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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Respire (Mélanie Laurent)

Publié par copa738 sur 29 Novembre 2014, 13:34pm

Catégories : #Films (Drame)

Respire (Mélanie Laurent)

Synopsis : Charlie est une adolescente pleine de vie de 17 ans. Un jour de lycée, la directrice présente une nouvelle élève, Sarah, et la place à côté de Charlie. Une amitié se lie entre les deux filles. Très vite, Charlie cultive une adoration pour Sarah. Sarah, quant à elle, profite de la situation et n'hésite pas à jouer les manipulatrices.

 

Amitié, perversion, destruction. Dans ses premières séquences, Respire ne semble pas se démarquer, jouant la carte du pastiche, ou en tous cas de l'inspiration de genre, alternant les références, dans un style bon (La vie d'Adèle de Kechiche : gros plans, jeux de regards, caméra au poing, duo féminin), ou carrément moins bon (LOL de Lisa Azuelos : mœurs lycéens, adolescence, parents jeunes divorcés, présence maternelle). Mélanie Laurent s'inspire (ou copie) des coutumes cinématographiques classiques, et malgré une réalisation propre et un bon ancrage narratif (et scénaristique), on ne parvient pas à en extraire la complexité, le message qui se cache derrière cette amitié si sensuelle.

 

Mais ça, c'était jusqu'à ce que le film bascule dans l'horreur : après une magnifique scène de mid-twist filmée en split-screen ''naturel'', les images s'assombrissent, la musique devient plus triste et les visages se crispent. On tombe totalement dans un schéma de thriller psychologique, limite d'épouvante. Charlie, jouée à la perfection par Joséphine Japy, est la réinterprétation moderne et française de Carrie de Stephen King, tandis que Sarah (la dévorante et dévorée Lou de Laâge) incarne le démon, ce personnage si énigmatique, si dur et si froid qu'il en fascine. Cependant, sans pouvoirs télékinésiques, on ne sait comment Charlie peut survivre à cette histoire. On vibre, on pleure, on stresse : nous sommes Charlie, dès lors qu'on la sent perdre le contrôle (et elle le perd, tout comme nous). La mise en scène est telle qu'on ne pouvait être mieux immiscés à l'intérieur de cette love-and-hate-story, cette sismance malsaine et suffocante qui trouve en point d'orgue un final absolument pétrifiant. On regarde l'écran avec peur et frénésie, on subit les gestes des personnages là où on voudrait les contrôler. On respire, de plus en plus fort et de plus en plus vite, au rythme de cette ultime crise d'asthme poignante, électrisante, et ce dernier regard-caméra qui plonge une dernière fois notre tête, notre corps, et nos âmes, dans ce torrent de larmes et d'émotions diverses qu'a pu nous offrir la deuxième partie de Respire.

 

Ce qui est vraiment intéressant dans cette deuxième réalisation de Mélanie Laurent, c'est que le film n'est pas subtil, pas original, et se contente de retranscrire objectivement les mots d'un roman dramatique. Et c'est pour ces raisons que Respire est paradoxalement une adaptation réussie. Outre la performance des deux actrices (mais aussi les apparitions sobres et efficaces de Claire Keim et Isabelle Carré), une réalisation maîtrisée et une narration rythmée, le film puise sa (grande) force dans son réalisme (clichés au tamis, beaucoup d'improvisation, image naturelle, décors extérieurs), ce qui nous donne une meilleure possibilité d'entrer dedans, et de ne jamais en sortir. Cela faisait longtemps qu'un film si prévisible n'avait pas maintenu une telle tension durant 1h30.

 

En résumé, la franchise visuelle et émotionnelle de la réalisatrice et des acteurs donne à Respire une immersion et un impact conséquents, là où les artifices auraient tout gâché.

 

4 étoiles-copie-1

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selenie 28/12/2014 16:43

Un beau et bon film, pas nouveau ni original mais c'est un drame subtil et maitrisé.

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