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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


La Guerre des Mondes (Steven Spielberg)

Publié le 4 Septembre 2010, 09:25am

Catégories : #Films (Science-Fiction)

Cette critique a été rédigée dans le cadre d'un cycle interactif sur le blog de MillionDollarsBaby.

La terre tremble. Des éclairs, par dizaines, par centaines, par milliers frappent tout près et souvent au même moment. Quelque chose a bougé. Là, sous nos pieds, le danger nous guette. D'immenses machines aux faux airs de tripodes sortent de la terre, terrassent tout ce qui passe par là grâce à un rayon laser. Cette fois, c'est la guerre, la guerre des mondes.

Remake astucieux et bien pensé de la célèbre Guerre des Mondes de Byron Haskin (adaptation du roman de H. G. Wells) qui ne brille pas par ses effets spéciaux, le film de Spielberg arrive à un moment où on ne l'attends pas. Cette reprise du film raté de 1953 apporte un gros coup de souffle au mythe de Wells en s'appuyant sur des effets spéciaux novateurs et en ciblant directement des personnages attachants. Cependant, l'histoire de la Guerre des Mondes n'est pas si facile que ça. C'est un drame familial sous fond de guerre contre les méchants extraterrestres qui viennent nous prendre notre jolie terre polluée. On pourrait se demander se qu'ils peuvent bien vouloir faire de ce vaste dépotoir. Mais ce cher Steven Spielberg ne nous en laisse pas le temps. Dès lors, une course poursuite infernale se dévoile. Plus les péripéties s'enchainent, plus les rapports entre Ray et ses deux enfants se dégradent. Ray doit faire face au monstre seul, sans le soutien ni l'aide de ses enfants qui commencent à faire tout pour lui pourrir la vie. Le metteur en scène accentue le côté très américain de la famille (dès que Ray s'échappe avec ses enfants, tout le monde croit que ce sont des terroristes, dû au traumatisme du World Trade Center). L'intrigue se poursuit et on apprends vite que ces tripodes ne sont en fait que d'immenses machines servant d'entrailles à la terre. Enterrées ici depuis des milliers d'années, elles sont pilotées par des aliens qui ont gagnés leurs ''véhicules'' en transperçant la terre par les éclairs. On continue alors dans cette route où on s'identifie de plus en plus à cette petite famille déchirée en deux. Les enfants veulent rejoindre leur mère, Ray n'attends que ça pour se mettre en sécurité. Après plusieurs actions périlleuses qui mettent constamment nos cœurs en dangers et nos nerfs en pelote, les trois arrivent sains et saufs dans leur foyer, trop facile me direz vous, mais ce happy-end à la fois foireux et émouvant soulage un public au bord de la dépression nerveuse. Un final rassurant et une magnifique explication en voix-off, pour poursuivre le début du commencement.

Si l'intrigue est royalement simpliste, les effets spéciaux peuvent en prouver le contraire. Mais pas seulement, Spielberg arrive à nous transporter vers de nouvelles sensations, inédites dans un film de science-fiction. Comment ne pas exploser de rire quand Tom Cruise projette violemment une tartine de beurre de cacahuète sur la fenêtre ? Comment ne pas haïr cette petite fille qui se plaint tout le temps ? Comment ne pas verser une larme devant cette scène mythique des milliers de cadavres qui flottent sur la rivière ? Comment ne pas être choqué lors de la scène où Ray tue son compagnon de cave après avoir bandé les yeux de sa fille pour ne pas qu'elle voit et qu'elle entende ce que son père va faire ? Comment ne pas être déboussolé après la pseudo-mort de Robbie (qui revient miraculeusement à la vie en fin de film, un élément qui a perturbé le bon système émotionnel du film, lui donnant un sens un tantinet plus irréel) ? Comment ne pas retenir sa respiration (en motif de soutien aux protagonistes) lorsque les aliens s'introduisent dans la cave ? Comment ne pas frémir dans la scène de l'enlèvement de Rachel dans un paysage peuplé par des herbes rouges et des marres de sangs (une fois les humains tués, les monstres pompent le sang pour ensuite de dégager sous une sorte de vapeur rouge qui se transforme en végétaux écarlates) ?

Il est difficile de ne pas éprouver de sentiments envers ces gens qui traversent une passe difficile. Spielberg joue sur l'émotion et y invite ses petits effets visuels faits maison pour nous chambouler. Un train en flamme, un bateau qui se renverse, et nous voilà une nouvelle fois pris d'assaut par ce festival de trucages exceptionnels servis par des acteurs convaincants jusqu'au bout. Si nous restons scotché sur notre siège jusqu'à la dernière minute, on prends le temps aussi de respirer dans les trop peu nombreux moments de calme. Mais le réalisateur ne veut pas faire des aliens un unique ennemi, il démontre aussi que l'homme peut-être une sale ordure quand il est question de survivre. Il est difficile de croire en cette scène où Ray et sa famille se font prendre leur voiture (qui est la seule qui marche, bien évidemment). Mais ce remue-ménage mortel et sanglant n'est qu'une triste vérité, une réalité peut-être dure à comprendre. Et c'est un peu traumatisés, perturbé que nous assistons à la crucifixion des méchants extraterrestres (après une mise à mort made in humains) plus naturelle que jamais. L'air était devenue insupportable pour les méchants, dès lors qu'ils posaient leurs mandibules gluantes sur terre, ils étaient condamnés. Avec cette fin, Spielberg émerveille tant elle coule de source mais tant elle est imprévisible (pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire) et c'est avec ce mot de fin qu'il conclut un film mouvementé par les problèmes sectaires de Tom Cruise (il était plus préoccupé à l'époque par la scientologie que par le film, ce qui lui valut quand même son plus gros cachet empoché lors d'un tournage d'un film) et par un budget conséquent. Au final, La Guerre des Mondes est un excellent film qui vous fera passer un agréable moment de frissons, de larmes et d'action. Alors oublions ces quelques éléments un peu faciles, oublions ces faux raccords et ces erreurs d'inattention. Nous sommes devant un chef d'œuvre d'originalité et de beaux graphismes, et c'est juste ça qui compte.

En résumé, du sang, de l'action, de l'étude des mœurs familiaux, Spielberg réinvente la SF et nous offre l'un de ses films les plus ambitieux et les plus impressionnants, reste de parfaites interprétations pour l'un des tous premiers films que j'ai pu apprécier à leur juste valeur.

Ma note : 9/10



Commenter cet article

Jeux guerre gratuit 07/02/2011 04:11

Très belle oeuvre. Un film à voir et à revoir.

MillionDollrasBaby 23/12/2010 13:30

Le film original qui a très mal vieilli méritait bien ce très bon remake !

113 22/09/2010 03:05

pas le meilleur des spielberg mais meilleur que beaucoup d'autres

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