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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique Express n°10

Publié par copa738 sur 7 Août 2012, 09:39am

Catégories : #Critiques express

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Bronson (Nicolas Winding Refn) - 2009

Synopsis : 1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux: rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpellé, il est d'abord condamné à 7 ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en isolement cellulaire. La métamorphose de Mickey Peterson en Charles Bronson, devenu le détenu le plus dangereux d'Angleterre.

Réalisé avec le cœur, le cerveau, les tripes, et les mains, Bronson est un film maitrisé du début à la fin, avec un talent fou devant et derrière la caméra. Refn filme la violence avec autant de grâce et de poésie que Kubrick dans Orange Mécanique (on a souvent comparé les deux films) et n'oublie pas d'y instaurer un climat si particulier, si changeant qu'on ne sait pas vraiment où se mettre (Tom Hardy qui passe d'un éclat de rire à un air sérieux en moins d'une seconde). N'oublions pas l'humour (noir) qui domine le film, à commencer par des scènes irréalistes (le braquage de la bijouterie est à mourir de rire), sans oublier cette narration très étrange en forme de one-man-show (on se permettra de citer la scène hilarante où Tom Hardy reproduit sur scène un dialogue entre lui et une infirmière). N'oublions pas aussi cette bizarrerie qui peuple chaque séquence du film, de la prise d'otage d'un prof d'art plastique à la vie au sein d'un institut psychiatrique. N'oublions pas non plus la réalisation de NWR (la tentative d'assassinat dans l'hôpital psychiatrique est tout simplement magnifique), n'oublions pas, enfin, la musique, la beauté des couleurs, le scénario qui ne laisse aucune place à l'ennuie, les différentes ambiances du film, les références artistiques (musique classique, peinture) et la magnifique performance de Tom Hardy.

5 e¦ütoiles

 

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Sanctum (Alister Grierson) - 2011

Synopsis : Plongeur expert, Frank McGuire se lance dans l’exploration à haut risque des grottes immergées d’Esa’ala, dans le Pacifique sud. Il emmène avec lui entre autres son fils de dix-sept ans, Josh, et le milliardaire Carl Hurley, qui finance l’expédition. L’équipe s’engage dans le plus vaste, le plus mystérieux et le plus inaccessible des réseaux de grottes du monde. Lorsqu’une tempête tropicale s’abat sur la zone, ils sont obligés de s’enfoncer dans le labyrinthe sous-marin pour lui échapper. Désormais perdus dans un décor incroyable, ils doivent absolument trouver une issue avant qu’il ne soit trop tard. Ce monde inconnu ne leur pardonnera aucune erreur…

Aussitôt vu, aussitôt oublié. On pourrait s'arrêter là pour critiquer Sanctum. Et pourtant, le film n'est pas si mauvais, mais il est tellement téléphoné, tellement tire-larme et exagéré (les personnages se compliquent la vie pour survivre), tellement déjà-vu, que la magie n'opère qu'à moitié. Bon, on pourrait y trouver de bonnes choses : les beaux décors, des acteurs pas nuls, une histoire originale (pour une fois que ça se passe dans l'eau et qu'il n'y a ni crocodiles, ni requins) et on va dire qu'on adhère plus ou moins au climat (quelques pics d'adrénaline, des sursauts, des frissons). Sanctum parvient, malgré une étiquette ''série B'' qui semble être collée partout dans les décors, à nous faire passer un moment sans s'ennuyer, malgré des aberrations fréquentes (le coup du mec qui perd la boule et veut tuer tout le monde à la fin c'était vraiment gonflé).

2 e¦ütoiles et demi

 

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Délivrance (John Boorman) - 1972

Synopsis : Quatre Américains de classe moyenne, Ed Gentry, Lewis Medlock, Bobby Trippe et Drew Ballinger décident de consacrer leur week-end à la descente en canoë d'une impétueuse rivière située au nord de la Géorgie. Ils envisagent cette expédition comme un dernier hommage à une nature sauvage et condamnée par la construction d'un futur barrage. Mais les dangers qu'ils affronteront ne proviendront pas uniquement des flots tumultueux de la rivière...

