Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 15:26

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In the Air (Jason Reitman)

Synopsis : L'odyssée de Ryan Bingham, un spécialiste du licenciement à qui les entreprises font appel pour ne pas avoir à se salir les mains. Dans sa vie privée, celui-ci fuit tout engagement (mariage, propriété, famille) jusqu'à ce que sa rencontre avec deux femmes ne le ramène sur terre.

Justesse dans l'écriture, excellence dans l'interprétation, pertinence dans la réalisation : In the Air n'est peut-être pas un film parfait, mais il allie avec harmonie les éléments, pour que cela devienne consistant. Consistant dans la mesure où rien n'est prévisible, puisqu'il ne se passe presque rien. Mais le plus important ne réside pas là-dedans, non : il est dans l'image de la société qui y est dévoilée, comme si un miroir légèrement déformant se plaçait devant nous, et nous parlait en nous disant ce qui va bien, mais surtout ce qui ne va pas. Ici, malgré un rythme lent, on perçoit rapidement le but du film, à savoir : montrer au peuple ce qu'est la société d'aujourd'hui. Cette société en elle-même est montrée sous un visage noir caché par un masque blanc, entre travailleurs qui gravissent les échelons sans scrupules et les dépits amoureux/amicaux de ces derniers ; tout cela pour vous dire qu'il y a autre chose dans la vie que le travail, que l'argent ne fait pas le bonheur et patati et patata. 3 e¦ütoiles et demi

 

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Les Raisins de la colère (John Ford)

Synopsis : Un jeune homme rentre à la ferme familiale en Oklahoma, après avoir purgé une peine de quatre ans de prison pour homicide involontaire. La Grande Dépression sévit alors et comme beaucoup d’autres fermiers, sa famille est chassée de son exploitation. Ensemble, ils partent à travers le pays dans l’espoir de trouver, un jour, du travail en Californie. C’est le début d’un périple éprouvant, de camps de réfugiés en bidonvilles de fortunes, dans une Amérique en proie à la misère et à l’oppression...

Avec un noir et blanc magnifique, une écriture propre et une réalisation inspirée (jeu de lumière et d'ombres, visages pris en gros plan), on aurait tort de ne pas considérer Les Raisins de la colère comme un chef d'œuvre. Mais il y a peut-être trop de longueurs, des personnages pas si empathiques que ça (c'est subjectif, bien sûr) et aussi une histoire qui nous dépasse, comme si la cruauté du thème (Grande Dépression vue sous un œil catastrophé, médusé) ne nous touchait que trop peu (ce qui est bien dommage). C'est donc en retrait que l'on part sur les routes aux cotés de cette famille, où les drames s'accumulent sans que personne n'ose reculer. Grande bataille pour la survie, ou tout simplement pour l'honneur, Les Raisins de la colère, road movie intense, est peut-être imparfait, mais pas si mauvais dans le fond. Ça reste un film culte qui a subit l'épreuve de temps mais qui a peut-être perdu un peu d'ampleur après toutes ces années.

3 e¦ütoiles

 

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Fight Club (David Fincher)

Synopsis : Le narrateur, sans identité précise, vit seul, travaille seul, dort seul, mange seul ses plateaux-repas pour une personne comme beaucoup d'autres personnes seules qui connaissent la misère humaine, morale et sexuelle. C'est pourquoi il va devenir membre du Fight club, un lieu clandestin ou il va pouvoir retrouver sa virilité, l'échange et la communication. Ce club est dirigé par Tyler Durden, une sorte d'anarchiste entre gourou et philosophe qui prêche l'amour de son prochain.

Difficile de retomber sur terre après ce choc qu'est Fight Club. On attendait juste un film où la violence règnerait, Fincher nous offre carrément autre chose. En plus d'être magnifiquement filmé, Fight Club est doté d'un scénario réfléchi sous des centaines d'angles, de prises de vues, avec des méthodes étourdissantes (la toute fin illustre parfaitement le génie de Fincher). La vision du monde y est pessimiste mais surtout avant-gardiste : l'être humain est, aux yeux du réalisateur, pas plus important qu'une merde au fond du caniveau. La précarité (la narrateur qui vit dans une maison immonde avec Tyler), la maladie (le narrateur se rend à des réunions entre ''mourants''), les conditions de travail (la narrateur est exploité par un patron tyrannique) ou encore la violence montante (la banalisation de la violence montre que la société contemporaine règle une grosse partie des conflits en faisant saigner), y sont traités avec une infime justesse ; et c'est lorsque l'on découvre ce twist ending mémorable qu'on peut vraiment crier au chef d'œuvre.

