Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique express n°21

Publié par copa738 sur 27 Août 2014, 17:13pm

Catégories : #Critiques express

Critique express n°21

J'ai tué ma mère (Xavier Dolan) - 2009

 

Synopsis : Hubert Minel n'aime pas sa mère. Du haut de ses 17 ans, il la jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitsch et les miettes de pain qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange bruyamment. Au-delà de ces irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la culpabilisation, mécanismes chers à sa génitrice. Confus par cette relation amour-haine qui l'obsède de plus en plus, Hubert vague dans les arcanes d'une adolescence à la fois marginale et typique -découvertes artistiques, expériences illicites, ouverture à l'amitié, sexe et ostracisme- rongé par la hargne qu'il éprouve à l'égard d'une femme qu'il aimait pourtant jadis.

 

Premier film du prodige Xavier Dolan, autobiographie très personnelle, J'ai tué ma mère est un essai, une recherche de style complexe qui oscille entre la satisfaction de l'auteur et celle du spectateur. En effet, on a l'impression de n'être touché que par intermittence. Se voulant un minimum émouvant, le film est cependant très (trop) personnalisé et n'a pas cet impact escompté. Bien que cela soit la trame principale, la relation difficile entre le jeune Hubert et sa mère n'est pas forcément ce qui intéresse le plus. On aurait davantage préféré voir autre chose que les engueulades à répétitions (avec des insultes épiques dont seuls les québécois ont le secret), éviter les clichés des modes d'éducation (cf : la mère d'Hubert stricte et un peu coincée face à la mère d'Antonin, décontractée et libertine), et surtout en déduire un ton claire. Car en regardant J'ai tué ma mère, on peine à savoir vraiment s'il faut rire ou pleurer, si bien qu'on ne sait pas non plus s'il faut applaudir ou huer. Reste cependant quelques belles scènes dont celle-ci, prémices de la capacité que Dolan a de faire naître des émotions visuelles, comme il l'a fait dans l'excellent Tom à la ferme.

 

2 étoiles et demi-copie-1

Critique express n°21

Le gamin au vélo (Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne) - 2011

 

Synopsis : Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l'accueillir chez elle pendant les week-ends. Mais Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère...

 

Le gamin au vélo est un film court, sorte de quasi moyen métrage, cinéma anecdotique et réel, un film qui narre une histoire sans vraiment y apporter de la consistance ni un message clair. Le but n'est pas réellement artistique. Le gamin au vélo est filmé de manière brute, sans artifices. L'histoire qu'il raconte est simple, ancrée dans la réalité. Les acteurs ne trichent pas, les réalisateurs ne mentent pas. Ce genre de cinéma, de plus en plus fréquent, a le mérite de créer des émotions très humaines, comme l'attachement entre nous et les personnages, mais aussi l'impression de se regarder dans un miroir. Ce film-vérité, bien que limité artistiquement, agit comme un documentaire choc, mais reste agréable à regarder. Sans nous transcender, on parvient cependant à en extraire la puissance émotionnelle, et le divertissement. C'est au final un bon petit film, pas mémorable mais maîtrisé devant et derrière la caméra.

 

3 étoiles

Critique express n°21

Seul contre tous (Gaspar Noé) - 1999

 

Synopsis : La dérive d'un ex-boucher chevalin, d'abord a Lille, puis a Paris ou il s'installe a l’hôtel de l'Avenir et tente de refaire sa vie. Peu a peu, il se replie sur lui-même. Sans un sou et avec pour seul compagnon un revolver chargé de trois balles, il ne voit plus clairement quel est le moteur de sa vie. Son ventre lui crie de se nourrir. Son cerveau lui ordonne de se venger. Quant a son cœur... Au bout du tunnel, l’imprévu surgit toujours.

 

Descente aux enfers rouge écarlate, drame malsain, crade, déchirant, Seul contre tous est une controverse annoncée, une œuvre qui fait mal à la tête et donne la nausée. Pourtant, malgré cette ambiance pesante, ces décors crasseux, ces personnages immondes, ce langage cru et toute cette violence, le premier film du (déjà) génialissime Gaspar Noé est intéressant. Intéressant dans la forme, notamment lors de la scène finale où tout s'emmêle, ou encore dans l'idée d'introduire peu de dialogues mais beaucoup de pensées rapportées, sans oublier ces espèces d’électrochocs sonores disposés partout dans le film. Intéressant également dans le fond, dans cette critique de la France profonde, cette caricature de la mort de l'industrie, cette paupérisation pré-vingt-et-unième siècle poussée à l'extrême (population d'opprimés, inceste, racisme, chômage, alcoolisme, obésité). Intéressant, enfin, avec Philippe Nahon, talent tardif du cinéma, qui, dans un rôle très compliqué, réalise une performance hors du commun. Possédé, à la fois brillant et pathétique, il porte sur son dos toute la valeur d'un film absolument dingue, peut-être trop pour en parler comme d'un chef d’œuvre.  

 

3 étoiles

Commenter cet article

Nous sommes sociaux !