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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Ave Cesar...ou pas

Publié par copa738 sur 26 Février 2011, 10:11am

Catégories : #Evènements-Débats

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Cette année, je m'étais fixé un but ultime, ce but étant de regarder la Cérémonie des Césars sans zapper ni m'endormir (ce qui relève de l'exploit). Cette 36ème cérémonie, riche en émotion et en humour s'est avérée être moins niaise que les autres années, même si ça reste un événement assez pompeux et à la limite de la beaufitude. Présentée par un Antoine de Caunes très en forme mais qui ne va jamais loin dans sa critique de la société (mis à part deux ou trois blagues sur Jean-Luc Delarue et une poignée d'allusions à la situation de guerre civile en Afrique du Nord, il a fait rire mais ne s'est pas énormément mouillé), présidée par une Jodie Foster charmante mais plutôt discrète, ouverte par un Jean Rochefort un peu spécial, cette cérémonie n'a rien d'exceptionnelle, mais s'est avérée moins chiante que les autres années. Vous vous demandez alors pourquoi l'image qui accompagne cet article n'est autre que L'assassinat de Jules César de Vincenzo Camuccini. La métaphore est flagrante, certes, mais je pense qu'elle est un peu forte. Cette cérémonie n'a pas été l'assassinat du cinéma français, même si on se rend vite compte que la France n'est pas un pays qui sait présenter un divertissement avec de l'originalité.

Pour ce qui est de la cérémonie en elle-même, elle a été marquée par le retour en images des meilleurs films français de l'année (avec beaucoup d'humour) : De Caunes s'est incrusté grâce à des effets spéciaux novateurs (rire sarcastique) dans des extraits de films, ce qui rend certaines situations hilarantes comme la réunion dans Des hommes et des dieux. Mais à part cela, presque aucun reportage extérieur (mis à part la journée vachement intéressante – re-rire sarcastiquede François Damiens avant la cérémonie), qui sera assez pathétique dans son discours drôle mais très lourd. Et on atteint les sommets de la bouffonerie quand un vrai-faux tournage d'un western français est réalisé sur le plateau (grand bide de la soirée), sans parler de la célébration (très pompeuse et très pitoyable) du millième César attribué à quelqu'un (ici, le producteur de The Social Network). La cérémonie a été marquée par l'ovation en l'honneur de Olivia de Havilland (présentée comme la doyenne de la cérémonie, applaudie chaleureusement par Jodie Foster et la salle qui s'est levée) et par l'hommage rendu à Claude Chabrol et Bernard Giraudeau. On retiendra au final que le plus drôle (et surtout le plus intéressant), c'était le S.A.V spécial César d'Omar et Fred rempli de bons jeux de mots comme on les aime. Et pour se rapporter une nouvelle fois au Grand Journal de Canal+, on retiendra que l'apparition de Charlotte Lebon (pourtant excellente d'habitude en présentatrice météo) était assez mauvaise pour donner le César de je-ne-sais-plus-qu'elle-catégorie. On se rendra également compte que, pour des raisons de sécurité, les nominées pour la meilleur révélation féminine étaient très éloignées de Roman Polanski et les nominés pour la meilleur révélation masculine se trouvaient à l'opposé de Frédéric Mitterrand (toute allusion serait très mal placée).

Après, ma plus grande satisfaction fut l'attribution du César d'honneur à Quentin Tarantino (qui est juste le réalisateur de mon film préféré), qui, dans un discours plein de passion promettait de garder les pieds sur terre, avant de gueuler (ça en devient presque un gimmick) « Vive le cinéma ! ». Un hommage très fuck/fucking/motherfucker de Antoine de Caunes, et une belle récapitulation de ses meilleurs films (accompagné d'un bel hommage par Diane Krueger et Christoph Waltz), Tarantino a été gâté par la France qu'il adore tant, et c'était amplement mérité d'avoir une standing-ovation (moins conséquente que celle de Roman Polanski, je vous l'accorde). Pour ce qui est des autres récompenses, j'avais fait mes paris, et il se trouve que sur 21 récompenses, il y en a 13 que j'avais deviné (ce qui montre que même si on trouve qu'ils ont des goûts très étranges, on se rend compte que tout est très prévisible). Forestier qui ne parle que de sa culotte fétiche et de sa pseudo-virginité (qu'on a vraiment du mal à avaler) était presque insupportable. Et je ne vous parle pas de l'émotion dans la salle après que Leïla Bekhti ait reçu le César de la révélation féminine. Obligée de tenir sa longue robe (qui a faillit lui valoir une chute dans les escaliers) qui lui découvrait les seins, incapable d'aligner deux mots à la suite, toute tremblante, la voix perturbée par un hoquet provoqué par la surprise, émue en voyant sa copine Géraldine Nakache en pleures, elle nous aurait presque fait chialer (non, je rigole). Grosse déception en revanche, pour Valérie Bonneton qui avait enflammée la télévision dans la série Fais pas ci, fais pas ça et fait rire la France dans son rôle des Petits mouchoirs, elle repart bredouille, tout comme le film de Guillaume Canet (faut pas trop récompenser les films qui réussissent en salles). Le discours à la fois émouvant et drôle (une belle anecdote en prime) de Michael Lonsdale nous a rappelé son fabuleux rôle dans le film de Xavier Beauvois (qui, après avoir reçu la récompense ultime, ne s'est pas gêné pour allumer l'UMP comme il se doit). Polanski est le grand vainqueur de la soirée (troisième César du meilleur réalisateur et 4 récompenses pour son film).

