Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique express n°22

Publié par copa738 sur 15 Janvier 2015, 17:16pm

Catégories : #Critiques express

Critique express n°22

Les Amours imaginaires (Xavier Dolan) – 2010

 

Synopsis : Francis et Marie, deux amis, tombent amoureux de la même personne. Leur trio va rapidement se transformer en relation malsaine où chacun va tenter d'interpréter à sa manière les mots et gestes de celui qu'il aime...

 

Coloré, vintage, original : Les Amours imaginaires est un condensé de toute la patte Dolan. Qu'il filme de dos, se lance dans des raids musicaux ou les gros plans, chacune de ses mimiques est repérable à des kilomètres. C'est peut-être cette patte caractéristique qui fait la force de son film, mais aussi qui le rend un peu indigeste dans la durée. Le cinéma maniéré du prodige canadien agace autant qu'il impressionne. Son film de 2010, salué par la critique et les spectateurs, est l'ambassadeur de l’ambiguïté du style Dolan. Derrière cette histoire d'amour, sorte de métaphore du dilemme du prisonnier, se cache de l'émotion, des sentiments, mais surtout un film personnel, qui peut toucher, ou pas. Cet exercice de style permanent gâche un peu la beauté indéniable du film. Un peu comme J'ai tué ma mère, Les Amours imaginaires est terni par ce côté trop personnel, cette sensation de règlement de compte chez Dolan. Cependant, les performances visuelle et sonore sont indiscutables, et montrent l'évolution (positive) du réalisateur canadien.  

 

3 étoiles

Critique express n°22

Le Tombeau des lucioles (Isao Takahata) – 1996

 

Synopsis : Japon, été 1945. Après le bombardement de Kobé, Seita, un adolescent de quatorze ans et sa petite sœur de quatre ans, Setsuko, orphelins, vont s'installer chez leur tante à quelques dizaines de kilomètres de chez eux. Celle-ci leur fait comprendre qu'ils sont une gêne pour la famille et doivent mériter leur riz quotidien. Seita décide de partir avec sa petite sœur. Ils se réfugient dans un bunker désaffecté en pleine campagne et vivent des jours heureux illuminés par la présence de milliers de lucioles. Mais bientôt la nourriture commence cruellement à manquer.

 

Inspiré d'une histoire vraie, Le Tombeau des lucioles est peut-être l'un des plus beaux films d'animation jamais réalisés. N'ayons pas peur des mots : malgré son côté subversif, son ambiance sombre peu adaptée aux enfants, il fait partie du cercle fermé des dessins animés pour adultes qui ont eu un large succès critique au Japon, et partout dans le monde. La qualité des dessins, le traitement des personnages, la sensation de proximité avec ses derniers, la musique triste, cette fin larmoyante : le film est un condensé d'éléments propres au chef d’œuvre. Il est très difficile de contenir ses larmes devant cet anime qui traite d'un aspect peu connu de l'Histoire. En effet, peu sont les fictions traitant des bombardements au Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale, peu connaissent les atrocités de la guerre dans ce pays à cet époque. Ils avaient beau être nos ''ennemis'' en 1940, leur histoire nous bouleverse ; cette histoire de deux jeunes civils, qui n'ont rien demandé, et se retrouvent dans l'horreur de la guerre. Le froid, la faim, la violence et la solitude, avec pour seul échappatoire le rêve, la beauté de la nature incarnée par la lumière éblouissante des lucioles.   

 

5 e¦ütoiles

Critique express n°22

Elephant (Gus Van Sant) – 2003

 

Synopsis : En ce jour d'automne, les lycéens, comme à leur habitude, partagent leur temps entre cours, football, photographie, potins, etc. Pour chacun des élèves, le lycée représente une expérience différente, enrichissante ou amicale pour les uns, traumatisante, solitaire ou difficile pour les autres. Cette journée semble ordinaire, et pourtant le drame couve...

 

Longtemps restera gravé dans nos mémoires la tuerie de Columbine, tout comme les magnifiques plans-séquence de Gus Van Sant dans Elephant, interprétation de l'une des fusillades les plus meurtrières de l'histoire des USA. Le but du film n'est pas de témoigner de l'horreur du massacre, mais d'en extraire l'ambiance avant et pendant. A la moitié du film, nous avons suivi plusieurs élèves dans leur lycée, sans savoir lequel d'entre eux va porter l'estocade, sans savoir quand le chaos va surgir et la routine se briser. Suivant ses personnages dans la banalité de leur journée, filmant plusieurs scènes sous différents angles au millimètre, Van Sant élabore un timing, une sorte de compte à rebours. Glaçant du début à la fin, Elephant ne propose aucune analyse de ce déchaînement de violence, il s'attarde surtout sur les acteurs et les passifs, dressant un portrait à la fois précis et mystérieux des protagonistes. Il filme la routine avec maestria, banalise la violence, se contente de peu de dialogues, et termine sur un non-aboutissement, comme si ce genre d'événements ne sortait pas de l'ordinaire, et pourrait frapper à votre porte au moment où vous vous y attendez le moins. Brillant.

 

5 e¦ütoiles

 

Commenter cet article

Nous sommes sociaux !