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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Drive (Nicolas Winding Refn)

Publié par copa738 sur 17 Octobre 2011, 17:20pm

Catégories : #Films (Thriller)

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Synopsis : Un jeune homme solitaire, "The Driver", conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant - et au volant, il est le meilleur ! Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet. C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul. Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal… Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

Comparable à No country for old men pour son côté ''réaction en chaîne d'une violence inouïe'', à Mad Max ou à Taxi Driver pour l'histoire de vengeance en bagnoles, ou encore à Boulevard de la mort pour les magnifiques séquences de poursuites en voitures, Drive est pourtant un film à part, un chef d'œuvre malade d'un réalisateur qui a eu la superbe idée de faire de l'art avant de faire du cinéma (et dieu sait si c'est rare de nos jours). Drive, c'est l'histoire d'un mec peu bavard, beau gosse mais jamais marié. En fait, nous n'en savons rien sur ce personnages (pas de nom attribué, aucun renseignement sur son passé, visage fermé ne laissant aucune émotion passer), et c'est là que son rôle a toute son importance, dans la mesure où chacune de ses actions semblent venues d'une force inconnue, se réveillant à l'intérieur de lui, le laissant spectateur de ses propres actes. La narration adoptant un point de vue presque externe, il est donc difficile d'obtenir quelconques informations sur les sentiments, émotions, et raisonnements de notre héros. Cette curieuse impression qu'un mur de briques sépare cet homme sans nom de nous est renforcée par une absence cruelle de dialogues, laissant l'image et le son faire effet, ce qui ramène le cinéma à son état primitif, à l'époque où des Méliès et autres Murnau faisaient parler les images avec brio.

Avec un lot d'images stupéfiantes par leur beauté, une magnifique BO, et une réalisation maitrisée du début à la fin, NWR raconte une histoire, mais lui donne tout un sens, grâce à la magie du visuel, magie qui n'a, par conséquent, déjà plus aucun secret pour lui ; une vraie puissance se dégageant de chaque prise de vue du prodige danois. La mise en scène mise de côté, le film est un bijou, un bijou d'une couleur extrêmement sombre, et semble n'avoir pour seule limite que les pensées des spectateurs, restés littéralement sur le cul. Chaque scène est un pur exercice de style (on parlera longtemps de la scène de l'ascenseur, passant en quelques secondes de l'un des plus beaux et touchants baiser de cinéma, à un instant d'une violence sans nom), tant pour l'alternance des moments calmes et scènes d'actions sanglantes, que pour l'intrigue qui semble tous nous dépasser. Et derrière cette succession d'instants, parfois confus et tirés par les cheveux mais saisissants dans leur ensemble, toujours ce Ryan Gosling, interprétant cet homme vide n'ayant trouvé que la violence pour combler une vie lacunaire (le héros n'est jamais chez lui, ne se plaisant sûrement pas dans son immeuble ; le héros est payé une misère dans un travail où il pourrait gagner deux fois plus si il le demandait à son patron ; le héros flirt toujours avec l'illégalité) qu'il tentera de boucher par amour pour une femme qu'il ne reverra peut-être jamais plus.

Métaphorique dans chacun de ses plans, Drive puise sa grâce dans une forme indiscutablement parfaite. On aurait pu se contenter allègrement de son aspect esthétique, mais comme tout bon film se doit d'avoir certains défauts, Drive n'échappe pas à la règle, ce qui humanise finalement Refn. Il y a en effet des passages lents, et quelques détails qui peuvent nous passer au-dessus de la tête (un deuxième visionnage s'impose), le tout étant minime comparé à la monstruosité de cette perle rare, de cet OCNI qu'on ne finira jamais d'aduler dans les écoles de cinéma (et partout ailleurs). On gardera toujours en mémoire cette première scène de ''braquage'', notre cœur battant à l'accéléré, les gants en cuire de notre héros crissant sur le volant d'un bolide échappant de justesse à la police, précédent le splendide générique (Nightcall de Kavisnky en fond sonore) ; le début d'un chef d'œuvre d'une rare intensité, avec ses petits défauts, mais des sacrées qualités. D'ailleurs, il ne vous aura sans doute pas échappé qu'une phrase nous vient en tête toutes les dix secondes : « Mais putain, que c'est beau ! ».

En résumé, Drive's almost perfect, and that's all !

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demolition 21/08/2014 11:23

C'est vrai que c'est un film très très efficace, avec un grand Gosling qui n'avait pas besoin de beaucoup parler pour nous faire comprendre ce qu'il ressentait. Mon petit bémol à moi c'est simplement que je m'attendais quand même à un peu plus de courses poursuites ;)

Wilyrah 27/11/2011 22:42

Voilà, almost perfect. What else ? :)

Squizzz 06/11/2011 00:41


"faire de l'art avant de faire du cinéma" : le cinéma étant un art, j'aurais plutôt écrit "faire du cinéma avant de faire du bancable".
"un deuxième visionnage s'impose" : c'est plus une qualité qu'un défaut, permettant ainsi de redécouvrir le film à chaque fois.
Mais pour tout le reste, je suis d'accord ;)


Jérémy 31/10/2011 23:38


"Chaque scène est un pur exercice de style"
C'est tout à fait ca !
La mise en scène est ultra sophistiquée, elle frôle l'artifice, et magnifie tout (dont cette fameuse scène de violence en apesanteur dans l'ascenseur). Jouissif !


selenie 19/10/2011 02:21


Le réalisateur mérite amplement son prix de la mise en scène a Cannes ; magnifique photo et superbes cadrages.Chef d'oeuvre, une fois de plus pour Winding Refn... 4/4



DriveDrive


Ryan Goslling semble se révéler au plus grand nombre mais cela fait bien longtemps que les cinéphiles l'ont remarqué... Je trouve que c'est un mixte entre "Pour une poignée de dollars" + "Old Boy"
avec une beauté plastique particulière. Le héro est un anti-héro à la mode vintage qui n'est pas sans rappeler des cinéma des seventies mais ne vous y tromper pas ce film est moderne et un des
meilleurs de l'année.


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