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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Alice au Pays des Merveilles (Tim Burton)

Publié le 9 Octobre 2010, 17:46pm

Catégories : #Films (Fantastique)

 

Synopsis : Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu'elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s'embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge.

Tourmenté de ne pas avoir pu voir le dernier ''chef d'œuvre'' de Tim Burton, la séance de rattrapage dans mon petit cinéma de ma modeste petite ville m'a permis de ne pas passer pour un inculte (1 personne sur 13 a vu Alice in Wonderland en France, je ne voulais pas prendre le risque de me taper la honte, vous comprenez ? Non ?). Mais depuis sa sortie, les critiques des blogueurs se suivent et se ressemblent. Du négatif, du négatif, encore du négatif. Sans parler de la furieuse et blessante chronique de Mad Movies (magazine réputé) dans le hors-série consacré à la brillante carrière de Burton qui parle tout de même de « suicide artistique » ou encore d'une « négation de tout ce qui avait fait la gloire du réalisateur ». Surprenant et affolant, Timi nous avait habitué à mieux niveau critiques mais comme c'est une des mes idoles et que je ne me fie qu'à mon instinct, je fonce dans les salles. Qu'ai-je à perdre sinon 1h50 de ma vie ?

C'est sur que pour ce qui est du brassage d'air, Burton fait très fort. Les reproches de Mad Movies n'étaient pas une blague, ce Alice au pays des merveilles est un pur fiasco, un parfait exemple de foutage de gueule et de scénario bâclé. Mais que s'est-il passé ? Comment le brillant cinéaste qui nous a habitué à des chef d'œuvres tel que Edward aux mains d'argent ou encore Charlie et la chocolaterie a-t-il pu tomber aussi bas ? Je pense sérieusement que le grand bide du dernier festival de Cannes (Tim Burton en était le président) y est pour quelque chose.

A la vue du générique de fin, de nombreuses questions fusent dans nos têtes. On se questionne sur les motivations existentielles (ou pas) du metteur en scène. On se demande si ce brin de folie imprévisible qui avait fait de Burton l'un des plus grands cinéastes de sa génération n'a pas tout simplement disparu. Si l'enfant qui sommeil en lui s'est éteint pour toujours, laissant un cœur de pierre très (trop ?) mature à sa place. Car si l'univers colle parfaitement au style de Tim, le scénario et surtout la fin ne conviennent pas à son génie. Lui qui était si pessimiste dans ses contes glauques et lugubres, il s'enlise dans un renouveau catastrophique où les gentils triomphent des méchants, sans arrières pensées ni intimidations. Parce qu'elle est là la faille du film, elle se trouve cachée dans une histoire allergique au vrai Burton, mais ce dernier a changé, il n'est plus le même. Fini de jouer et de se moquer subtilement de l'espèce humaine, vaut mieux montrer à l'écran un rouquin bien moche et repoussant (pour faire rire les petits) et on croira que son éclair de génie satirique et sarcastique est toujours présent.

Et si la 3D n'avait pas un rapport avec la décadence flagrante du créateur de Mars Attacks ! ? Pourquoi se faire chier à faire un film personnel alors que les billets et les lingots d'or l'attendent parce que le film est familial et que la 3D fait grimper les prix. Grâce à la fellation (l'inflation, pardon) dû à cette technologie, le pari était peu risqué et on retrouve du coup les mêmes faiblesses dans Alice que dans Avatar. Je suis finalement allé le voir en 2D (et fuck la pseudo-révolution cinématographique) et j'ai (même sans relief) apprécié les décors somptueux et les créatures incroyables de ce fabuleux pays des merveilles. Mais même si Burton s'amuse comme un petit fou à truquer des bestioles en tous genre, de faire parler un chien, un cheval et des grenouilles et en créant une sorte de gros ours en apparences méchant mais qui s'allie à Alice à la fin (comme par magie), on ressent certaines faiblesses dans le déroulement de l'action. Alors c'est bien gentil de montrer ses talents en matière d'effets spéciaux en faisant grandir et rétrécir son héroïne à foison, mais ce sont ces petits détails qui font que l'intrigue n'avance pas et s'égare par moments. Tout semble se dégoupiller pour arriver à la scène de dénouement où Alice affronte l'énorme Jabberwocky. Ressemblant étrangement à un mélange hybride entre Narnia et Lord of the Rings, cette scène censée être impressionnante n'amène qu'à un dénouement téléphoné où les gentils triomphent et où les méchants sont épargnés (comme dans un mauvais Disney) parce que les gentils sont trop gentils.

