'horreur, Room 237 explore les méandres du classique de l'horreur Shining de bonne manière.

2013 est également une année de science-fiction. Et c'est l'étonnant mais inégal World War Z, film mi-zombie mi-anticipation, qui se laisse le mieux regarder. Pour ce qui est du reste, on notera le correct Oblivion, pas franchement original mais qui dégage un bon suspense, et la suite convenable de Star Trek : Star Trek Into Darkness. Mais la palme du film qui a un gros budget mais qui se plante sur toute la ligne est le fade Man of Steel, revisite grotesque et inutile du mythe de Superman par le pourtant talentueux Zack Snyder, suivi de près par Elysium, ratage du réalisateur du prometteur District 9.

 

On aura aussi vécu une année de haute tension, avec trois films qui se ressemblent. Trois films assez courts en durée, dont le titre ne fait qu'un mot, par trois réalisateurs de renommée. Trois films qui ont réveillé la planète cinéma par la brillance de leur mise en scène et le génie de leur scénario. Trois films qui nous ont hérissé les poils, trois thrillers nerveux à la tension sexuelle que sont Trance de Danny Boyle, Passion de Brian De Palma et Stoker de Park Chan Wook.

Comme chaque année, il y a eu des films tous publics à grands budgets à voir en famille ou entre potes, avec le cerveau débranché. Le niveau de ce genre de film est assez variable. Ainsi, on ne s'attardera pas trop sur le naufrage Les Profs adapté de la pourtant très drôle bande-dessinée du même nom. Pas la peine de parler non-plus du très enfantin Jack le chasseur de géants ni de la comédie un peu lourdingue Eyjafjallajokull. On a heureusement vu du meilleur avec le très mouvementé Lone Ranger, un film produit par Disney qui a le mérite d'offrir du divertissement de qualité pour toute la famille. Idem pour Moi moche et méchant 2, qui fait jeu égal avec son excellent prédécesseur. C'est finalement l'incompris Louis Leterrier qui remporte la bataille des films commerciaux de 2013. Son Insaisissables est une réussite complète. Un grand show avec un casting cinq étoiles et un suspense parfait. Pour ce qui est de La Désolation de Smaug, suite de la trilogie du Hobbit débutée moyennement l'an dernier avec Un voyage inattendu, on dira que c'est de pire et pire et que le troisième et dernier volet qui sortira dans un an, verra Peter Jackson soit sauver l'honneur, soit toucher définitivement le fond.

 

En cette année où de nombreux débats ont eu lieu sur la loi Taubira et la place qu'occupe la communauté LGBT en France, trois films traitant différemment de l'homosexualité avec une justesse folle ont débarqué dans notre pays. Pour commencer, La vie d'Adèle qui a divisé la critique, et finalement remporté la Palme à Cannes, raconte avec une grande intimité quelques années de vie d'une jeune femme qui se découvre des penchants homosexuels. Puis, L'inconnu du lac explore avec une réalisation parfaite la vie un peu libertine d'un jeune homme qui se rend sur des plages nudistes pour draguer des hommes, le tout accompagné d'un scénario policier intriguant. Enfin, la fin d'année nous offre Les Garçons et Guillaume, à table ! en guise de cadeau de Noël : un coming-out hétérosexuel absolument savoureux. Sans être des chefs d’œuvre absolus, ces trois-là sont de grands films très différents, qui ne traitent pas de l'homosexualité, mais qui en font un accessoire essentiel à la réussite de leur film : God save the Queer.

Cette année on aura eu beaucoup de films qui ne lésinent pas sur la violence, à commencer par le très surprenant Gangster Squad. Suivent ensuite Die Hard 5, un peu too much et finalement pas terrible, le navet Machete Kills et le coup de génie de Michael Bay : No pain no gain, un film brutal mais extrêmement bien foutu, intéressant et jubilatoire.

