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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Near Death Experience (Gustave Kervern, Benoît Delépine)

Publié par copa738 sur 6 Octobre 2014, 16:42pm

Catégories : #Films (Drame)

Near Death Experience (Gustave Kervern, Benoît Delépine)

Synopsis : Paul, un employé sur une plateforme téléphonique, est en plein burn-out. Un vendredi 13, la chronique du journal télévisé sur ce jour particulier lui apparaît comme un signal pour passer à l'acte. Décidé à concrétiser son geste, Il s'enfuit dans la montagne où il va vivre une expérience unique.

Le thème du suicide, peu évoqué en premier plan dans le monde du cinéma, a trouvé les parfaits metteurs en scène. Qui d'autres que Delépine et Kervern, grolandais, amateurs d'ambiances crades et suffocantes, ne pouvaient mieux traiter du sujet si complexe et irritant que le suicide ? Et tant qu'on y est, Michel Houellebecq n'a-t-il pas la gueule parfaite pour interpréter ce rôle de salarié alcoolique et dépressif ? Blasé, drôle malgré lui, l'écrivain fou signe ici une performance surprenante, aidé par une bonne direction (c'est qu'ils savent comment faire avec ce genre de spécimens, cf : Brigitte Fontaine dans Le Grand Soir). L'ennui, c'est que le film est à chier.

A chier, c'est une expression un peu forte, mais c'est pourtant quelque chose qui revient souvent en 1h30 de film. Comment une idée de départ aussi excitante et délirante peut-elle autant être gâchée par un script paresseux et une réalisation simpliste ? Pourquoi ne pas utiliser le flashback, le monde inconscient et pourquoi se contenter d'une seule unité de lieu et de temps ? Le style du film est obscure, terriblement abscons. Son intérêt est limité. Cette ''expérience'' n'en est pas une. Le personnage de Paul se contente de voguer dans la pampa. Incapable de sauter dans le vide, il marche, parfois tombe (et se met à parler à une divinité à la voix mielleuse – moment WTF du film), va boire l'eau de la piscine du voisin, parle à des pierres, s'endort et se réveille au même endroit. Le peu de monologues délivrés par Houellebecq ont trop vocation à expliquer des choses (relations familiales, boulot éreintant – à France Télécom en plus, histoire de ne pas éviter les clichés), plutôt que de nous immiscer dans l'intimité de ce personnage, qui finit par nous agacer. La rencontre avec le vagabond (seul personnage secondaire dont le visage est montré à l'écran) dans un décors saharien est le seul moment intime du film, le seul moment qui met un poil mal à l'aise de par la simplicité de sa folie. Le reste est une sorte de marathon, de correspondance (le voyage physique accompagné d'un voyage mental), assez répétitif, filmé classiquement (seules les séquences de l'avant-décision sont pas mal léchées) et surtout sans volume ni cohérence narrative. Pour faire simple : on s'emmerde pas mal et on finit par se désintéresser totalement de l'histoire. Si bien, que le final, cruel sur le papier, ne parvient pas à nous enlever la fadeur de l'heure et demi qui vient de se passer.

En résumé, si leur précédent film méritait attention et réflexion, celui-là ne vaut que pour l'interprétation d'un Michel Houellebecq habité, et encore...

1 étoile

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