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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique Express n°8

Publié par copa738 sur 15 Juin 2012, 10:30am

Catégories : #Critiques express

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Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato) - 1981

Synopsis : Une équipe de journalistes composée de trois hommes et une femme se rend dans la jungle amazonienne à la recherche de vrais cannibales. Bientôt, la troupe ne donne plus aucun signe de vie. Le gouvernement américain décide alors d'envoyer une équipe de secours sur place. Celle-ci retrouve, grâce à une tribu amazonienne, les cassettes vidéos de la première équipe, qui renferme le terrible secret de leur disparition...

Lors de sa sortie, il y a maintenant plus de trente ans, Cannibal Holocaust réveillait en sursaut le monde du cinéma et ses consommateurs : les scènes gores explicites furent sujet à la controverse, à la censure, si bien que le film fût interdit aux moins de 18 ans un peu partout. Selon la légende, des sacs en papier furent distribués à l'entrée de certaines salles, au cas où les spectateurs se mettent à vomir. Il y a donc une vraie angoisse qui nous prend lorsque le titre du film culte de Deodato est prononcé... Regarder ce film, c'est s'exposer à des risques : il y a constamment (surtout dans la deuxième partie du film, bien plus rude que la première) quelque chose d'immonde à montrer, que ce soit le sexe (aucune pudeur, beaucoup de corps nus, des viols), ou le gore (émasculation, décapitations, animaux tués pour les besoins du film). Cannibal Holocaust, c'est donc un film qui peut se vanter de mettre très mal à l'aise, de par la façon explicite d'exprimer l'horreur des clans cannibales, mais qui ne véhicule finalement pas grand chose. Le fond est d'un plat affreux, le rythme lent, l'image mauvaise, et les acteurs à peine convaincants. La musique est angoissante, l'atmosphère pesante, et malgré quelques scènes peu crédibles, le film est tout de même très réaliste. L'OCNI de Ruggero Deodato est donc un film ennuyeux, mais qui a le mérite de nous mettre mal à l'aise (effets gores très réussis, ce qui a fait longtemps penser aux gens que Cannibal Holocaust est un snuff-movie). Et s'il ne fallait garder qu'une seule chose, ce serait la réplique finale du docteur Monroe : « Est-ce qu’il est nécessaire de montrer aux hommes l’enfer pour qu’ils croient un peu en leur bonheur ? », laissant sans voix.

2 étoiles

 

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Pickpocket (Robert Bresson) - 1959

Synopsis : L'itinéraire de Michel, jeune homme solitaire, fasciné par le vol, qu'il élève au niveau d'un art, persuadé que certains êtres d'élite auraient le droit d'échapper aux lois.

En engageant des acteurs amateurs pour donner à son film un aspect plus ''réel'', Bresson, réalisateur français talentueux, fait une énorme erreur : les acteurs sont si mauvais que le film se retrouve dépourvu de toute éventuelle crédibilité. Cela est bien dommage, car l'idée est assez brillante. Le réalisateur filme très bien les scènes de vols, mais s'enlise dans une histoire d'amour tragique qui ne semble coller, ni avec les personnages, ni avec la trame principale. Le coté dramatique du film n'a aucun impact : la monotonie de la voix du personnage principal en fait un robot, si bien qu'on ne s'y attache pas du tout. Certaines séquences sont invraisemblables (Michel s'assoit dans un bar, puis se relève 10 secondes plus tard ; Jeanne qui se referme la porte sur elle-même ; vols de porte-feuilles ou montres infaisables), et les dialogues sont à hurler de rire tellement ils sonnent faux. Il reste cependant une idée de départ originale, une réalisation propre et certaines séquences très bien tournées, et enfin, un aspect culte (le film n'a pas vraiment vieillit).

2 étoiles

 

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La Zona (Rodrigo Pla) - 2008

Synopsis : Mexico. Trois adolescents des quartiers pauvres pénètrent dans l'enceinte de La Zona, une cité résidentielle aisée, entourée de murs et protégée par un service de sécurité privé. Ils s'introduisent dans l'une des maisons, mais le cambriolage tourne mal. Plutôt que de prévenir les autorités, les résidents décident de se faire justice eux-mêmes. Une chasse à l'homme sans pitié commence...

Exploitant les idées très conventionnelles des inégalités, de la corruption, et des relations familiales, La Zona se voit nous offrir un divertissement de haute volée, tous les élément étant rassemblés pour nous offrir un magnifique moment. L'image sombre du film le rend mystérieux, et terriblement attractif : les premières images nous scotchent rapidement, et nous voilas embarqués dans cette aventure, entre trahisons, suspense et violence extrême (attention, la fin joue avec nos nerfs les plus solides). Nous ne savons pas vraiment ce qui est le plus choquant dans La Zona : le fait qu'il est possible que les pauvres et les riches soient séparés par un mur, des miradors, des barbelés électriques et des caméras de surveillance, ou le fait que des médecins, professeurs, cadres (enfin, les messieurs Toutlemonde), soient capables de traquer eux-mêmes un supposé meurtrier. Quoiqu'il en soit, La Zona fait froid dans le dos, et s'avère être l'un des plus grands films de la dernière décennie. Le film survole dans toutes les matières : les acteurs sont excellents, le scénario surprenant, la réalisation est folle et la musique est tendue. Bref, un chef d'œuvre.

5 e¦ütoiles

Commenter cet article

ASBAF 15/06/2012 15:06

La zona, un chef d'oeuvre ? A côté de Dias de gracia, on dirait un épisode des Simpsons.

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