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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


The Voices (Marjane Satrapi)

Publié par copa738 sur 5 Avril 2015, 14:02pm

Catégories : #Films (Comédie Dramatique)

The Voices (Marjane Satrapi)

Synopsis : Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona - la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire - du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments...

 

Marjane Satrapi nous avait bouleversé avec Persepolis, autobiographie animée, touchante et engagée. Après le discret Poulet aux prunes, elle revient avec The Voices, grosse production américaine avec un casting de choix : Ryan Reynolds, Jacki Weaver, Gemma Arterton... Son dernier film est un trip franchement glauque, l'histoire d'un malade mental entre rires et sang, un inside the psychopath à la fois hilarant et morbide.

 

Mais toute idée originale ne peut se reposer que sur sa qualité d'innovation. Car, en effet, The Voices explore la voie du tueur en série de manière comique, voire totalement abracadabrantesque. Faire parler le chat et le chien est un pari culotté, surtout lorsque les voix sont faites par Reynolds himself. Culotté ne veut pas dire réussi. C'est même l'inverse qui se produit. Le film se noie dans son originalité, ne parvenant pas à sortir de son concept, en offrant de nombreuses scènes répétitives, et surtout prévisibles. The Voices exploite son (excellent) potentiel assez rapidement, trop rapidement. Il atteint son apogée lors d'une scène surréaliste où, sous l'effet de ses médicaments, Jerry voit la réalité, et découvre son appartement tel qu'il est (et le spectateur aussi, par la même occasion). Ce jeu entre réalité et visions embellies par le psychopathe est la clé de voûte du film de Satrapi. Une fois la scène passée, le film commence sa longue et lente chute, jusqu'à un dénouement attendu, et une scène finale gratuite de folie.

 

Marjane Satrapi a construit un univers plutôt plaisant : les tenues roses au travail, les animaux qui parlent, des dialogues ciselés et crus, des personnages atypiques, un lien fort avec la religion, les clichés de la campagne. Mais cet univers dans lequel est emprisonné Jerry emprisonne également le film et ses spectateurs. Il est très difficile d'entrer dans la danse. On est vite gêné. C'est glauque et à la fois humoristique/parodique : on ne sait jamais s'il faut rire, pleurer ou avoir peur. Un film bancal qu'est ce The Voices, un peu indécis dans sa prise de position (Jerry doit-il être considéré comme le gentil ou le méchant ?), un film qui fait s’interroger sans poser de questions. Il y avait matière à créer un véritable climat de tension, quitte à y insérer de l'humour. Il y avait aussi matière à instaurer une vraie réflexion sur les pathologies psychiatriques, la place de l'homme malade dans la société, le bien contre le mal (le chat joue le diable, le chien l'ange, et la tête coupée est un miroir émotionnel), un peu comme l'a fait Dexter durant 8 saisons. Au lieu de cela, Satrapi nous offre un divertissement pur, parsemé d'extravagances pour faire un peu indé. Mais ça n'a pas marché, dommage.

 

En résumé, The Voices est un film au fort potentiel, mais qui atteint son maximum très vite, et s'essouffle petit à petit, laissant un goût amer, un sentiment d'inachevé, et la sensation de voir un film assez creux, vide de sens et à l'esthétisme peu conventionnel. 

 

1 étoile

Commenter cet article

Dom 06/04/2015 12:24

Plutôt d'accord. L'ambiguïté peut être génial mais cela demande de trouver un équilibre qui est absent ici, et peut-être aussi dû à la mise en scène sans inspiration.

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