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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Démineurs (Kathryn Bigelow)

Publié le 9 Juin 2010, 14:32pm

Catégories : #Films (Guerre)

 

Synopsis : Bagdad. Le lieutenant James est à la tête de la meilleure unité de déminage de l'US Army. Leur mission : désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au péril de leur vie, alors que la situation locale est encore... explosive.

Film événement de l'année 2009, Démineurs est la révélation de la cérémonies des Oscars de cette année-là. Comment évaluer ce succès critique phénoménal ? Comment décortiquer l'œuvre complexe de Kathryn Bigelow ? Pourrai-je comparer ce film avec d'autres films de guerres ? Les réponses dans ce nouvel article de Films-Cultes-By-copa738.

Tout d'abord, Démineurs est un film que j'affectionne car c'est ce film qui a foutu une grosse claque au «phénomène» Avatar aux BAFTA et aux Oscars. Et rien que pour ça, Bigelow mérite un grand merci de la part de tous les cinéphiles endurcis. Car oui, c'est bel et bien ce film qui a défrayer la chronique et qui a infligé une correction monumentale à ce commerce indélébile signé Cameron. Bon, maintenant que j'ai fait mon petit pitch rabat-joie en vue de ce film prétentieux qu'est Avatar, je vais enfin pouvoir commencer ma critique. Certes, la réalisation est maladroite et fiévreuse, c'est vrai que l'image saute, que certaines prises de vues sont nauséeuses, mais la mise en scène (volontairement fébrile) est sauvée par une photographies innovante et remarquable. Des déserts d'Irak aux camps militaires poisseux, nos 3 protagonistes s'essaient à de multiples tentatives périlleuses pour passer le temps. Attendant péniblement la fin de leurs services, ils jouent les kamikazes et sauvent des vies en menaçant la leur. Mais le plus casse-cou(ille) des trois, c'est bien évidemment James, une tête brulée en manque d'adrénaline, boosté par cette envie de désamorcer des bombes, il flirt avec la mort à chaque tentative de sauvetage. Constamment en rogne avec ses deux amis, il s'attire les foudres des plus sérieux mais se fait respecter de tous.

Commençant son film par cette phrase symbolique : «La Guerre est une drogue», Bigelow s'enlise dans un univers déjanté et très étrange. Monopolisant sa caméra subjective sur des faits concrets, elle sait ce qu'elle fait et organise son scénario avec un sérénité toute épreuve. Cette fameuse phrase est illustrée par le déroulement des actions du film, l'identification avec les personnages se fait dans la seconde et les acteurs sont plus réels qu'on ne pouvait l'imaginer. Faisant le pastiche indirect de chef d'œuvres de guerre comme Full Metal Jacket, Apocalypse Now ou encore Platoon, Bigelow perturbe néanmoins la structure habituelle du film de guerre cathodique. Elle joue avec les nerfs du spectateur et offre un montage fluide qui ne laisse même pas le temps aux spectateurs de souffler. Si notre tension monte à la vue de scènes de suspense insoutenable, elle n'a pas le temps de retomber puisque les événement s'enchainent avec une rapidité déconcertante. Sans aucun temps-morts, malgré quelques longueurs, Démineurs est une sur-dose d'adrénaline où risques et extase sont de parfaits synonymes. Ne cherchant jamais à être parfaite dans sa réalisation, offrant un aspect négatif à la guerre sans trop être moralisatrice, l'ex-femme de James Cameron (tiens-donc !) signe un film d'une rare intensité qui nous fait ressortir chamboulé avec l'envie de le revoir, ne serai-ce que pour redécouvrir ces scènes d'explosions explicites et pour de nouveau se mettre à la place des personnages, plus vrais que nature. Concrètement, Démineurs n'a pas de fond, un scénario presque sporadique qui n'a pas de véritable structure, et si ce détail n'était qu'un avantage par rapport au film ? L'ensemble est convainquant même si l'histoire est plutôt plate.

