Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Boulevard de la mort (Quentin Tarantino)

Publié par copa738 sur 1 Avril 2011, 19:45pm

Catégories : #Films (Action)

null 

Synopsis : C'est à la tombée du jour que Jungle Julia, la DJ la plus sexy d'Austin, peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna et Arlene. Ce TRIO INFERNAL, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars et dancings du Texas. Mais l'attention dont ces trois jeunes femmes sont l'objet n'est pas forcément innocente. C'est ainsi que Mike, cascadeur au visage balafré et inquiétant, est sur leurs traces, tapi dans sa voiture indestructible. Tandis que Julia et ses copines sirotent leurs bières, Mike fait vrombir le moteur de son bolide menaçant...

Au pays de Tarantino, de belles femmes se trémoussent, picolent, draguent et discutent de tout et de rien, dans leur voiture ou dans un bar. Au pays de Tarantino, on voue un culte particulier aux voutes plantaires féminines et aux belles bagnoles. Au pays de Tarantino, s'enchaine des discutions longues et interminables, pour laisser place à des scènes d'actions particulièrement bien filmées et sanglantes. Au pays de Tarantino, on balance des hommages et des allusions à tous les éléments du décor et dans toutes les répliques, personne ne comprend, mais c'est juste génial. Au pays de Tarantino, l'industrie du cinéma est fleurissante, et les chefs d'œuvres s'enchainent à une allure folle. Car chez QT, on ne plaisante pas avec le passé. Né d'un diptyque en hommage aux films d'exploitations nommé Grindhouse (featuring Planet Terror de Robert Rodriguez), Boulevard de la mort (Death Proof en VO, avouez que la traduction est une nouvelle fois de grande qualité) est sûrement l'un des films les plus impressionnants de son réalisateur. Démoli par bons nombres de cinéphiles, mais bien apprécié de la presse, l'avant-dernier film de QT est le film le plus linéaire de son créateur, le moins compliqué, mais sûrement le plus travaillé, le plus aboutit, en fait.

Comme déjà dit plus haut, Boulevard de la mort s'organise d'une manière assez étrange : 50 minutes de dialogue (des jolies bimbos parlent de sexe, nourriture, télévision et musique avec 30 verres de différents alcools dans le nez, harcelées par les hommes qui veulent se les faire dans leur pick-up), 10 minutes d'action pure et dure qui se termine par un dénouement gore absolument gigantesque, puis 30 minutes de dialogue (encore des filles qui parlent de tout et de rien) et enfin 20 minutes de course-poursuite haletantes. Tarantino, on aime, ou pas. Mais ce qui caractérise son cinéma, c'est la façon dont tout ce qui a marqué ses précédents films soit repris dans ceux qui suivent, comme si toute l'œuvre du cinéaste n'était qu'une longue saga dont les films ne parlent jamais de la même chose, mais sont toujours tournés de la même façon (sang, dialogues, culture pop, …). Ainsi, la sonnerie du téléphone d'une fille laisse entendre l'une des musiques entendues dans Kill Bill, le Big Kahuna Burger, évoqué déjà dans Pulp Fiction est plusieurs fois mentionné, la scène dans le restaurant dans la deuxième partie du film est filmée de la même façon que la scène d'entrée de Reservoir Dogs, et enfin, les cigarettes Red Apple sont une nouvelle fois ancrées dans le décor du film de Tarantino.

Parfois, le réalisateur peut énerver (on pense à la scène finale ou encore à la façon dont il rend hommage aux vieux films d'exploitations : grain très grossier, sautes d'images), il peut même paraître imbuvable dans la façon dont il déploie toute son armada culturelle (s'imposant comme le vrai patron du lieu, un peu comme un prophète omniscient, genre M. Je-sais-tout que se la pète et ramène sa science sans cesse), mais son film ne laisse jamais le doute : son génie permet de rattraper toutes les petites boulettes qu'il commet, et à la fin, on en redemande. Pourquoi ai-je adoré Death Proof ? Peut-être est-ce parce que les actrices sont très jolies (Vanessa Ferlito et Mary Elizabeth Winstead sont indubitablement irrésistibles, et au sommet du sommet de ce qu'on appelle le sex-appeal), ou que les poursuites en voitures sont filmées comme jamais auparavant. Ou peut-être est-ce parce que le personnage joué par Kurt Russell est l'un des tueurs les plus énigmatiques vus au cinéma depuis celui de Jack Torrance ou John Coffey. Je pense que c'est tout simplement le fait que le cinéma de QT, bien que parfois radoteur, se renouvelle sans cesse, même si les films semblent faits de la même façon. Ce qui est particulièrement jouissif dans le cinéma de ce fabuleux metteur en scène, c'est que sa mentalité ne change pas, son cinéma non-plus, mais que la corde ne s'use jamais. Offrir un spectacle d'une telle intensité, bourré d'hommages et de dialogues savoureux, ainsi que quelques scènes d'anthologies (la scène du lapdance, bien qu'inutile pour l'intrigue du film, reste l'une des plus abouties de l'œuvre de Quentin Tarantino), c'est pas donné à tout le monde. Et le faire sur plusieurs films, c'est encore plus rare.

En résumé, encore un film d'une qualité indiscutable de la part de Tarantino, pour le grand bonheur des fans (et je pense que j'en fait parti).