Au final, on ne reteindra pas grand chose de cette 36ème Cérémonie des Césars. Juste que je ne me suis pas ennuyé, mais que j'ai trouvé que le cinéma français en avait pris un coup, comme si le divertissement proposé n'était pas à la hauteur de ce qu'on peut espérer. Sans vouloir crier au scandale comme beaucoup d'autres, je constate par contre qu'il manque quelque chose à cette cérémonie. L'humour est là, les récompenses sont assez juste (enfin, pas toutes), mais ce qui est proposé n'est pas vraiment très croustillant. On pourra garder avec nous les quelques trucs marrants (Pascal Elbé et Antoine de Caunes qui font un petit sketch assez sympa ou encore Jean-Paul Rouve qui a ramené sa mère sur le plateau). Mais même si je trouve que c'est très pompeux et que ça traîne en longueur, j'ai passé un moment agréable, sans laisser de côté les (trop) nombreuses difficultés des animateurs à nous faire vivre cette cérémonie. Ce n'est pas l'assassinat des Césars, mais pas loin...

Pour en savoir plus, consultez le palmarès de la 36ème Cérémonie des Césars.

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copa738 27/02/2011 10:34

@ Ben : C'est vrai que ça en apprend un peu sur les modes de tournages, mais j'ai trouvé ça lent et assez chiant.

@ Neil : De plus en plus de politique, certes. Mais ils ne vont jamais vraiment au bout de leurs idées (à part Beauvois qui s'est pas gêné). C'est bizarre, parce que Forestier, j'étais sûr que ça allait être elle. Parce que ça se jouait entre Deneuve et Forestier, et que j'avais vite compris qu'ils voulaient pas la filer à l'actrice de "Potiche" (qui est un film que je n'ai pas trop aimé). En acteur, j'aurai bien voulu Gilles Lellouche pour "A bout portant", le grand oublié de cette cérémonie avec "Crime d'amour".

neil 26/02/2011 22:47

La cérémonie d'hier était à l'image des autres je trouve. Je note qu'on y parle de plus en plus de politique. Sinon pour le palmarès je suis d'accord avec toi pour Valérie Bonneton, même si Les petits mouchoirs ne méritaient pas selon moi d'avoir une récompense (et qu'Anne Alvaro est excellente). Le reste était prévisible, à part le prix de Forestier, qui m'a fait plaisir car j'aime beaucoup Le nom des gens.

Ben 26/02/2011 12:24

Euh le western français j'ai trouvé ça pas mal, parce qu'il montre une scène avec tout les techniciens visibles, c'est une sorte de TP sur le cinéma, j'ai trouvé ça sympa, même si ça a fait un bide...

copa738 26/02/2011 11:36

François Damiens, son petit discours pour introduire une récompense m'a fait rire, masi je l'ai trouvé très lourd (même si je respecte beaucoup l'acteur qu'il est, il me fait penser à Dominique Pinon). Sinon, j'ai beaucoup apprécié le discours de Xavier Beauvois (il en a mis plein la gueule à Zemmour et au gouverment).
Quant à De Caunes, j'ai senti qu'il avait envie de faire des allusions au passé de Mitterrand (quelque part en Asie, si tu vois ce que je veux dire). Il bottait des fois un peu en touche, mais j'aime beaucoup son humour.
Mais sérieusement, t'en a pensé quoi du "western français". J'ai trouvé que c'était très ridicule, hors-sujet et pitoyable !
Je vais voir les Oscars, on verra ce que c'est à côté des Césars...

Ben 26/02/2011 11:27

Cérémonie sauvé par François Damiens, le phénomène, je l'adore ce gars !
Après belle surprise pour la meilleure actrice, rayonnante !
De Caunes a été plutôt pas mal, mais c'était comme d'hab un peu lourd, même si je m'attendais à pire, bien pire.

Au fait, pour True Grit, difficile à dire, mais ça vaut pas le coup ;)

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