Sorti il y a tout juste 40 ans, Délivrance est considéré comme l'un des touts premiers rape & revenge de l'histoire du cinéma. Et ça peut être un avantage, comme ça peut être un inconvénient. Oui car, malgré une prise de risque majeure, et la prise de conscience (de nous, spectateurs) que réaliser un film de ce genre à cette époque tient de l'exploit, on a l'embêtante impression que les acteurs ne savent pas trop comment jouer, et c'est terrible... Un nouveau sous-genre implique bons nombres de codes, codes qui n'étaient hélas pas connus des acteurs. Ils ne savent pas comment réagir, si bien qu'on ne voit en eux, ni la détresse, ni la colère, ni quelconque sentiment. Un fossé se creuse donc entre nous et eux (pas de bras pas de chocolat, pas de Red Bull pas d'ailes, et enfin : pas d' émotions pas de rapprochement avec le public). Malgré la déception de la direction d'acteurs (que je jugerai – oui, quand je critique négativement un pilier du cinéma, je parle à la première personne – carrément de catastrophique), on retiendra la scène du viol, sommet du film (qui met très mal à l'aise), et la séquence très belle où l'américain civilisé fait un duo improvisé de guitare avec un jeune péquenaud du coin. 2 e¦ütoiles et demi

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Christophe 26/10/2012 17:26

Je ne suis pas un fanatique de Délivrance. Je veux dire, je ne me ferais pas crucifier pour le défendre, pourtant, je te trouve injuste, même si tes arguments ont leur cohérence et que tu as le
mérite de défendre une position marginale. Pour moi, ce n'est pas parce que le film a initié un genre qu'avec le recul, il peut paraître vieilli. Dans ce cas, toute la peinture précédent
l'invention de la perspective par Masaccio (entre autres) doit être considérée comme techniquement sans intérêt. Le jeu des acteurs ici n'est pas dû, je pense, à une méconnaissance des codes du
genre. Il est seulement le reflet de son époque. Le jeu des acteurs évolue avec le temps, comme la technique. Et puis, à force de trop maîtriser des codes, les acteurs ne deviennent-il pas trop
stéréotypés ? Bon, je m'arrête là, trop crevé pour avoir un discours compréhensible... Sanctum ne vaut que pour la 3D de Cameron. Le reste est sans intérêt. Bronson, pas mal, notamment la scène
dans l'asile, mais ce n'est pas mon préféré de NWR. Le guerrier silencieux est sans doute sont plus puissant...

Bob Morane 25/08/2012 09:08

Je n'ai jamais réussi à aller jusqu'au bout de Bronson alors que je pense qu'il doit être intéressant à suivre. Faudra que je retente.
Sanctum, j'aibien aimé mais en effet vite oublié
Le dernier, un chef d'oeuvre !

Chippily 11/08/2012 14:28

Ah, j'imagine que toi aussi tu as découvert "Délivrance" récemment à la TV ;) (sur Arte ? J'ai un doute...). Pareil que Mymp : pas l'impression que les acteurs soient si mauvais, mais bon, après,
chacun son avis sur la question ;) Je crois que tu as parlé des deux choses les plus marquantes du film : le viol et le morceau de banjo. Un film prenant en tout cas !

mymp 07/08/2012 12:43

Ha ha ha ! Toi aussi tu as succombé à NWR ! Content de voir que Bronson t'a scotché, il te reste maintenant à regarder la trilogie Pusher et surtout Valhalla rising, THE choc. Attention, c'est
vraiment une oeuvre à part, contemplative et violente à la fois (à regarder tard la nuit, dans le noir complet et le son à fond) que tu pourras trouver chiante (il ne s'y passe pas grand-chose, ça
joue surtout sur l'ambiance et le ressenti primaire).

Pour Delivrance, je l'ai vu jeune, ça m'avait marqué bien sûr (Internet ne permettait pas encore de voir des trucs de dingues qui, du coup, affaiblissent la portée traumatique de ce genre de
films), mais je ne me rappelle pas que les acteurs étaient si mauvais que ça. Faudra que je le revoie à l'occasion.

copa738 07/08/2012 13:16



Valhalla Rising m'attire moins que la trilogie Pusher, mais je m'efforcerai de les voir tous les 4 ;)


Pour Délivrance, attention, je n'ai pas dit que les acteurs sont mauvais (ils sont très bons au début du film, jusqu'à la scène de viol). Après cette fameuse scène, on a tout simplement
l'impression qu'ils ne savent pas comment faire pour paraitre crédible dans leur situation (on dirait qu'ils n'ont jamais été violé de leur vie ! c'est dingue non ? :p). C'est comme si tu faisais
courir Bolt au 1500m : tu constaterais que c'est un super athlète, mais tu verrais aussi que c'est pas du tout son terrain de jeu préféré ;)



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