4 e¦ütoiles et demi

 

Par copa738 - Publié dans : Critiques express
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Commentaires

3/5 au Ford, tu comprendras les raisons de ma colère !

Fight Club, avec l'âge, on aime de moins en moins, j'ai passé ma période révolutionnaire.
Commentaire n°1 posté par Ben le 11/01/2012 à 18h10
‎"Imparfait", Les raisins de la colère ? "Mais pas si mauvais" !! Ceci dit, venant de quelqu'un qui vénère Insidious... Je sais bien que les (dé)goûts et les couleurs... Mais je me demande si, dans 70 ans, quelqu'un viendra présenter dans un cinéma le film de James Wan. Et s'il y aura des spectateur pour faire le déplacement pour voir ce "chef d'oeuvre" de l'horreur ! A vrai dire, j'ai ma petite idée. Je te rappelle que Ford a obtenu quatre Oscars du meilleur réalisateur, plus un du meilleur documentaire. Qu'il a réalisé près de 150 films, muets, parlants, en noir et blanc, en couleur. Que sa carrière s'étend sur plus de 50 ans. Qu'il nous a laissé pas mal de chefs-d'oeuvre, dans des genres très différents, du western au film d'aventure, en passant par le drame social, le film historique... et j'en passe. Qu'il a inspiré pas mal de cinéastes, même actuels. Alors, regarder son oeuvre, et notamment Les raisins de la colère, avec ce dédain, le réduire à neuf lignes de commentaire... Je ne sais que dire... Si ce n'est te conseiller de ne plus écrire sur les classiques...
Commentaire n°2 posté par Christophe le 12/01/2012 à 00h51
De plus, je trouve qu'il n'y a pas de pire argument que de dire d'une œuvre qu'elle a perdu de sa force à cause des années ("Ça reste un film culte qui a subit l'épreuve de temps mais qui a peut-être perdu un peu d'ampleur après toutes ces années.") dans ce cas, on pourrait ne plus parler des sculpture de Phidias, du théâtre de Goethe, de la peinture de Dürer, des opéras de Wagner. Si une œuvre fait encore parler d'elle après 70 ans, c'est qu'elle transcende son temps par son propos. Et Les raisins de la colère le prouve. A moins que tu ne vives dans un autre monde que le nôtre, tu dois bien, Bastien, percevoir quelques points communs entre la Grande dépression des années 1930 et la crise actuelle, non ? Même chose, par exemple, pour Chaplin. Si son personnage a encore quelque chose à nous dire, alors que tant d'acteurs burlesques de son époque ont sombré dans l'oubli, c'est qu'il est universel, aussi bien dans le temps que dans l'espace...Enfin, Les raisins de la colère, ce n'est pas culte... Ford n'est pas un cinéaste pour geeks... Mais je suis d'accord pour reconnaître qu'aucun créateur n'est intouchable. Proust, que j'admire, est égratigné par quelques critiques (sans doute ont-ils besoin d'exister, de faire parler d'eux :). Moi-même, je reconnais dans ma critique des Raisins que La route du tabac, du même Ford, est un ratage. Mais il faut un minimum d'arguments, que ce soit pour dire que l'on aime, ou que l'on n'aime pas, d'ailleurs
Commentaire n°3 posté par Christophe le 12/01/2012 à 09h10
C'est vrai qu'à l'arrivée, il ne s'est pas passé grand chose dans In The Air. C'est aussi une belle évocation de la dureté d'un monde binaire ; être brillant ou libre / être attaché et en paix. Et il faut choisir. Evidemment, la réalité est mille fois plus complexe, mais cette dichotomie s'impose à beaucoup. Et c'est rare aussi, un film hollywoodien reconnaissant que l'acceptation du vide est souvent un gage d'épanouissement. On pourrait trouver ça cynique, mais ça me semble simple et limpide, finalement.
Commentaire n°4 posté par Zogarok le 20/01/2012 à 09h59

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