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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Certains l'aiment chaud (Billy Wilder)

Publié le 31 Août 2010, 13:29pm

Catégories : #Films (Comédie)

 

Synopsis : Deux musiciens de jazz au chômage, mêlés involontairement à un règlement de comptes entre gangsters, se transforment en musiciennes pour leur échapper. Ils partent en Floride avec un orchestre féminin. Ils tombent illico amoureux d'une ravissante et blonde créature, Sugar, qui veut épouser un milliardaire.

Délicieuse farce au rythme endiablé, meilleure comédie de tous les temps selon la critique et les spectateurs, Some like it hot est indéniablement un monument du cinéma par son originalité, ses performances d'acteurs et par sa drôlerie insubmersible.

Si Billy Wilder trouve une réalisation assez simple, il ne ménage pas les acteurs et les fait jouer à la perfection dans les moindres recoins. Même les figurants sont excellents et Marilyn Monroe étincelle par son charme discret et terriblement sensuel. Elle brille, crève l'écran, sensibilise par son histoire tragique et ne peut que nous émouvoir. Son antépénultième film sonne comme un renouveau chez elle, son talent ressort immédiatement et sa dégaine flamboyante en fera chavirer plus d'un. Malgré son excellente interprétation, elle laissé sceptique ces partenaires ainsi que le réalisateur qui se sera beaucoup plaint de son incapacité à retenir des répliques et d'être ponctuelle. Tony Curtis ajoutera (histoire d'enfoncer le clou) que « d'embrasser Monroe, c'est comme embrasser Hitler ». Si l'on croit cet aveux, cela pourrait nous faire penser que soit Marilyn a du poil au menton, soit Hitler roulait des pelles divinement. Pour ma part, je préfère penser que Curtis disait cela uniquement pour exprimer son mécontentement à l'égard de la jeune et belle actrice. Tony Curtis est quant à lui au sommet de son art. Taillé pour endosser le costume de femme, il fait aussi rire par ses plaintes incessantes vis-à-vis de son camarade qui nous fait littéralement exploser de rire. Avec deux ou trois répliques savoureuses, de l'aisance hors du commun à faire vivre trois personnages sensiblement différents (un musicien fauché, une forte femme saxophoniste, un riche milliardaire collectionneur de coquillages) et à improviser trois accents différents. Il est impressionnant, certes, mais la palme revient au talentueux Jack Lemmon. Même si son visage n'est pas forcement taillé pour jouer une femme (gros menton, traits tirés d'un homme), son sourire explicite et son rire forcé ne peuvent qu'accentuer le côté ''fille'' qu'il possède.

D'ailleurs, c'est tout de suite lui qui se fait draguer par un homme, c'est lui qui accepte sans faire de problèmes. C'est lui qui s'adapte aux us et coutumes féminins, et même si il lui aura fallut du temps pour se convaincre qu'il était une fille, c'est au final lui qui sera le plus crédible. Pour moi, le meilleur comédien reste celui qui joue Osgood. Sa grande bouche, son rire forcé, sa détermination et la constance qu'il démontre à chacune des scènes où il participe. Il est aussi l'auteur du génial et mythique « Nobody's perfect ». Une réplique connue pour la surprise qu'elle laisse dégager, pour son irréprochable humour décalé et pour tout l'encre qu'elle a fait couler. Car en effet, Billy Wilder ne ménage pas son spectateur. Il va jusqu'au bout dans sa satire élaborée. Parodiant des films de gangster de l'époque (Scarface de Howard Hawks en tête) tout en incorporant des personnages hilarants pendant l'époque de la prohibition, il critique à sa manière les alcooliques anonymes, les machos et ne se prive pas dans ses allusions sexuelles. Sans jamais rien montrer (quand Osgood pince les fesses de Daphne, tout est dissimulé et les explications sont orales), il dissimule ses scènes qui lui auraient valu la censure immédiate. Les longues scènes de baisers entre Sugar et Junior-Joe-Joséphine ne sont-elles pas un peu provocantes dans la façon de les filmer et la position des deux personnages ? On pourrait en citer des milliers, comme par exemple la ''véritable'' signification du titre du film.