Certaines scènes auraient pu être coupées au montage (celle où James est bourré et qu'il se frappe avec Sanborn est inutile, mais d'un autre côté, renforce le caractère dramatique du sujet) mais l'ensemble reste très régulier. Reine des superproductions américaines, Bigelow (réputée pour flirter régulièrement avec le navet) nous sort cet OVNI au potentiel inné mais pas forcément utilisé à bon escient. Si l'originalité du sujet est présent, le réel potentiel du film n'est exploité qu'à 90% (estimation approximative made in copa). Au final, l'œuvre apparaît positivement aux yeux de tout le monde et le final reste un très grand moment de cinéma. James, s'ennuyant avec sa femme et son gosse retourne en Irak, vers la guerre qui est selon lui, la seule chose qu'il aime. Pour 1 an de service militaire, personne de sait ce qu'il va devenir, peut-être ne faut-il pas le savoir. Filmant les explosions comme personne ne peut le faire, Bigelow surprends par sa clarté et émerveille avec ses effets explosives rugueux et stridents, toujours accompagné d'une musique trépidante. Repartant la bouche grande ouverte, estomaqué par ce spectacle insurmontable, copa s'en va écrire son article sur le champs en essayant d'être le plus honnête possible? Et en parlant d'honnêteté, je tiens à dire que même si je trouve ce film formidable, j'avoue avoir décroché par certains moments, c'est pour cela que ma note sera un peu confuse mais subjectivement correcte.

Pour la petite histoire, j'en reparles et c'est vrai que vous allez dire que je radote au sujet de Cameron, mais je trouve étrange que l'un des couples les plus médiatisés dans le milieu du cinéma dans les années 1980-1990 ce soit retrouver en concurrence aux Oscars (je parle bien sûr du réalisateur d'Avatar et de la réalisatrice de Démineurs). Simple coïncidence ou coup médiatique ? Mon avis est purement dirigé vers la deuxième solution. J'en ai longuement discuté avec Plume231, et au bout d'un moment, il m'a sorti : «Allez, on va être gentils, on va dire que c'est du pur hasard». Admettons-le, enfin ce qui est sûr, c'est que le succès de Démineurs n'est dû ni à la chance ni au hasard, même s'il faut dire que mon chouchou pour les Oscars était Inglourious Basterds. M'enfin, le jour où Quentin Tarantino sera reconnu par sa juste valeur à la cérémonie de Oscars, James Cameron sera un SDF.

En résumé, véritable surcharge d'adrénaline, Démineurs est une «bombe» spectaculaire qui se laisse regarder facilement, sa réalisation nerveuse et sa photographie tapante en font un grand film original très réaliste.

Ma note : 7.5/10



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copa738 12/06/2010 21:14

Je ne manquerai pas ta critique sur un film que je n'ai pas vu, mais dont l'incompréhension critique des journalistes ne m'est pas restée indifférente.

Magusneri 12/06/2010 20:32

Merci ;)
Ils vont publier un extrait de ma critique du film d'Alexandre Arcady, Comme les 5 doigts de la main. J'ai défendu le film (que j'ai vraiment beaucoup aimé) alors que toute la presse l'a descendu. Du coup, mon point de vue a dû les intéresser.

copa738 12/06/2010 14:14

C'est super pour toi ! Tu as une brillante carrière de critique qui s'offre à toi, et j'espère que tu la saisira. Je ne suis pas abonné à "Studio Ciné Live" mais au magazine "Première", j'achèterai le numéro du 23 juin et lirai ton article avec grand plaisir ! C'est sur quel film ?

Magusneri 12/06/2010 12:28

Comme tu l'écris justement, l'histoire est très plate, c'est une honte que le film de Bigelow ait eu l'Oscar du meilleur scénario original. Si ça ne tenait qu'à moi, je l'aurai donné à Inglorious Basterds, qui est dix fois plus palpitant !
C'est toujours un plaisir de venir sur ton blog, continue comme ça ;)

Dans le nouveau numéro de Studio Ciné Live (à paraître le 23 juin), un extrait de mon blog va être publié, avec mon adresse bien visible dans leur page "forum". J'ai hâte !

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