Synopsis : Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la "victime" demandent à s'expliquer avec les parents du "coupable". Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ?
Une scène de vomi très réaliste, des acteurs exceptionnels, une vision assez machiste et des dialogues qui font mouche, Polanski n'invente rien, mais nous offre cependant un spectacle d'une qualité rare, faisant de chaque mot quelque chose de bien plus fort que n'importe quelle scène d'action. En une poignée de minutes, le réalisateur, bien aidé par un casting réduit mais idéal, capte au maximum notre attention, pour que chaque séquence surpasse la précédente jusqu'à un final étonnant. Bien sûr qu'il y a des petites longueurs et des détails inutiles, évidemment que la réalisation est plutôt banale et que le film en lui-même n'a rien d'extraordinaire, mais putain, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas autant rit dans une salle, longtemps qu'on avait pas vu un film où tous les acteurs principaux sont à la pointe de la perfection (mention spéciale à Christoph Waltz), longtemps qu'on avait pas vu un vrai bon film à dialogues (le meilleur depuis The Social Network).
Le fait que deux couples en apparences normaux, se fassent des compliments maniérés hypocrites, pour qu'ils se crachent à la gueule une heure après, provoque un plaisir coupable indéfinissable, montrant avant tout que Carnage est à prendre au premier degré, malgré les quelques allusions politiques et sexistes. Ce qui est d'autant plus savoureux, c'est la façon dont nous, spectateurs, nous parvenons à pénétrer à l'intérieur de cet appartement, sans vouloir vraiment en ressortir. On mange le crumble avec les personnages, on boit une tasse de café et on se ressert de ce délicieux scotch qui vient d'Écosse, on irait même jusqu'à sentir le vomi depuis notre siège. Bien installés, notre avis diverge autant que les prises de positions des personnages changent (les deux couples sont en accord, puis ne le sont plus ; parfois les hommes sont contre les femmes et vice-versa). La situation devient incontrôlable et incontrôlée, on semble autant perdre les pédales que les personnages et même si parfois c'est un peu trop gros (le téléphone dans le vase, Pénélope qui frappe son mari), le moment passé demeure troublant de justesse. Carnage, c'est un film qui donne la pêche et donne le sourire, et c'est donc indispensable en cette fin d'année 2011.
En résumé, une comédie irrésistible qui nous ne nous fait absolument pas regretter le fait que QT ait lancé Christoph Waltz.
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