Débordant d'imaginations, faisant rire par son comique de situations hilarant semblable à ce qu'on peut voir dans des Molière ou autres farces théâtrales. Ne reculant jamais devant un bon gag ou des dialogues savoureux, Wilder ne s'interdit rien, et c'est pour ça que ça marche. Le parfum enivrant des jolies femmes qui se donnent rendez-vous dans la chambre de Daphne pour picoler et se goinfrer n'est-il pas une petite et douce critique de l'idéal féminin que se fait chaque homme ? Si les hommes sont catalogués de pervers et de glandouilleurs séducteurs, pourquoi les femmes n'auraient pas de personnalité ? Le peu de testostérone (représentée par Joe et Jerry) présente dans le train et dans l'hôtel renforce cette idée que les femme savent aussi s'amuser. Sans être féministe, ni misogyne, Wilder trouve une nouvelle fois ce juste-milieu qui fait de Some like it hot un chef d'oeuvre inégalé et une comédie réjouissante à voir évidemment en VO pour profiter à sa juste valeur du fameux I wanna be loved by you chanté divinement par la jolie Marilyn Monroe qui trouve l'un des rôles de sa vie.

Des mimiques incessantes de nos deux travestis aux scènes délirantes et aux gags irrésistibles, tout sera mis en œuvre pour que les deux heures du film passent en un éclair. Et vous aurez tort de vous priver de cette comédie joliment rythmée en temps de crise et où des grands hommes meurent à tour de rôle (Bruno Cremer, Dennis Hopper, Bernard Giraudeau, Laurent Fignon,; Alain Corneau). Et pour repartir en vous laissant mes impressions. Je souhaite vous parler de ma scène préférée du film qui comporte d'énormes motifs émotionnels et humoristiques ainsi qu'une mise en scène astucieuse qui renforce le côté hilarant de l'histoire : Pendant que Sugar et Junior s'embrasse langoureusement dans le bateau, on assiste alors à un court travelling accéléré où nous retournons dans la boite de nuit où Osgood et Daphne-Jerry dansent le tango sur une musque hilarante; retour alors avec toujours la même technique mais à l'envers sur le bateau où le baiser ne s'arrête pas sous une musique romantique; retour sur la boite de nuit où les deux protagonistes adoptent des positions énigmatiques et s'offrent à des jeux poilants. Et ainsi de suite. Cette scène est tordante par l'ampleur qu'elle prend et aussi par le contraste des deux évènements qui se succèdent.

En résumé, même si le coup du gangster n'est qu'un prétexte pour enclencher l'humour et le suspense, même si la prohibition n'est aussi qu'un moyen de renforcé le côté ''alcool is illicite'', rien n'est téléphoné, le suspense fonctionne à merveille et il est fort compliqué de retenir son rire qui devient contagieux à des kilomètres à la ronde : une brillante comédie qu'il faut voir au moins une fois dans sa vie.

Ma note : 9,5/10



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copa738 31/08/2010 16:22

Ah oui, c'est vrai que cette scène est à se tordre. Ce que j'ai adoré aussi : c'est quand Lemmon improvise sur son prénom (il avait dit Géraldine au début puis s'est rabattu sur Daphne) devant la chef d'orchestre avant de monter dans le bus. Une fois rentrés, Curtis plaque Lemmon contre le mur et prononce avec une tête à pleurer de rire "Daphne ?!!!!!". J'ai eu du mal a me calmer après ça. Demain, j'essaierai de m'attaquer à la critique de "Tant qu'il y aura des hommes", ya du boulot.

titusdu78 31/08/2010 15:39

Je suis tout à fait d'accord avec toi: ce film est une merveille! Des dialogues, des personnages loufoques et attachants, la somptueuse Marilyn. Pas grand chose à demander de plus.
Juste un point que je te dispute, ma scène préférée est celle où toutes les musiciennes répètent dans le train et que Jack Lemmon fait tourner sa contrebasse avant de jouer sur le bois. A mourir de rire!

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