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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Cloud Atlas (Lana et Andy Wachowski, Tom Tykwer)

Publié par copa738 sur 7 Avril 2013, 20:35pm

Catégories : #Films (Science-Fiction)

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Synopsis : À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.

Rêve éveillé, film à grand spectacle nouvelle génération, space opera démesuré, Cloud Atlas est peut-être le film de l'année, de la décennie, et est pour certains l’œuvre déjà culte dont on reparlera encore dans 30 ans. Fascinant, déroutant, divertissant, un milliard d'adjectifs et de superlatifs en tous genres peuvent décrire cette formidable fresque des temps modernes, adaptée pourtant d'un roman qualifié d'inadaptable. On mettra sûrement de longues semaines à se remettre pleinement de nos émotions : les yeux humides, le cœur qui s'emballe, on peine à réaliser ce qui vient de se dérouler devant nos yeux grands ouverts, et l'idée qu'une page de l'histoire du cinéma vient de se tourner, naît, en toute logique.

Cloud Atlas est déjà, avant d'être le chef d’œuvre que nous connaissons désormais, un projet que l'on pourrait qualifier de monstrueux. Le budget s'élève à plus de cent millions de dollars, et le synopsis fait rêver. Rien que le fait d'imaginer un film composé de 6 histoires à 6 époques différentes, un casting de rêve avec Tom Hanks, Halle Berry, Hugo Weaving, Hugh Grant, Susan Sarandon, Tom Tykwer, et d'autres, jouant chacun plusieurs rôles (Weaving joue même le rôle d'une femme, et Halle Berry une allemande juive), le tout avec une portée philosophique très marquée (la réincarnation, la révolte, l'effet papillon), et brassé dans un montage qui donne franchement la chair de poule. C'est étincelant du début à la fin, chacune des histoires proposées s'installe dans nos têtes, et le fait de les faire suivre par petits bouts évite une certaine lassitude de la part des spectateurs. On passe du rire (les séquences avec Tim Cavendish sont hilarantes) aux larmes (l'horrible histoire de Robert Frobisher), en un rien de temps grâce au montage du film. On ressent également la patte des réalisateurs, ce qui donne une œuvre très personnelle malgré une forte ambition de divertir.

 

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De manière générale, il est très difficile de s'ennuyer, et de ne pas prendre son pied devant cette aventure, où tout est mêlé, où tout à un sens et une vraie réflexion (on est loin du scénario bateau et bâclé du pourtant très beau Avatar), tout en prenant le soin d'être irréprochable au niveau visuel (les scènes d'époque sont d'une rare beauté, les séquences de SF sont à couper le souffle). Et que dire de cette musique ? Faisant naître à chaque instant forçant l'émotion (on est secoué dans tous les sens pendant près de trois heures de film), un frisson dont on devient vite dépendant, cette mélodie trotte encore dans nos têtes à chaque moment où notre esprit se replonge dans ce jouissif calvaire qu'est Cloud Atlas, intimidant dans son idée, dans sa durée. Même si le projet est casse-gueule et que le film est peu distribué, le voir est tout simplement une aubaine, une chance incroyable qui ferait presque naître des croyances (le film porte aussi ses réflexions sur la religion, la vie, la mort, l'importance de l'individu dans le monde, et son impact dans le passé, le présent et le futur).

On pourrait continuer à parler des heures de Cloud Atlas, prendre le temps d'analyser chaque histoire. Contrairement à de nombreux films scindés en plusieurs histoires distinctes (même si, comme dans The Place beyond the Pines, tout est lié), le film des Wachowski et de Tykwer s'analyse en un seul bloc, même si le lien entre chaque histoire est concentré sur quelques détails : un bouton de manchette, une tâche de naissance, des mémoires qui traversent les siècles comme le carnet de voyage d'Adam ou la composition musicale de Robert. On ne pourra tout simplement trouver aucune faille à cet OCNI qui semble traverser son temps. A l''image de 2001 dont les réalisateurs disent s'être beaucoup inspiré, il y aura bel et bien un avant et un après Cloud Atlas. Ce n'est pas de l’exagération. Il faut juste prendre conscience du travail fourni, et du talent devant et derrière la caméra, l'envergure d'un tel projet et la propreté de son résultat. Pour un essai culotté, on dira que la tâche est plus que remplie. La question qui se pose maintenant est la suivante : Prendrons-nous le risque de revoir Cloud Atlas ? Cela confirmera-t-il notre première impression de chef d’œuvre (déjà) intemporel, ou cela nous fera-t-il descendre de notre petit ''nuage'' ?

En résumé, accrochez-vous et laissez-vous bercer par cette fantastique épopée moderne, on pari que vous en parlerez encore dans dix ans.

5 e¦ütoiles

Commenter cet article

Jake 17/07/2013 18:09

Ce film est un monument du cinéma, d'une perspicacité, d'une intelligence rare et cette impression persistante qu'il nous laisse après la projection ... d'avoir assisté à bien plus qu'un simple film.

selenie 09/04/2013 17:45

Dense et lyrique c'est effectivement un bon film mais je n'irais pas jusqu'au niveau que tu lui donne. Je pense que dans 10 ans il ne sera pas des musts de la décennie. La fin manque de panache et
le maquillage prête franchement à sourire, un comble pour une telle production... 3/4

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