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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


White Bird (Gregg Araki)

Publié par copa738 sur 16 Novembre 2014, 16:48pm

Catégories : #Films (Drame)

White Bird (Gregg Araki)

Synopsis : Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

 

Il y a dix ans, Gregg Araki donnait naissance à Mysterious Skin, film-symbole d'une génération et de l'explosion d'un grand réalisateur. En 2014, son White Bird arrive comme une suite, une sorte de remake à son chef d’œuvre, tant il s'en approche dans sa structure (intrigue à suspense dénouée dans les dernières minutes), ses thèmes (drame familial, mystère à résoudre, sexe, etc) ou encore dans sa forme (même compositeur musical, réalisation fraîche, colorée et mystique).

 

Le style Araki est véritablement hors du commun. En quelques secondes, le spectateur est saisi, sans trop savoir pourquoi. La beauté plastique, cette musique si douce, si enivrante, ce mystère qui nous hante presque plus que les protagonistes, ces flashbacks explicatifs, cette analyse sociétale poussée à l'extrême : il y a des défauts, mais ils construisent le film. Réaliste ou pas, White Bird se boit comme du petit lait, offrant des séquences voguant entre teen-movie et délire kitsch, en passant par le polar et le drame familial. Le film alternant entre différents genres et sous-genres de manière cousue, le spectateur passe lui aussi par toutes les températures et les émotions. On a chaud lors de la première fois entre Phil et Kat, on gèle lors des rêves enneigés de cette dernière, on suffoque, on rigole, on pleure. Peut-être que le film est truffé de clichés (le policier viril et charmeur qui défie le code du travail, le pote efféminé et la copine noire obèse, le spleen de la mère au foyer, le père occupé par son travail), peut-être que la conclusion de l'intrigue est tirée par les cheveux et influencée par les mimiques subversivo-sexuelles d'Araki, mais rarement on n'aura pris autant de plaisir devant un film. Au-delà de la disparition tragique d'une mère de famille, White Bird est l'initiation à la vie d'une adolescente, l'assomption de soi, et une leçon de vie, dans une Amérique standardisée, où personne ne s'entend ni ne s'écoute, et où toute la tristesse d'un seul être se retrouve noyée dans un torrent d'émotions, emporté par la brise et le tumulte d'une tempête de neige.

 

En résumé, White Bird est un petit bijou, une leçon de vie sans morale mais à la conclusion terrible ; l'émotion et la beauté plastique sont au rendez-vous. 

 

4 étoiles et demi

 

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