Du côté des acteurs et des personnages (n'oubliez pas qu'on est dans un film à 90% synthétique sur fond vert – Depp à même eu plusieurs fois la gerbe de tourner derrière un décor d'une couleur si agressive), c'est plutôt pas trop mal joué. Helena Bonham Carter est de loin la meilleure avec son déjà cultissime « Qu'on lui coupe la têêêêête ! ». Débordant d'imagination dans ses mimiques incessante et dégoulinant d'égocentrisme et de manies  excessivement énervantes, elle remporte la palme haut la main face à une Mia Wasikowska qui ne se renouvelle jamais durant tout le film (elle tire toujours la même tronche, qu'elle est peur où qu'elle rigole aux éclats, la différence ne se voit pas) mais qui déborde d'un charme fascinant et presque provocateur. Même si Johnny Depp s'amuse lui aussi comme un fou en empruntant la dégaine fofolle de Jack Sparrow, il n'est pas vraiment en grande forme et malgré quelques coups de folies et élucubrations dont il a le secret, il reste cependant irrégulier dans un jeu d'acteur négligé par l'histoire qui veut qu'Alice soit la seule véritable actrice principale. Les autres acteur font donc office de figurant (excepté la géniale Bonham Carter). Mettons aussi Anne Hathaway qui surjoue à un point qu'on ne peut même pas imaginer dans un rôle de la reine précieuse (rôle très mal exploité, une nouvelle fois) et un Crispin Glover mis presque à l'écart, et vous aurez le niveau des autres protagonistes, affligeant et vite oubliés dans leur ensemble. Alors on pourra toujours sourire devant un énième coup de folie du lièvre, devant la réplique du cheval qui parle (seul vrai moment imprévu du film), ou encore devant ce chat à la grande bouche qui disparaît et réapparait au moment où on s'y attends le moins plus, mais ces quelques rires ne cicatrisent pas la déception massive qu'est ce Alice au pays des merveilles, trop optimiste dans son ensemble et irrégulier dans la façon de dicter un récit.

Ajoutons maintenant ce final en guise d'épilogue complètement foiré à tout ce qui s'est passé dans le reste du film, vous aurez un grand moment de honte et de pitié envers le réalisateur (non mais c'est quoi le coup de Johnny Depp qui fait sa danse de la joie devant tout le monde, un coup marketing pour faire rire les enfants de trois ans ou juste un dernier moment de solitude d'un Tim Burton bien mal en point ?). Et comment ne pas être outré quand (méga spoiler, vous êtes prévenus) Alice retourne dans le vrai monde avec l'envie de reprendre sa vie en main (refuser le roux en mariage, dire à sa tante de reprendre ses esprits,...). On a de nouveau le droit à la danse improvisée de la Alice, un ultime craquage de Burton qui créer un malaise dans la salle sans oublier la phrase chiante et incompréhensible « Quelle est la différence entre un corbeau et un bureau ? » qu'Alice et le chapelier se répètent à chaque moment de doute (rasoir, rasoir). Et pour montrer à quel point Tim va mal, on voir Alice reprendre les affaires commerciales de son père, comme si le rêve (pays des merveilles) avait disparu de sa tête et que le travail et la vie d'adulte avaient pris le dessus sur la fantaisie. Cette dernière métaphore exprime clairement ce qui se passe dans la tête du réalisateur enfantin des Noce Funèbres. Celui qui, sous, prétexte qu'il a eu des gosses, une femme et une vie désormais trop bien rangée pense avoir gagné en maturité et se laisse berner par les studios Disney pour cette fin indigne d'un perfectionniste de l'acabit de Burton. Mais ce génie a déjà disparu, il est resté à jamais coincé dans le pays des merveilles, il voguera à jamais dans ce monde. Je ne peut souhaiter à ce dernier qu'il retourne dans ce monde, qu'il reprenne rapidement ces esprits et qu'il se rétablisse vite.

En résumé, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, vous voyez autre chose à dire ?

Ma note : 4/10



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Mrs A. nonyme 09/10/2010 20:11

C'est vrai que la fin est pas géniale mais perso y'a eu quelques moments assez sympa et les décors et les personnages sont tres bien fait
Pour ce qui est des autre films qu'il a fait, le nom : Edward aux mains d'argent me dit vaguement quelques choses mais pas plus

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