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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique Express n°9

Publié par copa738 sur 21 Juin 2012, 08:58am

Catégories : #Critiques express

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La Religieuse (Jacques Rivette) - 1966

Synopsis : Au XVIIIe siècle, Suzanne Simonin est cloîtrée contre son gré dans un couvent. Elle trouve un peu de réconfort auprès de la Mère supérieure, mais celle-ci meurt peu après, et est remplacée par une femme sadique qui ne cesse de brimer Suzanne. La jeune femme obtient l'autorisation de changer de couvent, mais reste toujours aussi déterminée à sortir.

Interdit aux mineurs lors de sa sortie, La Religieuse, adaptation du célèbre ouvrage de Diderot, n'a rien de vraiment choquant, si ce n'est d'implicitement traiter de l'homosexualité féminine et de faire passer un message antichrist. Pourtant doté de décors dont chaque plan comporte un élément rappelant la religion, le film montre la dureté de la vie d'un couvent, les horribles conséquences de la peur du diable, bref, la religion catholique est étrangement critiquée. Pour ce qui est du film lui-même, il est mal joué, très lent, un peu comme tous les films religieux (même l'excellent et récent Des hommes et des dieux traine parfois en longueurs). Rien de bien croustillant à se mettre sous la dent, les scènes censées être fortes étant gâchées par un manque cruel de crédibilité (la séquence où Suzanne devient folle, persuadée qu'elle est habitée par Satan himself, aurait pu atteindre des sommets dramatiques, mais fait plus rire qu'autre chose). Les péripéties s'enchainent et l'intérêt que nous portons au film se dissipe petit à petit, si bien qu'à la fin, le dénouement passe totalement inaperçu (à l'heure où je vous parle, je suis incapable de vous dire comment se termine le film). Reste tout de même une bonne réalisation et une musique assez angoissante. La Religieuse, film dont l'intérêt se porte presque intégralement sur sa controversée controverse, est donc dispensable, largement dispensable.

1 e¦ütoile et demi

 

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Sixième Sens (M. Night Shyamalan) - 2000

Synopsis : Cole Sear, garçonnet de huit ans est hanté par un terrible secret. Son imaginaire est visité par des esprits menaçants. Trop jeune pour comprendre le pourquoi de ces apparitions et traumatisé par ces pouvoirs paranormaux, Cole s'enferme dans une peur maladive et ne veut révéler à personne la cause de son enfermement, à l'exception d'un psychologue pour enfants. La recherche d'une explication rationnelle guidera l'enfant et le thérapeute vers une vérité foudroyante et inexplicable.

On a souvent considéré Sixième Sens comme un film à twist, c'est à dire un film qui, sans sa fin inattendue, ne serait rien. Or, la fin n'est qu'un énième coup de marteau qui enfonce définitivement le clou. L'œuvre de Shyamalan vaut bien plus que cela : c'est un film original, très bien foutu, avec de superbes acteurs et des séquences qui foutent la chair de poule. Bien au-delà d'un film de fantômes, Sixième Sens est l'émancipation de deux personnages, dont l'un part de rien (le jeune Cole, exclut par les autres, traité d'anormal) pour arriver à vivre en harmonie avec lui-même, et dont l'autre semble avoir déjà fait un bon bout de chemin (le psychologue), pour finalement se redécouvrir plus ''faible'' qu'il semblait l'être. La découverte de la vérité est donc le leitmotiv du film, et on le retrouve partout (la mystérieuse porte en haut des escaliers, la vérité dévoilée lors de l'enterrement de la petite fille, la superbe scène où Cole raconte son secret au docteur, etc). Le plus impressionnant, c'est que deux entités diamétralement opposées se combinent dans Sixième Sens : l'obsession de la vérité, et la présence de fantômes/esprits (ne représentant pas la vérité, mais plus une peur, une légende). Et parvenir à allier ces deux thèmes avec tant de justesse tient du génie absolu. Enfin, je me réserve une phrase pour prévenir que le twist est une merveille, bien que de nombreux indices pouvaient nous mettre sur la voie.

5 étoiles

 

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I Spit on Your Grave (Steven R. Monroe) - 2011

Synopsis : Jennifer, jeune et jolie écrivain, s’isole dans un chalet pour y écrire son nouveau roman. Elle qui s’attendait à une retraite tranquille, se retrouve violée et torturée par un groupe d’individus complètement tordus qui empestent la cruauté et la perversité. Abusée par chacun d’entre eux, laissée pour morte, elle se livrera à une vengeance sans pitié…

Sorte de combinaison entre l'original de Zarchi (en 1978), La dernière maison sur la gauche de Craven, Kill Bill ou encore le torture porn à la Saw ou Hostel, I Spit on Your Grave se démarque pourtant, en offrant deux parties bien différentes, dont chacune comporte une violence très différente de l'autre. En effet, la première partie, bien éloignée du viol presque comique de Orange Mécanique, atteint des sommets de cruauté : pas de pudeur ou presque, le viol s'installe dans la durée et notre souffrance est presque équivalente à celle de la pauvre victime. La deuxième partie est une vendetta orchestrée avec un sadisme obéissant à la Loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent ; d'ailleurs certains sévices sur les violeurs auront un lien physique avec les yeux, et les dents : la métaphore est poussée jusqu'au bout). L'inventivité des exécutions va se ranger directement du coté de Saw, et la dernière image (Jennifer, habitée par un sourire de satisfaction) fait penser au formidable Eden Lake. Le plus incroyable, c'est qu'il reste des zones d'ombre à éclaircir (Où est la fille du shérif ?), et que chaque plan nous hante des heures après la vision. I Spit on Your Grave est donc déjà un film à part, empruntant pourtant les grandes lignes de bons nombres d'autres films. En y ajoutant des punchlines de haute-voltige avant chaque assassinat et une efficacité incroyable (grâce notamment, à des effets gores impeccables), et vous aurez l'un des films les plus dérangeants de ces dernières années, et, avant tout, un film de qualité.

4 étoiles

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Wilyrah 29/06/2012 11:28

Ce Spit on your grave était sympathique mais pas inoubliable ;)

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