Cette année, beaucoup de films à la beauté plastique indubitable ont dû faire face à une division de la critique. The Place beyond the Pines, par exemple, est la parfaite illustration du beau film au concept génial, mais qui pèche par un scénario peut-être trop gourmand. Spring Breakers connaît le problème inverse. Il est raté car la réalisation est beaucoup trop surchargée dans les effets et parce que son scénario manque de volume. On attendait NWR après son excellent Drive, et c'est avec amertume que l'on a découvert son Only God Forgives, sorte de film totalement anecdotique qui fait du figuratif en voulant faire dans l'abstrait. Une belle claque visuelle mais un ennuie profond. Après son très discutable The Tree of Life, Terrence Malick nous a offert cette année une œuvre qui va droit au but : une histoire simple accompagnée de sublimes images. Ainsi, To the Wonder est un film magnifique et plutôt réussi dans sa narration. Le grand débat de l'année était à propos de Gravity. Le film de Cuaron est réussi visuellement, mais niveau scénario, c'est conventionnel, peu crédible, et malgré un fond sois-disant philosophique, on décroche au bout de 20 minutes.

 

L'année 2013 pourrait se résumer par 4 chefs d’œuvre (et oui, rien que ça), tous caractérisés par un projet fou et un pari dingue au bout du compte réussi. Ainsi, Cloud Atlas, film inclassable qui redéfinit à lui seul le film de grand spectacle, Django Unchained, énième pépite de Quentin Tarantino, La Vénus à la fourrure, exceptionnel huit-clos de Polanski et l'excellente fresque de Scorsese : Le Loup de Wall Street (qui a valu à Leonardo Di Caprio son meilleur rôle depuis Aviator) se partagent le panthéon de 2013.

On parlera vite fais aussi du très bon The Master de P.T. Anderson, du trip coloré Gatsby le magnifique, du mystique et touchant Mud, du poignant Le Majordome, ainsi que l'encensé mais très mal filmé No, l'emmerdant L'écume des jours et le pâle Perfect Mothers. On notera que l'auteur de cet article a raté quelques films importants cette année : la trilogie Paradis, Flight le dernier Zemeckis, le documentaire Leviathan, ou encore Vanishing Waves, Clip, Berberian Sound Studio, La Grande Belleza, Borgman, etc. L'auteur verra cependant à la mi-janvier, en ultime séance de rattrapage (grâce au festival Télérama et à une offre VOD), 4 films qui ont fait parler d'eux en 2013 : Post Tenebras Lux, Snowpiercer, A touch of sin et La Danza de la realidad. Un article sera bien-entendu rédigé sur ces quatre films.

Ceci étant dit, voici ci-dessous le top 10 de l'auteur de ce site, en souhaitant bien sûr une très bonne année à tous. Et pour ce qui est de 2014, aucun film n'est vraiment attendu, les attentes créant de l'espoir et l'espoir étant souvent source de déception (cf : les films les plus attendus de l'année 2013 ont été pour la plupart des films ratés).

2013 sur un nuage

1) Cloud Atlas (Andy Wachowski, Lana Wachowski, Tom Tykwer) : projet démesuré, casting démesuré, image et technique démesurées, scénario démesurément adapté d'un livre jugé d'intransposable à l'écran, pour un film unique, qui pourrait être considéré comme marquant une étape cruciale de l'histoire du cinéma.

 

2) Django Unchained (Quentin Tarantino) : une fois n'est pas coutume, l'infernal QT met les petits plats dans les grands et nous offre une aventure hors du commun, un western moderne avec des acteurs monumentaux, bref, un chef d’œuvre sanguinolent et hilarant comme il a l'habitude de nous faire.

 

3) Le Loup de Wall Street (Martin Scorsese) : véritable piqûre d'adrénaline, un grand trip de trois heures réalisé avec tout le talent du maître Scorsese et un Leonardo Di Caprio au sommet de son art ; un film à couper le souffle, une bouteille de champagne qui ne demande qu'à être débouchée et à être consommée sans modération jusqu'à la dernière goutte.

