Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Inherent Vice (Paul Thomas Anderson)

Publié par copa738 sur 26 Mars 2015, 15:04pm

Catégories : #Films (Policier)

Inherent Vice (Paul Thomas Anderson)

Synopsis : L'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire… Mais ce n'est pas si simple… C'est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme "trip" ou "démentiel", "amour" est l'un de ces mots galvaudés à force d'être utilisés – sauf que celui-là n'attire que les ennuis.

 

Lent au possible, bavard, léger dans la mise en scène, lourd dans le scénario, Inherent Vice est l’œuvre d'un génie du cinéma (Paul Thomas Anderson) qui se regarde filmer. Adaptation d'un polar compliqué, son dernier film est un peu pataud, agréable à regarder mais parfois indigeste. La faute à quoi ? Par où commencer ?

 

Cette voix-off semi-interne au récit est une énigme. Pourquoi ? Quel est le message ? Le projet artistique, narratif peut-être ? En fait, un nombre incalculable de mystères planent sur ce film. Mais dans le sens péjoratif du terme : il y a tellement de flou, d'incertitudes, que ça finit par lasser. Et puis, comme si ça ne suffisait pas, l'intrigue est particulièrement compliquée à suivre, si bien qu'au bout d'une demi-heure de film, on a déjà lâché prise, et on se contente de se laisser bercer, espérant un dénouement à la fin. Tous ces prénoms imprononçables, personnages évoqués puis mis à jour 1h après, cette intrigue menée comme une partie de domino, l'absurdité de certaines scènes, comment s'y retrouver ? C'est fouillis, tellement fouillis qu'on se retrouve dans un brouillard total, aussi épais que la fumée d'un joint. La drogue, le meurtre, la folie : on passe par toutes sortes de vices, mais ces derniers ne sont pas que sur l'écran, ils s'y trouvent aussi derrière. A l'image d'un Joaquin Phoenix (exceptionnel, comme à son habitude), Inherent Vice est nonchalant, témoigne d'une insupportable suffisance, qui plaît au début, pour énerver sur la fin.

 

On aurait voulu plus de rythme, plus de couleurs (la scène du dressing de cravates est magnifique visuellement - Pourquoi ne pas continuer sur cette voie ?), du fluo, des hallucinations, de belles courbes, de belles lignes (sur le coup, la campagne d'affichage du film nous a bien menti). L'ensemble du film est trop terne, trop mou, pour susciter un minimum d'intérêt. Le fil narratif se perd et nous perd dès les premiers hectomètres, et puis, qu'on se le dise, le film aurait pu durer une heure de moins. Cependant, force est de constater la maestria d'un PTA qui filme très bien, et parvient, non sans imperfections, à donner vie à cette histoire inracontable. Loin d'être à son meilleur niveau, il nous offre un film particulièrement inégal, mais qui respire la chaleur californienne, qui suinte les années 60 et sa culture si particulière. Objectivement, Inherent Vice est un film peu ordinaire, mais on aurait aimé moins de prétention, moins d'ennuis, moins de dialogues.

 

En résumé, Inherent Vice est un peu une overdose des éléments cinématographiques : dommage, PTA aurait pu se contenter de travailler avec simplicité, on aurait eu un beau film. 

 

2 étoiles et demi-copie-1

Commenter cet article

Nous sommes sociaux !