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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Babel (Alejandro González Inárritu )

Publié le 16 Mai 2010, 17:48pm

Catégories : #Films (Drame)

 

Synopsis : En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...

Maroc, paysages arides, secs, dénués de toute forme de vie naturelle. Un fusil, un beau, deux enfants, l'un plus grand, impassible, aussi sage qu'un moine bouddhiste en pleine méditation. L'autre, plus petit, regardant sa sœur à poil devant lui, telle une exhibitionniste inceste, elle incarne la beauté. Si le grand incarne la sagesse, le petit incarne quant à lui la folie. Trop occupé à se masturber en cachette pendant que le grand veille sur le troupeau, il tire sur un bus en mouvement avec le fusil pour voir s'il est si performant. Il fait ça sous l'ordre de son frère, pas si sage que ça. Le coup part, rien, si le bus s'arrête. La suite est un mélange de plusieurs vies déchirées pour un objet qui peut paraître quelconque : un fusil.

De leurs côtés, Cate Blanchett et Brad Pitt forment le couple idéal (qu'on retrouvera dans Benjamin Button), en pleine période de crise familiale, de mensonges et d'infidélité. Ils sont venus au Maroc pour décompresser. C'est elle qui se prends le coup de fusil. Pitt est excellent, du haut de sa barbe de fin de semaine, il exprime toute la détresse et la tristesse du monde entier. Blanchett incarne le courage, l'espoir, la souffrance. Elle jouit d'un certain charisme peu présent chez les interprètes féminins. Ils se battront jusqu'au bout pour sauver la jeune femme, seuls, abandonnés, entourés d'égoïstes et d'incapables, ils tentent de tenir face à cette cruauté qui les ronge petit-à-petit.

Montré dans le désordre, les scènes du film se joignent en un point similaire : la solitude, l'abandon, la tristesse. Pendant que le couple souffre, ces deux enfants restés au pays sont chez la nounou. Retardés, les parents demandent à celle-là de les garder plus longtemps. Comme si ça ne suffisait pas, il y a un problème : la nourrice doit assister au mariage d'un être qui lui est cher. Elle décide, sans prévenir d'emmener les enfants avec elle au mariage qui se déroule au Mexique, voyageant clandestinement, ils passent la frontière sans encombres et tous s'éclatent au mariage. La suite est d'une horreur monstrueuse. Inárritu est dans son élément, il film les images du désert près du Mexique comme personne d'autre, l'épuisement, la soif, les lèvres craquelées, l'abandon, l'isolement, la solitude, la détresse. Accompagné d'une musique assourdissante. Très perturbant.

Quelque part à Tokyo au Japon. Une adolescente sourde-muette rebelle tente de combler son handicap. Véritable, allumeuse, nymphomane, elle veut sauter sur tout ce qui bouge. Elle est en plein deuil de sa mère, morte après s'être suicidée. Elle s'enfonce dans une profonde solitude, elle ne comprends personne, elle veut juste s'éclater, mais elle est seule. Les gens ne sot pas prêt à combler son handicap. Elle s'enfonce dans un orgie solitaire, désespérée. Son père est le propriétaire du fusil qui a créer tant de malheur.

Mêlant astucieusement images glauques et sanglantes avec des images incisives de nudité, le réalisateur mexicain apporte un certain trait prononcé de réalisme. Faisant l'éloge du courage, implorant les dieux, apportant un casting international à son film. L'œuvre se caractérise par sa profonde mélancolie, sa détresse presque contagieuse évoquée aux quatre coins du monde pour un seul objet. Concluant de façon magistrale sa trilogie (Amours chiennes, 21 grammes et enfin Babel) de destins mêlés, Inárritu offre un film très esthétique et très bouleversant. Il film de façon très juste le Maroc, le Mexique et le Japon. Accentuant scènes lentes couvertes par cette musique poignante et moments déchirants, le réalisateur joue sur la corde sensible. Sec, brutal, Babel est un bijou de cinéma, même si le genre est presque indéfinissable. Mélange de sang, de poussière, de transpiration, de larmes et d'expression peu parlée (la narration se fait essentiellement sur les images, plus que par les dialogues). Utilisant à merveille les flashforwards (cf : Pulp Fiction), les flashbacks et critiquant l'égoïsme, la cruauté et l'incompétence de la police, l'exhibitionnisme, Babel s'apprécie par son mouvement fluide et par sa succession d'évènements tragiques et brutaux. On ressort complètement déboussolé, l'envie de vomir, la larme à l'œil, contemplant ce générique précédé du happy-end le plus triste qui m'est été donné de voir. Perturbé, inquiété, jamais la tristesse n'avait été évoqué en destin croisé aussi bien que dans ce film. Chef d'œuvre dans le vent, spécial, intriguant, ce film est un bijou beaucoup trop personnel pour être apprécié dans tout son contexte.

En résumé, lent, perturbant, filmé à merveille, cette histoire mélancolique à ce don impérissable et très caractéristique de chambouler le spectateur par son côté tragique.

Ma note : 8/10



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faire part de naissance 22/07/2011 13:05

PS : Merci encore !

film streaming 25/01/2011 21:30

film streamingS'est tiré de faits réels, j'ai vu un reportage là dessus. -Hey, je n'conaissait pa ce site, en fait un cop m'en avait fait la recommandation avant hier. On a envoyé ton site internet dans friendfeed !!!

Magusneri 22/05/2010 05:00

Superbe film en effet, poignant et tragique. Brad Pitt est parfait en Américain paumé dans les montagnes marocaines. Le segment japonais reste de loin mon favori (même s'il est difficile de segmenter le film), touchant à la poésie pure, une poésie qui naît des silences et de la sobriété de la mise en scène.

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