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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


2001 : l'odyssée de l'espace (Stanley Kubrick)

Publié le 20 Décembre 2009, 09:45am

Catégories : #Films (Science-Fiction)

Synopsis : A l'aube de l'Humanité, dans le désert africain, une tribu de primates subit les assauts répétés d'une bande rivale, qui lui dispute un point d'eau. La découverte d'un monolithe noir inspire au chef des singes assiégés un geste inédit et décisif. Brandissant un os, il passe à l'attaque et massacre ses adversaires. Le premier instrument est né. En 2001, quatre millions d'années plus tard, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire au rythme langoureux du "Beau Danube Bleu". A son bord, le Dr. Heywood Floyd enquête secrètement sur la découverte d'un monolithe noir qui émet d'étranges signaux vers Jupiter. Dix-huit mois plus tard, les astronautes David Bowman et Frank Poole font route vers Jupiter à bord du Discovery. Les deux hommes vaquent sereinement à leurs tâches quotidiennes sous le contrôle de HAL 9000, un ordinateur exceptionnel doué d'intelligence et de parole. Cependant, HAL, sans doute plus humain que ses maîtres, commence à donner des signes d'inquiétude : à quoi rime cette mission et que risque-t-on de découvrir sur Jupiter ?

Un grand moment de cinéma qu'est ce 2001 : l'odyssée de l'espace, tant l'hitoire est prenante et les effets visuels décoiffants. Stanley Kubrick est notamment connu pour sa capacité à offrir des œuvres au visuel impressionnant et fascinant. Par quoi commencer, comment exprimer ma joie, mon enthousiasme face à cet OVNI du cinéma, cette spirale monolithique basée sur la lenteur d'exécution des plans et par ses effets spéciaux qui à l'époque sont synonymes de révolution pure et simple ?

Le film de Kubrick, aussi magnifique et avant-gardiste, est cependant un film extrêmement complexe et surtout incompris (du moins, lors de sa sortie). Comme la plupart des films de Kubrick, personne (du moins pas grand monde) n'a pu comprendre l'indescriptible capacité visuelle, technique et narrative de cette œuvre impérissable. Je ne faisais pas partie de la communauté d'Allociné lorsque j'ai vu ce film, j'étais donc seul à penser positivement au sujet de cette aventure surdimensionnelle. Blessé par cette incompréhension, j'ai cherché longtemps quelqu'un qui me comprendrai, en vain. Et puis, un certain jour de février 2009, je me suis inscrit sur ce site de cinéma populaire. Et j'ai enfin pu parler avec des gens qui comprenaient ce film, quand je vois la moyenne des notes spectateurs de 2001, je me dis que j'ai bien fait de venir ici, ça m'a permis de voir que des gens partageaient mes opinions. Bon, maintenant que la parenthèse je-raconte-ma-vie est close, je vais pouvoir un peu vous parler de mes impressions au sujet de ce merveilleux chef d'œuvre signé Kubrick.

Le film s'ouvre de façon magistrale aux temps des premiers hominidés, on peut admirer ces paysages désertiques somptueux derrière une bande-son mémorable auquel peut encore s'ajouter ces longs silences fascinants de beauté. L'invention du premier outil sous l'influence de ce fameux monolithe, celui qui a hanté mes nuits dans son énigmatique et imposante envergure. Suit ensuite surement l'ellipse la plus mémorable, la plus célèbre du cinéma mondial : un singe lance un os qui se transforme dans la foulée en un gigantesque vaisseau spatial, ce basculement de 4 millions d'années en une fraction de seconde symbolise à lui tout seul la mise en scène rusée du maître.

Kubrick voulait à l'origine faire un bon vieux film de SF banal, sans complications. Son projet initial fut perturbé après la sortie, renversant catégoriquement les idées-reçues du bon film de science-fiction en l'espace de 2h20, le réalisateur de Doctor Strangelove fut incompris une nouvelle fois en délivrant ce message qui montre de façon presque pessimiste ce que pourra être le monde de demain. Plongé dans de nombreuses incompréhensions et signaux brutaux. Plongeant le spectateur dans un spectacle anesthésiant par sa lenteur glaciale et ses bruitages très réalistes, l'adaptation de la nouvelle d'Arthur C. Clark est fusionnelle, elle symbolise une histoire très mouvementée où chaque élément narratif et visuel est passé au peigne fin pour ne pas chercher à faire du commerce, pour ne pas plonger dans cet espèce d'attrape-couillon qu'est le business audiovisuel. Sans se presser, il aborde plusieurs thèmes qui peuvent être cruciaux pour l'avenir de l'humanité : le combat homme-robot, les mystères de l'espace, la porte des étoiles, failles temporelles, immortalité, ... Kubrick livre sans le savoir l'une des plus grande aventure de tous les temps, souvent imitée, jamais égalée, parodiée des millions de fois et présente dans chaque bon livre sur le cinéma. 2001 reste mythique par la plume exquise et discrète de son réalisateur qui livre l'un des films les plus complets en matière d'images et d'effets visuels.

Kubrick retrace à sa façon les mœurs et les croyances de nos temps pour les placer discrètement dans le futur. Les dialogues sont peu nombreux mais restent cultes par leur ironie, leur lenteur, leur structure épatante et fébrile (chaque doute des acteurs se fair ressentir). Derrière ce message futuriste très pessimiste, ce film évoque aussi des divinités matérielles, ce qui pourrait expliquer ce que fait ce monolithe (monolithe = Dieu ?). Présent à chaque fois qu'une chose importante ce passe dans l'espace, il symbolise en fait le dieu de l'espace. Il apporte au film un certain mystère très amer qui continuera à hanter les nuits de bons nombres de cinéphiles qui ont tenté en vain de comprendre le réel sens de cette œuvre. Sans partir dans tous les sens, ce délice audiovisuel et énigmatique brille de toute sa splendeur par sa structure impénétrable et prenante, chaque scène est mémorable et tous ces éléments du futur nous rendent fous, nous pénètrent, sans nous brutaliser, mais en brassant nos pensées très (trop ?) conventionnelles. Ce film, c'est une sorte de mise en abîme abstraite, un film expérimental qui nous coupe la respiration et qui marque l'inconscient pour toute une vie...

En résumé, une grosse claque, l'impression de vire un moment indéfinissable, perturbant ainsi tout l'écosystème du film de SF, 2001 est un film brillant et fascinant.

Ma note : 9.5/10



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