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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Les Griffes de la nuit (Wes Craven)

Publié le 16 Mai 2010, 12:02pm

Catégories : #Films (Horreur)

 

Synopsis : Nancy est une jeune adolescente qui fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et cinq lames tranchantes à la place des doigts. Elle constate d'ailleurs que parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt, l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil. C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger, qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent de lui. Nancy comprend qu'elle n'a plus qu'une seule solution : si elle veut rester en vie, elle doit rester éveillé...

Film phare de son auteur, Les Griffes de la nuit est surtout le pilier de l'une des plus grandes saga horrifique de tous les temps. Ayant vu le remake hier, il faillait que je vois l'original du génial Wes Craven. Je n'ai pas été déçu, j'ai bien accroché et je suis prêt à vous faire part de mes impressions en deux parties : la première parlera du film de Wes Craven, la deuxième fera la différence entre l'original et le remake.

Freddy, maitre absolu au royaume du rêve et du cauchemar (Partie 1)

Ne laissant rien passer entre les mailles du filet, Craven explore déjà son thème à la perfection dans cette scène d'entrée à glacer le sang. La peur fait opération dès le début. Possédant peu de moyens, Freddy n'apparait pas souvent à l'écran, son visage reste dissimulé, chaque mouvement est capté dans la pénombre, chaque bruitage strident est accentué pour donner ce caractère insupportable au film. Dans ce film sorti dans le milieu des années 1980, les effets spéciaux pour ce genre de film pouvaient parfois être ridicules. Faux sang, images rajoutées grossièrement, images de synthèses foireuses, rien ne nous était épargné. Heureusement que cette œuvre culte d'horreur ravive la flamme du genre en adoptant un système ingénieux d'effets visuels presque parfaits. Il était déjà en avance sur son temps mais le manque d'argent était un véritable problème. Comment faire peur avec si peu de moyens ? Rien n'est impossible quand on s'appelle Wes Craven. Le réalisateur ambitieux (prétentieux ?) et talentueux de La dernière maison sur la gauche et de La Colline à de yeux (deux films qui ont subit, hélas leur remake dans les années 2000) exploite des trouvailles jouissives et terrifiantes. On peut penser aux griffes qui sortent de la baignoire, des escaliers aux allures de sables mouvants, à la figure de ce boogeyman maladroit traversant le papier-peint de la chambre de Nancy. Rien n'est laissé au hasard. Le fait est que, comment Craven a-t-il réussit à nous faire peur avec ce film qui n'est pas si effrayant que ça finalement ? C'est finalement grâce à un sulfureux mélange et d'accumulations de thermes bien précis qui font de ce film on OVNI d'épouvante. Tout d'abord, il y a cette musique insupportable présente dans la quasi-totalité du film, il y a aussi cette ambiance lugubre, cette atmosphère morbide qui forme une parfaite alchimie avec le personnage de Freddy qui est, certes maladroit dans ces actions mais terrifiant à souhaits. Craven à l'air de porter une affection particulière aux tueurs maladroits (cf : Scream), il veut avant tout donner un caractère humain au serial-killer. Il y a aussi cette tension palpable, ces plans improbables qui n'aident en aucun cas le spectateur à deviner où se cache Freddy. Dans ces mouvement de caméra fluides, Craven accentue cette profonde angoisse qui donne à tous la chair de poule dans chaque scène horrifique. Là où le film fait fort, c'est qu'il n'y a pas que les scènes d'épouvante qui foutent la trouille. C'est aussi toutes ces scènes transitives, ces moments qui peuvent paraître longs et chiants (des scènes imposées surement par tous les producteurs de films d'horreurs pour que les spectateurs se remettent de leurs émotions après une scène horrifique) ne le sont pas pour la simple et bonne raison que même ces moment là sont éprouvants, à cause de cette musique grinçante et stridente, à cause de ces plans vertigineux qui font que le spectateur croit qu'il va se passer un drame. C'est pour cette raison que ce film est vraiment efficace. C'est par son absence de temps-morts, c'est par son côté horreur distillée que cette œuvre reste culte. Gore, flippant, éprouvant, et surtout bien filmé, le premier épisode de la saga Freddy restera pendant encore un bon bout de temps dans les annales. Malheureusement, un film de ce genre à toujours des points faibles. Celui qui semble le plus probable dans ce film est le fait que l'ensemble à mal vieillit. Je ne parle pas des effets visuels qui pour moi sont très réussis, mais je parle des dialogues adolescents benêts, de ces vêtement démodés et surtout (ayant vu ce film en VF) le doublage français est vraiment pas terrible. Malgré cette tension d'horreur présente tout le long du film, il manque un petit truc pour que ce film soit parfait, une structure plus brutale peut-être, ou alors c'est juste que le film a mal subit les épreuves du temps. Freddy incarne le mal en personne et l'acteur qui le joue est très convaincant.

Freddy : Original vs. Remake (Partie 2)

Voilà, maintenant que j'ai (enfin) regarder le film original sur Freddy, je vais pouvoir le comparer avec le remake. D'un point de vue cinématographique, il n'y a pas photo : celui de Craven est nettement mieux filmé que celui de Bayer. Pour parler du genre horrifique, je ne sais que dire : le remake possède surement un budget nettement plus élevé que l'original, les effets spéciaux sont mieux réussis dans la version de 2010, mais l'écart n'est pas énorme, il faut aussi savoir que les deux films ont 25 ans de décalage horaire, de ce point de vue, l'ancienne version a plus de mérite que la nouvelle. Dans le film de 1985, la peur est présente tout au long du film, sans temps morts, un véritable bijou d'angoisse et de fébrilité. Dans le film de 2010, la peur n'est présente que dans des moments très courts, la magie horrifique n'opère que brièvement et le retour au calme est rapide. La musique est nettement plus angoissante dans l'original que dans le remake. Le casting est un peu le thème où c'est le plus serré, ça joue pas très bien des deux côtés, même si dans chacune des deux versions, un interprète masculin vient sauver la trouve d'acteurs fébriles et mauvais : Johnny Depp (Craven) et Kyle Gallner (Bayer). Pour l'incarnation de Freddy, c'est de loin Robert Englund (1985) le meilleur, il colle plus parfaitement au rôle et sa tête est parfaite pour ce genre de personnage, alors que Jackie Earle Haley (2010) est un bon acteur, mais pas pour ce genre de rôle, trop caricatural, trop anecdotique. Si le film de Wes Craven a mal vieillit, celui de Sameul Bayer a su parfaitement adapter ce film à son époque, sans encombres. Par manque de moyens, le film avec Englund ne montre pas souvent son boogeyman à l'écran alors que dans celui avec Earle Haley, Freddy apparaît bons nombres de fois. La médaille d'or du mérite revient quand même au film original qui peut se vanter d'avoir tout inventé, tout est pensé, nouveau, innovant. Le remake est une copie, des scènes semblables, ou des scènes dissimulées pour ne pas qu'on remarque la supercherie. Vous l'aurez compris, le remake (ma note : 6/10) n'atteint pas l'originalité et l'atmosphère palpable de l'original.

En résumé, le film est palpitant, la musique est insoutenable et l'intrigue est rondement menée, un bon film d'horreur qui se laisse regarder avec beaucoup d'attention.

Ma note : 7/10




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