4 e¦ütoiles et demi

Commenter cet article

copa738 01/05/2011 20:06

Je te rejoins dans tous les points de vue, je trouve également que Tarantino est bien loin devant tout le monde en ces temps, il apporte de l'originalité au cinéma contemporain, bien trop influencé par le commerce et la 3D...
Longue vie à son oeuvre, et c'est plutôt toi que je remercie : on partage le même avis au sujet de Tarantino, et ça me fait plaisir de le partager avec quelqu'un !

mr-cinema1325 26/04/2011 17:05

Dire que je pensais être le seul à aduler ce film... Boulevard de la mort est pour moi la plus grande réussite de Tarantino après Pulp Fiction (indétrônable !). C'est un véritable OVNI dans le paysage du cinéma des années 2000, mais surtout une vrai bombe, où Tarantino nous envoie toute sa maestra en pleine face. Boulevard de la mort, c'est le seul film dans lequel on peut voir des bimbos completement déjantées parler de bagnoles pendant plus de dix minutes, où le tueur est un véritable malade qui prend son pied en tuant des minettes a 100 à l'heure dans sa caisse tout droit sortie d'un Mad Max et dans lequel les scènes les plus inutiles sont pourtant les plus brillantes ( le lap dance sans aucun doute), le tout assaisoné d'un bon vieux rock'n roll comme on les aime. Boulevard de la mort c'est pour moi un vrai bijou qui brille par son originalité, sa qualité et sa perfection technique. Car qu'on le veuille ou non, on ne peut nier le fait que Tarantino maitrise sa caméra bien mieux que bon nombre des réalisateurs de sa génération et que ces films sont toujours d'une qualité technique irréprochable.

Et bien que je comprenne qu'on ne soit pas fan de son style, dire qu'il n'y a aucun interet à regarder des gonzesses parler de bagnoles le temps d'une scène de plus de 20 minutes, c'est beaucoup trop facile. Et, en ce qui concerne les réferences à ses propres films, je ne vois vraiment pas où est le problème. Certains parlent d'auto-citation, moi j'appelle plutôt sa des clins d'oeil sympathiques à ses fans, car ne l'oublions pas, les films de Tarantino sont fait par un fétichiste, pour des fétichistes.

Bref, c'est avec Boulevard de la mort que Tarantino reconnaitra les siens, encore merci à toi copa738 pour ce super article qui à su rendre justice à ce chef-d'oeuvre qui mérite amplement de sortir de l'ombre.

Viggofan92 19/04/2011 16:31

La 3D est à la base purement commerciale, mais dire qu'elle n'a aucun potentiel pour apporter à certains films des outils artistiques nouveaux, ça me laisse pantois.
Elle n'est malheureusement utilisé que dans le but (avoué) de faire des entrées par des producteurs vereux, mais Avatar, sans être révolutionnaire est là pour rappeler que pour un certain type de spectacle, elle peut apporter quelque chose. (à mon sens), bien qu'elle n'améliore pas fondamentalement le cinéma (pas de surinterpretation de mes propos)

copa738 12/04/2011 17:19

Moi aussi j'ai subit l'horreur de "Sucker Punch" (mais quel film de merde, sans déconner, à côté, "Piranha 3D" est un chef d'oeuvre).
Tu as absolument raison quand tu dis que Rodriguez s'attelle plus à du bourrinage jouissif et dérisoire, tandis que Tarantino pastiche à mort avec beaucoup plus de subtilité. Mais chacun son rôle après tout, pas obligé de lyncher Rodriguez parce qu'il "sagouine" le travail de QT dans un ensemble assez barbare et brouillon. le lien entre les deux styles est cepdendant évident : leurs styles respectifs se ressemblent beaucoup trop pour ne pas dire que chacun s'inspire de l'autre. Et je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que c'est untel qui copie untel, je dirai plutôt que les deux se rendent la pareille et joue chacun dans leur coin, mais avec des clins d'oeils similaires.
Donc je ne dirai pas que Rodriguez produit un ersatz du cinéma de QT, je dirai plus qu'il s'en inspire, pour donner quelque chose de différent, mais le tout se fait aussi dans le sens inverse...

Tching 12/04/2011 11:37

Mouais pas trop d'accord pour dire que Rodriguez et QT, c'est la même chose, ou l'un copieur de l'autre en moins bien ; ils sont potes, mais ça s'arrête là (désolé d'y revenir, mais pour QT forme donne fond, alors que pour Rodriguez, il n'y a pas ce souci de la forme, ou alors très tardif : c'est plus une dérision sur le fond (je viens de voir que tu l'as dit aussi, Copa), un gros trip permanent dans l'hémoglobine et l'excès). Pas vu SPy kids 3, mais Sin City est génial, Une nuit en enfer plutôt bien, Planet Terror moins bien.
Ce n'est pas tellement, je pense, que Rodriguez ne peut pas faire mieux que tout ce à quoi vous faites allusion, mais plutôt que le mode de reprise est différent chez les deux : dérision par exagération chez Rodriguez ! (père et pisse), cad qu'il reprend les codes et les accentue à mort jusqu'au risible, et insertion en forme de clins d'oeil pr QT, dans son propre travail sur la forme (c'est un peu plus fin, enfin je trouve que ça passe mieux chez lui)...
Enfin, je préfère toujours la dérision de Rodriguez à celle de Snyder que j'ai trouvé, tout simplement, immonde dans Sucker Punch... (à se demander d'ailleurs s'il y a de la dérision).

Nous sommes sociaux !