 

4) La Vénus à la fourrure (Roman Polanski) : huit-clos intense, avec un duo d'acteurs absolument parfait, le dernier Polanski est à ranger parmi les pépites de la décennie, tant sa façon de jouer avec le spectateur tient du génie et tant sa mise en scène théâtralisée est formidable.

 

5) Trance (Danny Boyle) : un voyage dans le subconscient qui donne froid dans le dos, un thriller haletant qui surprend chaque seconde et met les nerfs à rude épreuve, bref, un film savamment réussi que l'on pourra se regarder encore et encore dans les années à suivre.

 

6) La vie d'Adèle (Abdellatif Kechiche) : fresque amoureuse, éveil sexuel et affirmation d'une femme du vingt-et-unième siècle, avec les prises en gros plan dont son réalisateur possède le secret, et des scènes d'amour d'une pureté folle.

 

7) No pain no gain (Michael Bay) : curieusement, quand Bay le veut, il peut nous faire un très grand film, la preuve avec celui-ci qui, sans faire de bruit, parvient à nous faire passer un moment de détente et de jubilation ; un divertissement hyper-violent qui réconcilie Bay avec le cinéma et le spectateur avec ce dernier.

 

8) L'inconnu du lac (Alain Guiraudie) : mystique et mystérieux, ce film un peu à part a défrayé la chronique et s'inscrit désormais aux sommets de l'année 2013 avec sa réalisation personnelle, ses scènes crues et son intrigue qui pose plus de questions que ne donne de réponses.

 

9) Passion (Brian De Palma) : lent à démarrer, le dernier BDP est un pilier du genre du thriller car le suspense y est insoutenable, la tension également, et car la mise en scène est tout simplement décoiffante, avec un split-screen mémorable notamment.

 

10) Insaisissables (Louis Leterrier) : c'est peut-être l'un des films commerciaux les plus surprenants de ces dernières années ; gardant un coté tout-public primordial pour les films de ce genre, il parvient à convaincre petits et grands tout en flattant la critique avec notamment des scènes d'une grande efficacité.

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mymp 05/01/2014 13:35

Pas vu Kloug atlas (pardon, Cloud atlas !), et pas très envie en fait... Ça fait longtemps que les frères W. ne me passionnent pas (même Matrix, c'est dire). Un top éclectique qui passe de Kechiche à Bay, de Tarantino à Letterier sans gêne (c'est bien les jeunes, tiens) ! On se retrouve plus tard dans tes séances express pour discuter de Clip, La grande bellezza, Berberian sound studio et Borgman... Bonne année mister Copa !

Squizzz 04/01/2014 19:58

Que ce soit dans ton bilan ou dans ton top, on n'est soit totalement d'accord, soit carrément opposés, très peu de demi-mesure.
Je suis très agréablement surpris de voir "Trance" à la 5e place, un film injustement oublié cette année, mais qui a forcément ravi tous les fans de Danny Boyle dont je fais partie.

ASBAF 04/01/2014 00:51

Le loup de Wall street c'est un peu plus qu'une teille de champagne, c'est un demi-kilo de C qui ne demande qu'à être sniffé.

Marc 03/01/2014 18:40

Je suis d'accord avec toi, 2013 a été une excellente année pour le cinéma. Bien que dans l'ensemble je n'en retiendrais pas les même films que toi, ça me fait plaisir de voir le De Palma figurer dans un top 10. Espérons que le Brian trouve quelqu'un d'autre que France 3 pour produire son prochain film.

pierreAfeu 03/01/2014 20:12

Je crois que ce sera le même producteur, Saïd Ben Saïd, qui produit aussi le prochain Cronenberg, Maps to the stars... Eh oui, certains grands réalisateurs nord américain (Carpenter également) n'arrivent plus à voir leurs films produits sur leur propre continent, alors ils viennent en Europe.

pierreAfeu 03/01/2014 10:03

Je ne peux que t'approuver sur L'inconnu du lac et Passion, moins, voire beaucoup moins sur Trance et Django. Mais ce top te ressemble : il a de la gueule. ;)

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