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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique express n°6

Publié par copa738 sur 9 Avril 2012, 20:08pm

Catégories : #Critiques express

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La Nuit du Chasseur (Charles Laughton) - 1965

Synopsis : Un prêcheur inquiétant poursuit dans l'Amérique rurale deux enfants dont le père vient d'être condamné pour vol et meurtre. Avant son incarcération, le père leur avait confié dix milles dollars, dont ils doivent révéler l'existence à personne. Pourchassés sans pitié par ce pasteur psychopathe et abandonnés à eux-mêmes, les enfants se lancent sur les routes.

Sorte de version américaine dramatique et malsaine de Tartuffe, pièce de Molière, La Nuit du Chasseur est avant tout un grand classique du cinéma, aussi pur dans la réalisation que brillant dans le scénario. L'histoire de ce faux religieux qui ronge toute une famille sur la durée est un exercice risqué mais au final habile, qui plonge le spectateur dans l'horreur, mais l'horreur interne, l'horreur psychologique, bien plus horrible que l'horreur physique. Sans non-plus sortir de l'ordinaire, le film de Laughton mérite amplement son statut de chef d'œuvre, d'une pour la splendide performance de Mitchum, possédé par son rôle, de deux pour les rôles secondaires, tous très bien imaginés, de trois pour les éléments visuels, d'un montage inventifs à une réalisation inspirée, en passant par un splendide noir et blanc. Tous ces éléments mis ensembles donne un résultat stupéfiant, et malgré une fin un peu molle, le spectateur est comblé, et prend rapidement conscience qu'il vient d'assister à un grand film.

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Sparrow (Johnnie To) - 2008

Synopsis : A Hong Kong, un Sparrow est un pickpocket. Kei est le plus habile de tous. Entre deux vols de portefeuilles avec les membres de son gang, il aime arpenter la ville à vélo, et prendre des photos. Un jour, une femme ravissante, Chun Lei apparaît dans son viseur. Il est ensorcelé. Chaque membre du gang va tomber sous le charme de cette femme qui ne les a pas croisés par hasard. Elle veut que les pickpockets dérobent pour son compte quelque chose de très précieux...

Au pays de Johnnie To, les oiseaux sont encore moins bien faits que ceux d'Hitchcock, et ça, même si 50 ans sépare les deux films. Au pays de Johnnie To, les pickpockets de Hong Kong s'affrontent sous la pluie, en faisant tourner les parapluies sous une musique classique mi-dramatique, mi-comique. Chez Johnnie To, l'équipe du tournage s'amuse, mais pas les spectateurs, un peu confus en regardant cette entité sans nom, sans goût, ni aucun mot pour la décrire. Dans un film où l'incompréhension prend la place de l'amusement, le temps passe très lentement et le public s'emmerde. On n'a pas vraiment l'impression qu'on ai poussé très loin dans le scénario, sans parler de cette réalisation dont on ne sait si elle est trop kitsch ou trop laide. C'est très simple : regarder Sparrow, c'est accepter le fait de ne rien comprendre, autant dans le déroulé de l'histoire que dans les motivations du réalisateur. Ce qu'on comprend très vite, cependant, c'est que Sparrow est un très mauvais film...0-e-toile-et-demi.jpg

 

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The Human Centipede (Tom Six) – 2009

Synopsis : Une nuit, deux jeunes américaines en voyage à travers l’Europe, tombent en panne en plein milieu d’une forêt. Par chance, elles découvrent une maison dans laquelle vit un ancien chirurgien allemand, le docteur Heiter. Ravies d’y trouver refuge, elles sont alors loin d’imaginer qu’elles vont devenir les cobayes d’une expérience chirurgicale inédite : le médecin entend en effet créer un mille-pattes humain en les reliant entre elles par un seul et même tube digestif.

