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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique express n°26

Publié par copa738 sur 4 Juin 2015, 13:10pm

Catégories : #Critiques express

Critique express n°26

Laurence Anyways (Xavier Dolan) – 2012

 

Synopsis : C'est l'histoire d'un amour impossible entre une femme et un homme, après que celui-ci a décidé de changer de sexe. Dans les années 1990, Laurence décide de devenir une femme mais, paradoxalement, tente néanmoins de sauver sa relation amoureuse avec Fred (Frédérique), laquelle accepte fort mal la décision de Laurence et la cascade des désagréments qu'elle suscite.

 

Récit touchant d'un transsexuel dans un monde coloré, Laurence Anyways respire, transpire le cinéma de Xavier Dolan. Long de plus de deux heures et demi, ce fragment de vie est la preuve qu'on peut émouvoir avec de bonnes intentions et surtout beaucoup de talent. Ralentis, extravagance, violence verbale, pluie de vêtements, tempête dans un salon : Dolan ne s'impose aucune limite, et signe ici son meilleur film. Au-delà de cette histoire d'amour à la fois passionnante et sentimentale, on découvre un véritable univers, moderne dans son fond, vintage dans sa forme. Laurence Anyways ne serait rien sans cette musique pop, cette narration inventive (sauts dans le temps indiqués par des vignettes, des changements de coiffures, ou rien du tout), et surtout ce duo magique. Suzanne Clément est bouleversante, et Melvil Poupaud est juste parfait : tous deux semblent déconnectés du temps, comme au-dessus de tout. Ce portrait de marginaux, de par leur style, leur sexe, leur façon d'éprouver des sentiments et des émotions, n'a jamais été aussi bien réussi par son auteur. Du grand art.

 

5 e¦ütoiles

Critique express n°26

[Série] - True Detective (saison 1)

 

Synopsis : La première saison se déroule en Louisiane, en 1995, et narre l'enquête de deux inspecteurs de la Louisiana State Police, Rust Cohle et Martin Hart, chargés de résoudre le meurtre d'une jeune femme coiffée de bois de cerfs et tatouée de dessins sataniques. Alors qu'ils ont quitté la police, ils sont contactés en 2012 par deux autres inspecteurs alors qu'un meurtre similaire a été commis.

 

La mode des séries policières dont l'intrigue s'écoule sur une saison est en pleine éruption. Trop complexe pour en faire un unique film, celle de True Detective déchaîne les passions. Polar glauque, sombre et psychologique en huit épisodes, cette première saison est portée par le duo McConaughey-Harrelson, habitués plutôt au grand écran. Derrière cette enquête absolument captivante, mêlant satanisme, misère, complots et adultère, se cache des relations humaines, relations souvent esquissées dans ce genre de séries. Bien sûr que le suspense est haletant, mais il est presque éclipsé par le jeu de ces deux acteurs, qui signent une double performance digne des plus grands. Dur pour les nerfs, pour le cœur, et tout le corps, la saison 1 de True Detective est un petit chef d’œuvre, d'une intensité folle et d'une profondeur rarement égalée.  

 

4 étoiles-copie-1

Critique express n°26

Deux jours, une nuit (Frères Dardenne) – 2014

 

Synopsis : Sandra, aidée par son mari, n’a qu’un week-end pour aller voir ses collègues et les convaincre de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse garder son travail.

 

Ancré dans le réel et l'actualité, Deux jours, une nuit est presque le prequel du récent La Loi du Marché. Ce type de film qui traite du sujet sensible du licenciement, dénonce le capitalisme, humanise les ouvriers et diabolise le patronat, devient de plus en plus puissant ces derniers temps. Crise économique oblige, le cinéma adapte ses thèmes en fonction de son époque. Le film des frères Dardenne, en plus d'être terriblement réaliste, puise sa force dans les émotions qu'il procure. On se met dans la peau de Sandra, incarnée par une touchante Marion Cotillard, on la soutient, et on ne comprend pas que ses collègues puissent être si égoïstes. Mais le film avance, les rencontres se font, et nos prises de positions deviennent de plus en plus floues. Qui est fautif ? Cette salarié absente 4 mois pour dépression ? Celui qui garde sa prime car sa femme est au chômage ? Ce chef d'atelier qui monte les salariés les uns contre les autres ? Ce patron qui impose un affreux dilemme à ses employés ? Les frères Dardenne ne tombent pas dans le manichéen, et leur film, bien qu'offrant une image cruelle de la vie d'entreprise, est une bonne réussite. On regrettera éventuellement ce rythme un peu mou, l'absence de musique, la simplicité des dialogues : un réalisme nécessaire mais un peu rébarbatif.

 

3 étoiles et demi

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