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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Lost River (Ryan Gosling)

Publié par copa738 sur 18 Mai 2015, 12:11pm

Catégories : #Films (Drame)

Lost River (Ryan Gosling)

Synopsis : Dans une ville qui se meurt, Billy, mère célibataire de deux enfants, est entraînée peu à peu dans les bas-fonds d’un monde sombre et macabre, pendant que Bones, son fils aîné, découvre une route secrète menant à une cité engloutie. Billy et son fils devront aller jusqu’au bout pour que leur famille s’en sorte.

 

Il y a des films qui marquent le spectateur, par leur ambiance, leur identité visuelle et leurs personnages. Il y a des films qui traversent le temps par leur universalité, leur qualité et leur message. Il a des films poignants, engagés, à la narration envoûtante et au spectacle indéfinissable. Lost River condense toute la beauté et la maîtrise des œuvres cinématographiques de ce genre. Le premier film de l'énigmatique beau gosse Ryan Gosling est un petit chef d’œuvre. Boudé à Cannes l'an dernier, retravaillé depuis, il sort en France et percute d'entrée. Inspiré de l'enfance de son réalisateur et de son parcours en tant qu'acteur, Lost River est un train fantôme, un drame d'une rare violence, un thriller aux influences gores et fantastiques qui pénètre le corps et l'esprit.

 

La carrière d'acteur de Gosling se ressent à travers cette odyssée macabre. Les décors de The place beyond the pines, une musique à la Drive, une réalisation sombre et colorée à la Only God forgives, mais aussi des influences multiples (Gaspar Noé, Gregg Araki, David Michôd, Alejandro Jodorowski, etc), on risque même de s'y perdre. Mais le jeune réalisateur pioche de l'inspiration là où il se sent le mieux, et ne s'enfonce pas dans le pastiche exagéré. Il emmène le spectateur où il le veut, alternant scènes de tension (la tentative de viol dans le fameux caisson, le ''cache-cache'' du supermarché, la plongée au fond du lac) et instants de bravoure. Lost River respire le mystique, témoigne d'engagement social au sein d'une Amérique rongée par la crise des subprimes. Ce n'est pas un conte moralisateur, ni un film d'épouvante qui recherche le frisson, c'est une initiation, un parcours vertigineux dans le monde du cinéma, une histoire touchante boostée par un grand talent derrière la caméra.

 

On s'identifie à ces protagonistes si particuliers, on plonge dans ce monde étrange, autant chaud que froid, autant beau que crade, aussi naïf que cruel. D'une violence inouïe, d'une magnificence plastique, Lost River se présente comme un livre que l'on va vite ouvrir, parcourir avec plaisir, et qu'on va fermer le sourire aux lèvres. Commettant un minimum de fautes, Ryan Gosling livre un classique instantané, très personnel. Le spectateur en prend plein la vue, est secoué, poussé dans ses derniers retranchements. On pourra chipoter sur quelques détails, noter quelques errances scénaristiques (une trame un peu décousue) ou des fautes de montage (des micro-ellipses perturbantes parsèment le film sur toute sa durée), mais ce serait bouder un plaisir évident.

 

En résumé, premier essai, et premier grand film pour Ryan Gosling, qui nous offre un petit bijou visuel accompagné d'une histoire loin d'être nulle de sens ; une franche réussite pour l'enfant chéri de Hollywood.  

 

4 étoiles et demi

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