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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


La Chevauchée fantastique (John Ford)

Publié le 11 Août 2010, 08:32am

Catégories : #Films (Western)

 

Synopsis : La diligence est le lieu de rencontre de neuf personnes qui font route, en Arizona, sur une piste menacée par les Indiens de Geronimo. Dallas, une prostituée, est chassée de la ville, tout comme Josiah Boone, un vieux médecin alcoolique. Mrs Mallory, enceinte, va rejoindre son mari, un officier, tandis que Hatfield, un joueur, décide de l'accompagner par galanterie. Gatewood, le banquier, s'enfuit avec l'or déposé chez lui. Mr Peacok, qui place du whisky dans les saloons, regagne sa famille à Kansas City. Curly Wilcox, le shérif, accompagne le conducteur Buck, sur cette route dangereuse. A la sortie de la ville, ils prennent un autre passager, Ringo Kid, qui souhaite exécuter les trois frères Plummer, assassins de son père et de son frère. Toutes ces personnes font le difficile apprentissage de la cohabitation dans un espace clos. Le voyage se poursuit dans une atmosphère de plus en plus tendue.

Copa is back ! De retour de Croatie où les vacances n'auraient pas pu être meilleures, copa738 revient à ses chers habitudes cinéphiles et bloguistiques. La marque des tongs aux pieds, des résidus d'eau de mers et de sable fin dans les oreilles, des souvenirs pleins les poches et pleins les mirettes, je retourne en force en France où il est décidément plus facile de se faire comprendre des marchands de glaces. Alors là je ne sais plus quoi dire. Après trois semaines d'absences, j'ai pu remarquer que plus de 6 milles visiteurs ont pu voir mon blog durant tout mon voyage et je les remercie, tout comme les quelques 56 000 visiteurs égarés ou attentifs à mes œuvres textuelles. Autant dire que ça fait plaisir de savoir que des gens visitent mon blog alors que je suis de l'autre côté de l'Europe. Alors j'oublie tout, le soleil, la plage et je me concentre. Il est temps de relancer ce blog après 3 semaines d'absences et de silences. M'ébouriffant les cheveux, me rongeant les ongles jusqu'au sang, je ne trouve pas. Rien à se mettre sous la dent si ce n'est le dernier film que j'ai vu avant de partir. Un très bon film qui m'a beaucoup plus lors de son énième( re)(re)(re)(re)(re)diffusion sur Arte. Et pourquoi pas ? Allez, et puisque je n'ai pas d'autres choix, je me lance.

Western adulé, œuvre considérée comme l'une des plus réussites de son réalisateur, La Chevauchée fantastique est un bon vieux film qui ne se repose pas uniquement sur le suspense. Il traite aussi d'une étude approfondie et hautement élaborée des individualités de l'époque. Qui aurait pu croire que l'un des westerns les plus cités des cinéphiles n'était à la base qu'une série B où Indiens et Américains se disputent et où divers personnages se côtoient dans une diligence ? Personne d'autant plus que John Wayne était à l'époque un débutant maudit dont chaque film fut un échec. Le dernier film de John Ford (premier western depuis près de 20 ans) était donc une ultime chance de pouvoir briller dans le milieu du cinéma.

Doté d'un noir et blanc aveuglant, de trucages astucieux et de décors en studios dissimulés, La Chevauchée fantastique se révèle être un film d'une très haute qualité visuelle. Près d'une heure et demie d'aventures, de tribulations diverses, de rebondissements perpétuels. On suit avec plaisir et envie ces actions haletantes. On s'identifie aux personnages qui incarnent tous avec brio des gens ayant chacun des personnalités différentes.

On a un cocher glouton, amoureux de ses chevaux (et de sa femme aussi), qui raconte sa vie sans écouter les paroles des autres; c'est un homme drôle, attachant, amusant. On a aussi un représentant en whisky (mon personnage préféré) plutôt nerveux, ses expressions faciales et son langage corporel en disent long sur sa personne (il est timide et un peu naïf); on apprendra plus tard que c'est un homme dévoué, courageux et honnête (comme je pourrai parler de ce protagoniste pendant des heures, je m'arrête là pour Mr Haddock ? Mr Hancock ? Mr Peacock ?). On a ensuite une jeune femme blonde très charmante, elle cache un terrible secret dont seul nous et Ringo ignorent l'existence (de ce fait, elle est rejetée de la population). Elle aime un homme brave, beau, majestueux, puissant, fougueux, intrépide, courageux : Ringo Kid (John Wayne dans l'un de ses premiers rôles, pour vous les femmes) qui se fait arrêter par la diligence alors qu'il s'était évadé pour venger sa famille des frères Plummer. Il est pris la main dans le sac par le deuxième cocher qui n'est en fait qu'un simple «flic». Ce fameux policier possède la personnalité la moins forte du groupe de neuf, il est sobre dans ses paroles, fier de sa personne et serviable. Avec eux, il y a ce docteur alcoolique (bannit aussi pour ces nombreux et divers états d'ivresse) qui paraît (en apparences) incompétent. Mais les évènements du film révèleront et dévoileront un autre homme (un garçon qui sait faire la part des choses, qui sait oublier ne serai-ce que quelques heures son addiction aux boissons illicites). Nous avons aussi un jeune gentleman adepte des jeux de cartes et du business (incarné par John Carradine, le père de David) prêt à se sacrifier pour que la femme qu'il a aimé dès le premier regard (the magic coup-de-foudre non-consentant) se sente à son aise dans cette diligence qui se remplit de jours en jours. Cette dame est une jolie brune, mariée à un «militaire» qu'elle tente de rejoindre par tous moyens. Et pour finir, voici le dernier larron des « Neufs Mercenaires », un homme vieillissant, jamais content, voulant toujours déclencher un scandale pour n'importe quoi. C'est le plus discret mais il tient aussi un statut de patron au sein du groupe.

C'est à travers tous ces personnages, cette traversée des déserts arides, ce dernier combat trépidant contre les Apaches (qui pointent enfin le bout de leur nez après plus d'une heure de craintes et de méfiances) que l'histoire s'organise. On en apprends beaucoup sur les protagonistes, on prend part des caractères contrastés des gens de l'époque. On suit d'un regard malicieux ces portraits caricaturaux des pauvres fermiers mexicains et des vielles biquettes de la bourgeoisie. On ne regrette pas ce final téléphoné mais tellement romantique (suite à un combat final où Ringo règle de vieux comptes sous les yeux effrayés des habitants du coin) qui a au moins le mérite de le pas s'enliser dans des tonnes de guimauve et de ne pas se noyer dans des hectolitres d'eau de rose.

En résumé, ce chef d'œuvre de John Ford restera à jamais gravé dans les mémoires, il brille par sa fluidité, ses dialogues et ses acteurs, à deux doigts d'être un film parfait.

Ma note : 9/10



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