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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique express n°18

Publié par copa738 sur 16 Avril 2014, 17:09pm

Catégories : #Critiques express

Critique express n°18

Mysterious Skin (Gregg Araki) – 2005

 

Synopsis : A huit ans, Brian Lackey se réveille dans la cave de sa maison, le nez en sang, sans aucune idée de ce qui a pu lui arriver. Sa vie change complètement après cet incident : peur du noir, cauchemars, évanouissements... Dix ans plus tard, il est certain d'avoir été enlevé par des extraterrestres et pense que seul Neil Mc Cormick pourrait avoir la clé de l'énigme. Ce dernier est un outsider à la beauté du diable, une petite frappe dont tout le monde tombe amoureux mais qui ne s'attache à personne. Il regrette encore la relation qu'il avait établie avec son coach de base-ball quand il avait huit ans. Brian tente de retrouver Neil pour dénouer le mystère qui les empêche de vivre.

 

Instant magique ou cauchemardesque, Mysterious Skin est un trou noir, une tornade dans laquelle on ne peut sortir. C'est aussi un joyau, rare, précieux, une pépite du cinéma contemporain. Explorant plusieurs thèmes tabous (la pédophilie, la prostitution, la gérontophilie, l'homosexualité), ainsi que des thèmes de base (absence de la figure paternelle, la séduction, l'amitié, l'amour), et d'autres plutôt originaux (les OVNI, les MST, l'exode rural contemporain), Mysterious Skin est complet, offrant une vision à la fois mystique et réelle de la vie. A travers ces destins croisés qui allient suspense, horreur, stupéfaction, cette atmosphère irrespirable et ces personnages attachants, Gregg Araki offre une vision pessimiste du monde dans lequel nous vivons. Banalisant le viol (le film a été controversé, jugé de ''mode d'emploi pour pédophiles''), son film ne se raconte pas, il se vit, et nous pétrifie dans sa juste interprétation des choses qui nous entourent et nous dépassent. Chaque acte a une conséquence différente. Le contraste entre les deux personnages en est le parfait exemple. Qui aurait cru que ce jeune qui a eu sa première éjaculation à 8 ans, et ce garçon qui prend sa première cuite à 19 ans soient intimement liés, sans le savoir ? Que ce soit un enlèvement extraterrestre, une histoire d'amour impossible, un saignement de nez, chaque image, chaque son, objet, parole, est un symbole, de la poésie pure. Et même si c'est très cru, violent, subversif, on a rarement vu autant de beauté dans un film.

 

5 e¦ütoiles

Critique express n°18

Le Mépris (Jean-Luc Godard) – 1963

 

Synopsis : Paul Javal, scénariste, et sa jeune femme semblent former un couple uni. Un incident apparemment anodin avec un producteur va conduire la jeune femme à mépriser profondément son mari.

 

Que l'on soit adepte de ce genre de films dont la beauté est privilégiée au scénario, Le Mépris reste une œuvre qui inspire le respect, déjà pour la qualité de ses images pour l'époque, ensuite pour ce qu'il représente (un hommage au cinéma, Brigitte Bardot sexe-symbole), et enfin pour son statut cultissime, sa musique mythique, ses décors plus vrais que nature, cette histoire étrange, la scène d'ouverture, son générique de début oral. Ce qui est troublant dans Le Mépris, c'est que c'est une véritable œuvre d'art, avant d'être du cinéma. Ça parle de cinéma, ça ressemble à du cinéma, mais la forme et le fond s'éloignent de ce que l'on voit d'habitude. Les mouvements de caméra (travellings, balayage de l'espace, plans très larges), les couleurs, les dialogues désinvoltes, le jeu approximatif de Bardot, ce scénario un peu vide, ce rythme lent : pourtant, on se sent comme envoûtés par l'atmosphère créée par Godard. Ce dernier prouve que la linéarité et le concret ne sont pas obligatoires pour faire un grand film, et que la poésie, la beauté en elle-même peuvent surpasser n'importe quelle intrigue.  

 

4 étoiles-copie-1

Critique express n°18

Happiness Therapy (David O. Russell) – 2013

 

Synopsis : La vie réserve parfois quelques surprises… Pat Solatano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents. Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme. Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives.

 

Curieusement, cette histoire de malades mentaux qui s'unissent et tombent amoureux, aussi téléphonée qu'elle soit, n'est pas si déplaisante. Oui c'est filmé simplement, oui ce n'est pas très original, ni dans les dialogues et ni dans le scénario, mais le rythme est enivrant, et les acteurs très bons. Le charme opère, peut-être inconsciemment, mais il opère. On s'éprend de ces deux personnes un peu perdues, instables, qui vivent leur vie et nous qui la regardons. On n'y croit pas vraiment, et d'ailleurs, ce n'est pas le but. Le film a été critiqué salement car il ne présente pas vraiment de concept, n'apporte rien de nouveau. C'est vrai. Mais qu'est ce que ça donne la pêche. Ce feel-good movie n'a rien d'exceptionnel, mais se contente de divertir, sans se prendre la tête ni celle des spectateurs. Quelques scènes sont sympathiques (le flashback de l'adultère, le pétage de plombs), l'humour est présent, et l'émotion (bien que téléguidée) au rendez-vous. Que demander de plus ?

 

3 étoiles

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