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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Dallas Buyers Club (Jean-Marc Vallée)

Publié par copa738 sur 11 Février 2014, 19:38pm

Catégories : #Films (Drame)

Dallas Buyers Club (Jean-Marc Vallée)

Synopsis : 1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

 

Le VIH a beau être un terme connu, peu de gens connaissent son histoire, ses différentes conséquences. Ce que nous ne savons surtout pas, c'est la souffrance des porteurs du virus, leur combat héroïque. Un combat de l'ombre contre cette maladie, réservée sois-disant (c'est ce qui se disait à l'époque) aux ''pédés'' et aux ''toxicos''. Le monde a changé depuis et Dallas Buyers Club n'essaie en aucun cas de forcer nos émotions et à changer notre regard sur le SIDA, mais juste de narrer cette histoire à la fois touchante et révoltante, avec beaucoup de maîtrise et de cœur à l'ouvrage. Et au final, l'émotion nous gagnera et notre regard changera.

 

Si le film atteint une telle puissance dans sa narration, c'est grâce à son duo d'acteurs : Matthew McConaughey, méconnaissable en véritable squelette moustachu, et Jared Leto, méconnaissable également en travelo junkie. Ils forment le couple de l'année, loin des conventions, Bonny & Clyde sans les pistolets et tout le tralala. C'est un duo de personnages meurtris, écorchés, que le sort a malheureusement rassemblé, et qui lutteront pour aider les autres jusqu'à ce qu'une énième quinte de toux sanglante ne les envoies au cimetière.

 

L'énergie dépensée par ces personnes porteurs d'un virus qui les affaibli au moindre geste est un modèle de courage, de sincérité. Peut-être que c'est un attrape-Oscars, peut-être que l'étiquette ''histoire vraie'' est quelque peu bafouée par quelques scènes enjolivées, et oui ce n'est pas non-plus très bien filmé, oui le début est long et la fin tragique, mais la force que dégage Dallas Buyers Club a rarement été vue au cinéma. C'est tout simplement bouleversant à défaut de vouloir nous tirer des larmes. Jean-Marc Vallée nous aura prouvé une chose, c'est qu'on ne peut réussir un film sans une bonne direction d'acteurs. C'est cette même direction qui fait que son dernier film est un vrai bijou de cinéma, et qu'on n'oubliera pas de sitôt la silhouette de Ron Woodroof dans un ultime tour de rodéo.

 

En résumé, on frissonne, on rit, on s'instruit, on pleure, on admire, on se lève et on applaudi bien fort.

 

4 étoiles et demi

Commenter cet article

mymp 16/02/2014 11:46

Le film mise effectivement tout sur ses deux acteurs en s'effaçant devant eux, mais pourquoi s'en plaindre quand ils atteignent ce degré de fièvre et d'émotion ? Suis curieux de voir ce que ça va donner aux Oscars...

Zogarok 14/02/2014 19:20

Les deux acteurs sont géniaux. Dommage que le destin n'ait pas laissé leur aventure durer un peu plus.. sans vouloir spoiler.

тном ряи 12/02/2014 12:07

Un des meilleurs films de ce début d'année effectivement. Pas aussi élogieux que toi ceci dit mais du très bon storytelling.

pierreAfeu 12/02/2014 09:08

Tu mets plein de bémols mais tu adores quand même... Ton grand cœur te perdra. ;)

Constant Voisin 12/02/2014 08:19

Comme je le pensais, tu sembles bien plus enthousiaste que moi ! Le duo est effectivement brillant mais je pense qu'au-delà de la direction d'acteurs, les deux ont probablement eu pas mal d'autonomie (en dehors de l'amaigrissement commandé, évidemment) - ce qui les rend davantage excellents. Je suis juste un peu déçu - moins que pour 12 years a slave - de voir que Vallée ne cherche pas à inventer, par dessus les codes du biopic déjà établis...

copa 12/02/2014 17:34

Oui on peut en effet déplorer cette réalisation un peu académique. Mais osons aimer les films à la puissance narrative. Le côté visuel n'aurait de toutes manières rien apporté de plus à ce grand film.

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