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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Le Discours d'un roi (Tom Hooper)

Publié par copa738 sur 12 Mars 2011, 10:05am

Catégories : #Films (Historique)

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Synopsis : D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce). D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.

A première vue, Le Discours d'un roi semble être peu sincère, semble être un film fait pour les Oscars, pour rafler des prix et attirer du monde dans les salles. En y regardant de plus près, on ne peut que confirmer nos premières impressions, sans pour autant nier le fort potentiel de Tom Hooper à nous faire vivre son histoire. Pour impressionner le jury hollywoodien, Hooper sort la grosse cavalerie, offre une réalisation simple mais efficace, une histoire très maitrisée, et surtout de bons acteurs. Bonham Carter (l'un de ses tous premiers rôles sans faire l'hystérique de service), Rush (Capitaine Barbossa en orthophoniste) et surtout Firth (hanté par son bégaiement) contribuent énormément au succès du film. Et pour attirer encore plus de monde, on n'oublie pas l'humour so british (très efficace cependant).

Seulement, et même si la réalisation de Hooper est peu recherchée (genre trois beaux plans repartis sur 1 h 58), la mise en volume de son histoire est des plus convaincante. Il joue avec son public, le laissant se poser des questions sur les progrès éventuels du futur roi, sur la pseudo-expérience de Logue ou de la manière dont les évènements (monté du nazisme, mort du roi) vont s'enchainer. Malgré tout cela, Hooper nous invite également dans la vie de Bertie (surnom du personnage de Firth), montrant alors que le bégaiement n'est pas un handicap uniquement dans les métier d'orateurs, mais que cela peut nuire à votre vie de famille (scène abominable où il ne parvient pas à raconter une histoire à ses filles). Et c'est à ce moment-là qu'on pourrait se dire que Hooper nous manipule, qu'il essaie de nous tirer quelques larmes (en vain) où nous faire crier au chef d'œuvre avec les performances d'acteurs ou autres (en vain). En fait, si on essayait de chercher la petite bête, on en viendrait à la conclusion que Le Discours d'un roi est un film malhonnête, qui essaie désespérément de se faire aimer par un public devenu difficile avec les années. Le Discours d'un roi n'est peut-être pas un film humble, mais ça ne l'empêche pas d'être brillant.

En plus de suivre une intrigue historique mise à l'écart rapidement, nous apprenons à comprendre les bègues, à comprendre d'où cela vient (traumatisme dû à la nounou, main gauche corrigée, remise en place des genoux) et la manière de le soigner, avec plus ou moins de réussite (billes dans la bouche, parler en chantant, dire des gros mots). Comme si le but était de nous rallier à leurs problèmes, à ne pas mésestimer les ravages que cela peut produire, bien au-delà d'un discours contre la montée nazie. On pourra toujours dire que ce film est lent, tient de l'anecdotique, et tente de manipuler son public, mais sa qualité est indéniable, et malgré peu de prises de risques (juste une petite utilisation de fuck), Le Discours d'un roi s'avère être prenant, saisissant, et particulièrement convaincant. Que le scénario soit tiré d'une histoire vraie permet également de se situer, de se dire qu'il est possible que des gens aient des problèmes de ce genre. Pour nous saisir encore plus (nouvelle forme de manipulation), Hooper filme des décors avec des couleurs froides, donnant alors des frissons aux spectateurs, qui pensent sûrement être paralysés par la beauté du film.

Tout compte fait, Le Discours d'un roi est une sorte d'attrape-couillons qui use de nombreux stratagèmes (moments émouvants, reconstitution historique, musique, couleurs froides) pour faire croire à son public qu'il assiste à un film à sensations, comme jamais on ne l'avait fait auparavant. Même si le fait que l'œuvre de Hooper soit assez déstabilisante (jusqu'où peut aller la malhonnêteté du réalisateur ?), elle nous permet tout de même de se rendre compte qu'il a fait du beau travail, même si la façon d'amadouer les spectateurs est unorthodox. Et c'est à la vue de ce fameux speech de fin qu'on ne peut que se résigner à penser que Hooper à parfaitement maitrisé son film.

En résumé, même si c'est un film fait pour les Oscars et pour faire un carton au box-office, on ne peut pas faire semblant de passer à côté de ces nombreuses qualités (acteurs, musique, scénario, …).

3 e¦ütoiles et demi

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copa738 20/03/2011 12:24

Ouais, attrape-couillons parce que c'est avant tout du divertissement facile, sans grande prise de risques. Je me considère, cependant, comme un couillon qui est tombé dans le piège.

Oui, mon blog a changé : j'ai pris la dure décision de mettre mon "index" autre part qu'en première page, parce que ça faisait tout bugger, et ça m'énervait.
Par contre, le tien n'a pas changé, toujour très varié et agréable à lire !

Palilia 19/03/2011 20:02

un attrape-couillons ?bon avec un 10 en philo au bac (série scientifique) il y a voyons.... 32 ans de cela, tu vas me classer dans les couillons qui se font attraper par un film, mais j'ai beaucoup aimé ce film. Ceci dit, Colin Firth ne ressemble pas du tout à ce roi contrairement aux autres acteurs et j'ai préféré le jeu deGeoffrey Rush. Dis donc il a drôlement évolué ton blog : on arrive à y rentrer tout de suite et il est bien étoffé. Bises Copa

copa738 15/03/2011 19:21

Merci beaucoup, c'est vrai qu'on me dit souvent que c'est exceptionnel d'écrire comme ça à mon âge, mais je le dois entièrement à ma passion pour le cinéma, qui est finalement, ma Muse, mon inspiration. C'est ce que me provoque un film qui m'inspire pour écrire.
Quant à ton blog (bien que très réçent), il fait déjà partie du cercle très très fermé des blogs appréciés. Tu le dois à la façon dont tu décortiques un film (tu as eu combien en philo au bac ? ^^) et la la régularité de tes articles (toi aussi tu mélanges le vieux et le neuf).
Je rajoute en lien également (ça fait longtemps que j'avais pas rafraichit cet espace, voilà un bon moyen de le faire).

Tching 15/03/2011 19:15

Ouuaah ça marche ! Un p*** de merci mec !
Merci, et je renvoie le compliment : belle écriture (surtout à 15 ou 16 ans si j'en crois ta fiche perso !) et blog très intéressant (qui mêle du neuf et du vieux, et ça j'aime !). D'ailleurs, si tu n'y vois pas d'inconvénient, je t'ajoute en lien !
Bon, me reste plus qu'à corriger tous les articles avec la technique magique-secrète...

copa738 15/03/2011 19:03

Salut Tching !
Pour "127 heures", j'avais lu ton article avec beaucoup d'intentions (on t'as déjà dit que t'écrivais bien ?), et on avait quelques points communs (genre l'évasion spirituelle contrée par l'immobilité corporelle). Je vais donc me sentir obliger de lire ta critique sur le "Discours d'un roi"...

C'est marrant cette question : je me revois quelques mois en arrières, comme un gros boulet, voyant l blog de mymp avec un texte justifié à roite, et moi, trop con pour pas comprendre comment faire. J'avais demandé à mymp, et il m'avait répondu :
"Tu surligne tout ton texte, et tu fais (à l'aide de ton clavier) Ctrl + Maj + j".
C'est con, mais ça m'a bien aidé (d'ailleurs, ça mériterai une grève des blogueurs pour éxiger un raccourci pour jutifier sur l'article, plutôt que de le faire manuellement).

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