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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique express n°20

Publié par copa738 sur 2 Juin 2014, 18:43pm

Catégories : #Critiques express

Critique express n°20

Territoires (Olivier Abbou) – 2011

 

Synopsis : Revenant d’un mariage au Canada, 5 amis rentrent en voiture aux États-Unis lorsqu’ils se font arrêter en pleine forêt par deux membres de la Police des Frontières. Alors qu’ils n’ont rien à se reprocher, les policiers les accusent de terrorisme et leur font subir des interrogatoires brutaux. Devant le silence de leurs prisonniers, ils décident de les enfermer dans des cages cachées au cœur de la forêt et de continuer leurs investigations à l’abri des regards.

 

Thriller psychologique de qualité discutable, Territoires est avant tout un film qui dénonce la paranoïa américaine post-11 septembre, avec brio ou non. Peu violent, facilement regardable, il dresse tableau assez négatif du campagnard américain moyen (deux péquenauds de la forêt, abrutis par leur passage en milieu carcéral). On est donc loin du torture porn de base, commercial à fond et dans la surenchère d'effets gores. Ici, tout (enfin presque) se joue dans la suggestion, et même s'il ne provoque que peu de sensations, on semble en extraire le message politique. Malgré un ensemble très moyen (peu de rythme, image granuleuse, acteurs inexpérimentés, ambiance peu dérangeante), on peut noter cette belle scène d'exposition, en plan-séquence, véritable point culminant de l'angoisse (angoisse qui s’essouffle par la suite, hélas), réaliste et prenante. De plus, le personnage du détective privé incarné par Stephen Shellen peut être considéré comme une vraie gueule de cinéma. Un poil caricatural, ce brun ténébreux à grande crinière vêtu d'un imper' miteux est un symbole, un personnage qui marque et intrigue. Son apparition, brève, et anecdotique, est très intéressante. 

 

3 étoiles

Critique express n°20

El Topo (Alejandro Jodorowsky) – 1970

 

Synopsis : Hors-la-loi, El Topo défit pour l'amour d'une femme les Quatre Maîtres du Désert. Les ayant vaincus, sa conscience s'élève jusqu'à ce que sa femme le trahisse. Sa nouvelle vie d'homme saint commence alors, et El Topo s'engage dans la libération d'une communauté de parias.

 

Les mots manquent pour définir la sensation que provoque la vision de cet OCNI, grand charabia cinématographique, essai visuel consternant d'inventivité. Qu'on aime ou pas, El Topo est ce genre de films qui ne s'expliquent pas, qui ne se comprennent pas. Il faut juste le voir, le subir (car on n'a pas vraiment le choix, disons-le clairement), et l'effet sera immédiat. Lors du générique de fin, on n'a pas vu les deux heures de film passer, et on en a pris plein la vue. Jodorowsky, acteur-réalisateur-scénariste, offre un film personnel, qui traite de sujets simples, bibliques, prônant des vertus telles que le courage, l'assomption de soi, et condamnant la lâcheté et la cupidité. Ce compte moderne n'a pas pris une ride, et même si certaines scènes énervent (ça reste expérimental), même si on peut trouver ce film déroutant, peu accessible et trop abstrait, on saluera cette grande performance. Alternant trouvailles visuelles (la clairière aux lapins, l'intérieur de la pyramide) et scènes perturbantes (la roulette russe dans l'église, la scène d'ouverture), Jodorowsky excelle dans sa quête d'offrir un film qui se contemple et non ne se regarde.   

 

3 étoiles et demi

Critique express n°20

Les Fils de l'homme (Alfonso Cuaron) – 2006

 

Synopsis : Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection...

 

Film d'anticipation pessimiste, Les Fils de l'homme est un divertissement de haute qualité, une mise en abîme vertigineuse, sombre, électrique et lourde. Ce qui est pesant, c'est la réalisation de Cuaron, avec notamment deux plans-séquence absolument magnifiques, prouesse technique qui n'a pas pour seul effet que d'être spectaculaire. C'est un coup de massue sur le spectateur, qui subit les actions du film comme s'il était dans un jeu vidéo dont on a perdu le contrôle des manettes. Au-delà du scénario, intéressant certes, mais finalement accessoire, c'est la mise en scène du prodige mexicain qui rend ce film si particulier. Au final, Les Fils de l'homme est un énième film futuriste sombre, mais avec une forme vraiment originale, un impact sans précédent et des sensations nouvelles. Manquant un peu de consistance dans son fond, le film brille par sa puissance visuelle et sonore, et offre, de plus, un final très éloigné des dogmes hollywoodiens.

 

3 étoiles et demi

 

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