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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Birdman (A. G. Iñárritu)

Publié par copa738 sur 18 Mars 2015, 16:13pm

Catégories : #Films (Comédie Dramatique)

Birdman (A. G. Iñárritu)

Synopsis : À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir...

 

Iñárritu nous avait habitué à des films ancrés dans le réel, avec plusieurs histoires imbriquées se déroulant dans des endroits et périodes différents. Curieuse histoire que celle de Birdman, parfaite antithèse de la filmographie de son hauteur : un film reprenant les bases du théâtre, aux unités de lieux et de temps strictes, parsemé de scènes fantastiques. Sa dernière œuvre est un petit joyau, mêlant diverses techniques (déjà vues certes) et performances de haut vol. Birdman, malgré quelques défauts dans sa suffisance et son côté m'as-tu-vu, est un film mémorable, un classique instantané qui n'aura pas volé son Oscar du meilleur film. Il y a tant à dire là-dessus que l'exercice de la critique cinématographique semble compliqué.

 

Pour commencer, il y a ce fameux plan-séquence. Grâce à un steadicam dernière génération, pas mal de trucages et effets visuels, Birdman apparaît comme un long plan séquence de deux heures, qui perturbe son spectateur, anesthésié, qui ne sait plus où regarder. Le mal de crâne se fait vite ressentir, mais on s'y habitue, tant la réalisation est nette et les plans magnifiques. On retrouve également de nombreuses séquences où le personnage central est filmé de dos, une façon de filmer très à la mode utilisée récemment par Dolan, Noé ou encore Aronofsky. On y trouve aussi des décors contrastés, d'une parfaite luminosité, autant dans les scènes d'intérieur que d'extérieures, non sans rappeler l'éclairage du Eyes Wide Shut de Kubrick. Visuellement, Iñárritu n'invente rien, mais mélange pas mal de bonnes choses, pour offrir un rendu visuel vertigineux, accompagné d'une ambiance sonore pesante, que ce soit dans la musique brutale ou la voix roque de l'imaginaire Birdman.

 

Le film se complexifie dans son message linguistique. De nombreuses métaphores ornent ce tableau moderne d'une société culturelle en perdition : la présence envahissante de super-héros déshumanisés, la dure vie d'acteur, la concurrence maladive, la recherche de reconnaissance et de notoriété, la dépression, l'amour, le désespoir... Il y en a tellement qu'on se perd un peu dans tout ce blabla. Les dialogues sont en effet très présents, voire trop. On a beau citer Barthes, Flaubert ou Carver, cela ne garantie en rien d'échapper à une certaine forme de vacuité. Les dialogues restent cependant intéressants, notamment dans la mise en forme des rapports acteur-personnage, artiste-critique, père-fille... Birdman est un ajout systématique de plein d'éléments, maîtrisé dans sa forme, un peu sombre dans son fond. Ce petit point faible est vite comblé par cette performance collective d'acteurs tous géniaux : Edward Norton est exceptionnel, Emma Stone pétillante, Naomi Watts touchante, Zach Galikianakis hilarant, et Michael Keaton au sommet de son art. Lui qui tomba dans l'oublie après avoir joué le Batman de Tim Burton, se voit exceller dans une vrai-fausse biographie. On a peut-être du mal à le voir autrement qu'en homme chauve-souris, ou qu'en homme oiseau, mais on n'oubliera pas, avant longtemps, cette scène absolument géniale où, en slip, il déambule dans un Time Square fluo et bondé, regardé par la foule, mis à nu par et à la caméra. Un exemple du grand talent du réalisateur : capable d'en dire beaucoup avec une mise en scène brillante.

 

En résumé, très grand film riche et dense, qu'on aimerait voir et revoir : un film déjà culte. 

 

4 étoiles-copie-1

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