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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


La Colline a des yeux (Alexandre Aja)

Publié le 2 Décembre 2010, 19:40pm

Catégories : #Films (Horreur)

 

Synopsis : Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter, un ancien policier de Cleveland, et sa femme Ethel ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Big Bob est sûr que faire la route tous ensemble les aidera à resserrer des liens familiaux un peu distendus. Même si tout le monde vient, personne n'est vraiment ravi d'être là. Lynn, la fille aînée, s'inquiète du confort de son bébé. Son mari, Doug, redoute de passer trop de temps près de son beau-père. La jeune Brenda regrette de ne pas être allée faire la fête à Cancun avec ses amis. Et Bobby ne s'intéresse qu'aux deux chiens de la famille. Une route désertique va conduire les Carter vers le pire des cauchemars...

Des déserts poussiéreux et sauvages d'une portion d'Amérique dévastée par des déchets radioactifs, Alexandre Aja construit une tension, une ambiance glauque malsaine pour créer un film d'horreur unique. Aja réussi partout où Piranha 3D échouera lamentablement, il instaure son univers, son épouvante et son gore qu'il affectionne tant.

Quelle belle surprise que de voir ce fameux La Colline a des yeux dépasse tous les méchantes critiques diverses en rapport avec le talent du réalisateur de Haute Tension. Un peu d'humour (certes, glauque mais assez hilarant quand on prend du recul), de sang, de frissons et nous voilà plongé dans cette histoire qui va part à toute vitesse sans se préoccuper de savoir si les spectateurs suivent ou non. Fort heureusement, ils suivent et n'en manquent pas une miette. Et ce serait vraiment dommage de manquer l'occasion de voir ce film, remake innovant du film culte du même nom, réalisé trente ans auparavant par un certain Wes Craven.

Le film s'organise sur une première partie tendue (peur de l'inconnue), très sombre et qui provoque sursauts et frissons (avec hérissage de poils en supplément). Puis vient cette longue deuxième partie, c'est à dire à partir du moment où les ''monstres'' sont montrés à l'écran. Et il faut bien avouer qu'ils sont vraiment ignobles ces gens-là. Et en plus de cela, ils faut qu'ils soient résistants (deux ou trois balles de fusil, pas de quoi les arrêter), cannibales, intelligents et machiavéliques. Mais malgré un ou deux faux raccord, passages un peu trop bien ficelés, on prend un malin plaisir à voir cette bande de péquenauds défigurés qui martyrisent une famille qui n'avait rien demandé à personne. Grâce à la façon dont Aja filme les évènements, le plaisir est multiplié par deux, par dix, par mille.

Avec de très beaux plans, une photographie intéressante, une intrigue simple mais assez palpitante pour donner envie de voir le numéro 2 (cette envie est surtout provoquée par ce twist ending particulièrement prenant) et un gore qu'il maitrise parfaitement, le metteur en scène est dans son élément, et ça se voit. La vulgarité qui sera présente dans Piranha 3D n'est pas ici, on est plutôt dans la finesse de l'expression, du sang qui sert plus d'élément graphique, voir de décor au film et des effets visuels beaucoup moins nauséeux que dans son dernier film.

Après, il y a peu d'imperfections. On ne va pas trop loin dans l'insoutenable, contrairement à l'autre film que je vous cite depuis tout à l'heure. Il y a du sang sur les murs, des pustules, des perroquets boulotés vivants, des doigts coupés, des chiens carnivores et des personnages à la base inoffensifs qui deviennent en quelques heures de véritables tueurs, du pu qui sort de partout, mais le tout reste minime, puisque les déformations (même si, il est fort possible que ce genre de personnes existent) des méchants sont tellement flagrantes que ça en devient peu crédible. Mais dès cet instant, tous les coups sont permis, et vous comprenez bien qu'il aurait été regrettable de s'en priver.

Donc c'est sûr, on est peu épargnés au niveau de l'horreur. Mais les scènes de tensions sont tellement éprouvantes (chair de poule, tremblements, enfin, vous voyez) que l'on préfèrerai presque voir du gore, pour décompresser. Et ça, Aja l'a compris, et il s'en sert et peaufine son horreur sanglante pour donner un résultat franchement réussit.

En résumé, du sang, des frissons, des tripes et de la torture, The Hills have eyes est une pure réussite qui fait largement remonter Aja dans mon estime ; une surprise, d'autant plus que le film s'avère être bon en tous points : chapeau Mr Aja.

Ma note : 9/10



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Jérémy 18/12/2010 00:31

Blog très agréable à lire :) .

J'adore ce film aussi, je te rejoins logiquement dans les qualités que tu cites.
Je me permet de réagir sur 'Piranhas 3D', dont les allusions ont tout l'air de dévoiler que tu ne l'aimes pas du tout !
C'est certain que ça n'a rien à voir avec 'La Colline a des yeux' ou son excellent premier film 'Haute tension', mais je trouve quand même qu'on retrouve encore un plaisir de cinéma quasi palpable chez Aja, ici en jouant carrément sur le teen-movie entre comédie, sexe et gore. Et moi ça m'a plutôt éclaté ;) .

copa738 11/12/2010 18:36

Faux raccords : personnelement maintenant je m'en souviens plus mais je crois que j'en ai vu un ou deux.
Pour les moment bien ficelés, je pense ou mec barbu qui s'en sort alors qu'il se fait poursuivre par un sanguin qui a une hache (et qui détourne son attention alors qu'il devait l'acherver : ce qui amène à la fameuse scène du tournevis) et aussi quand à la fin, il a encore la force de récupérer sa fille et de la sortir des griffes du boogeyman qui l'a tabassé avant.
Il y a aussi le mec qui survit à l'explosion à la fin. Mais ce ne sont pas des moments flagrants, et ça ne change rien pour ce qui est de l'estime que j'ai eu pour ce film.

Ah oui, ça me revient pour un faux raccord : le chien qui retourne au camp à la fin alors qu'on ne l'avait pas depuis le moment (spoiler) où il zigouille le patriarche pustuleux (quadruple menton).

"La dernière maison sur la gauche" ? J'irai sûrement voir l'original avant. Et "Eden Lake" ce n'est pas le film d'horreur qui m'intéresse le plus, mais j'essaierai de le voir dans l'année (2011 bien sur ^^).
Tu as vu "Machete" ?

pinksataniste 11/12/2010 13:25

Je te rejoins naturellement, mais quelques nuances. Le film n'est effectivement pas "insoutenable", mais il passe par toutes sortes de paliers, c'est un véritable patchwork, un panorama des émotions qu'un "film d'horreur" peut déclencher. Il y a l'exotisme, la critique politique, l'ambiguité morale, l'instinct du survivant, la solitude, les monstrueux inconnus, l'incertitude, l'ordre commun totalement brisé... C'est un chef-d'oeuvre et, "politiquement", le film de genre de la décennie.

Je ne sais pas si tu as vu Haute Tension, c'est "vraiment" LE survival rêvé. A un ou deux défauts près, là encore (quelque chose gâche presque l'essentiel, mais je n'en dis pas plus pour ne rien SPOILER).

Des "faux raccord" et des passages "trop bien ficelés" ? Je ne me rappelle pas, mais cite, tu n'as sans doute pas tort. Esthétiquement, ça reste un choc. De A à Z.

Je te recommande aussi, mais je suis peut-être en retard, un autre remake de Craven (encore "supervisé" - mais, encore, de loin) : LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE. Nouveau choc ! A vrai dire, les deux chocs "éthiques" du genre sur ces dernières années (regarde aussi EDEN LAKE, tu vas adorer).

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