Que les amis de la poésie et les personnes sensibles qui font une nuit blanche après avoir regardé un épisode des Experts, quittent immédiatement la salle ! Ici, nous pénétrons dans l'antre de Tom Six, un réalisateur complètement fou qui a donné, en l'espace d'un film, un coup de vieux terrible à tous les pièges de tous les films de la saga Saw. Oubliez tous les torture-porn de ce début de siècle, ces derniers ont désormais pris la poussière. Oubliez tous les films d'horreur que vous ayez pu voir auparavant. The Human Centipede, ultra censuré, dont on parle partout, signe un grand tournant dans l'histoire de l'horreur. Là où en quelques années, le numérique a permis n'importe quelle lubie gore, possible à l'écran, Tom Six, aidé par une technologie permettant un gore sans limite, se défoule essentiellement au niveau de son scénario : véritable pépite dans le genre. L'histoire est tirée par les cheveux, mais pourtant elle fonctionne. Plus qu'un film d'horreur original, The Human Centipede est également une belle critique détournée de la Shoah, période où de grandes expériences toutes plus atroces les unes des autres, étaient faites sur des prisonniers.

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Alex Torrance 21/04/2012 02:06

Je viens de finir à l'instant A Serbian Film, dont j'attendais beaucoup et, malheureusement, la déception est grande. Pour moi si, comme dit Zogarok, il y a matière à polémiquer, cela n'apporte en
rien un quelconque intérêt à cette violence gratuite. Acteurs mauvais, scénario souvent grotesque... Il n'y a guère que l'esthétique qui puisse remonter un peu le niveau. Pour ma part, 1/5. Je
préfère rester à mes Human Centipede :p D'ailleurs, si beaucoup prétendent que A Serbian Film est choquant, ignoble voire même gerbant, j'ai pourtant trouvé The Human Centipede 2 bien plus
dérangeant.

copa738 12/04/2012 23:11

The Human Centipede divise, mais fait beaucoup parler de lui à ce que je vois :)
Society, j'ai vu quelques images, ça m'a l'air assez délirant, dégueulasse aussi :P
A Serbian Film est pour bientôt, il faut juste que je prenne le temps de digérer l'ignoble Cannibal Holocaust, qui, malgré un niveau très bas, me hante encore...

Zogarok 10/04/2012 18:40

Moi j'ai pas "tripé", sauf au début et aussi, par moments, parce qu'il y a tout de monde un certain charme à ce genre de nanars atones et méchants. A Serbian Film ne joue pas dans la même cour et
il faut reconnaître qu'il y a de la matière avec celui-là, qu'il y a de quoi se pâmer ou polémiquer... Ici, c'est plutôt terne.
Le 2 a l'air plus esthétique, plus étrange sur la forme avec une victime aux yeux globuleux... Affaire à suivre pour ma part, je ne désespère pas, d'ailleurs je n'ai pas nié le potentiel de Human
Centipede à l'époque ou il amusait les bisseux.

Pink, Videodrome, SFG... Mieux vaut s'en tenir à Zogarok surtout que celui-là, c'est le bon, promis, on ne m'y reprendra plus !

mymp 10/04/2012 17:56

Et A Serbian film, monsieur Copa, c’est pour quand donc ?! Bon, 5 étoiles pour The human centipede, je me dis qu’étant fan de films d’horreurs, tu as dû bien kiffer à la vue de ce truc déjanté,
mais sans plus je trouve (d’accord avec Pink, pardon, Zogarok). Le 2 est, effectivement, beaucoup plus radical.

Le film m’a beaucoup plus fait rire que triper, on dirait une sorte de revival cool des films de Stuart Gordon ou Brian Yuzna (si tu n’as pas vu Society, fonce, et va voir ça, c’est juste ÉNORME)
:
http://www.youtube.com/watch?v=hh1rXs_l4EI&feature=relmfu

Zogarok 10/04/2012 16:41

Je suis d'accord avec ce que tu dit, mais sans l'enthousiasme qui va avec. Il y a les ingrédients, les bonnes dispositions, mais ça ne prend pas, parce que le cinéaste colle à son sujet, n'envisage
rien d'autre. Il n'y a pas de surprises en somme.

Cette notoriété auprès d'un public plus "mainstream" est, paradoxalement, le signe d'un échec. Echec artistique, parce que si le film était si ambitieux et si trash, il n'aurait pas une image si
"cool" et passe-partout. Echec aussi pour un certain cinéma "underground" (mais pas trop) justement, dont seuls les maillons les plus rutilants, et pas forcément les plus épatants ou inventifs,
émergent à ce point. Quand un film de ce genre se retrouve sur la page d'accueil de "msn", c'est soit qu'il y a eu révolution, soit que c'est le Paranormal Activity de son genre.

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