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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


The Host (Joon-ho Bong)

Publié le 29 Juin 2010, 07:22am

Catégories : #Films (Fantastique)

 

Synopsis : A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. Le snack démoli, Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière. La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo...

Considéré comme l'un des meilleurs films asiatiques des 20 dernières années The Host est une œuvre aux multiples facettes. J'arrête tout de suit ceux qui pensent que c'est un film banal sur une bestiole monstrueuse qui saccage tout sur son passage, vous êtes pas loin de la vérité mais ce film est beaucoup plus profond qu'on puisse l'imaginer. C'est avant tout une satire sociale très élaborée qui en dit long sur les idées bien construites de ce cher Joon-ho Bong. Petit débriefing d'après film sur Films-Cultes-By-copa738 ...C'est parti !

Tout d'abord, je tiens à expliquer à tout le monde que The Host commence d'une façon magistrale. On voit la bête fondre sur les passants qui ne savent pas ce qui se passe. Personne ne sais ce qu'est cet animal (les spectateurs le savent en partie, vu que les minutes précédentes formaient un discours explicatif très savoureux), personne ne sait ce qui va arriver. Tout cela nous change des scènes habituelles de ce genre de film. Je m'explique : Un film de ce style (cf : Jurassic Park, Alien,...) aurait toujours fait apparaitre le monstre en pleine nuit (pour accentuer la peur de l'inconnue), là, tout ce passe de jour. On découvre en même temps que les protagonistes cette bestiole pixelisée. Après quelques sursauts, giclées de sang et autres caractères propres au cinéma d'horreur, The Host plonge dans un humour décalé et sauvage, mais qui fait mouche grâce à cette crédibilité rare présente en chaque personnage. Après l'enlèvement de la petite (suite à un quiproquo «monstrueusement» hilarant), on se plonge dans un univers déjanté où une famille composée essentiellement de boulets et d'abrutis (il faut le dire comme ça) sauve le monde à elle toute seule alors que les autorités Coréennes et Américaines pédalent dans la semoule.

Agressant sauvagement les obèses, les militaires, et les petits trafiquant, Bong créer une parfaite atmosphère haineuse envers notre société. Dans un monde de merde où il pleut tout le temps, où les petites filles n'osent pas montrer leur portable car il est trop moche, où les parents laissent boire de la bière à leurs enfants, il symbolise dans son film le monde d'aujourd'hui, pourrit par la technologie et l'argent. Bong instaure aussi des idées toutes faites : les autorités asiatiques sont des ploucs, les Américains sont des connards, les douaniers sont des branleurs (je reprends les termes exacts du film), les policiers sont des incompétents. Encore une fois, nous ne sommes pas loin de la réalité. Et c'est cette évidence qui donne un sacré coup au moral. Pourquoi ? Les Français ne sont pas visés pourtant. Ce n'est pas une satire ciblée à deux ou trois pays, c'est une critique globalisée de tous ces pays riches qui ne se soucient guère de la pauvreté, de la pollution, et autres désastres purement humains.

Il fallait que j'en parle, je ne pouvais pas écrire cet article sans parler une seule fois de Song Kang-ho, cet acteur aux cheveux jaunes impressionnant de réalisme. Parfois lourd dans son jeu de malade mental incompris, il se rattrape dans des scènes d'actions où rien que les expressions de son visage suffisent à nous faire penser que c'est un nigaud. Il représente un personnage complexe aux ressources mentales insubmersibles. Idiot, stupide, passif, il incarne le mauvais père dans toute sa splendeur .

Incluant ses idées sur le monde à travers un film fantastique impulsif, le réalisateur montre avec brio que la comédie burlesque et le film d'horreur se marie d'une façon judicieuse. Ce pari fou est le fruit d'un travail «monstre» mais quand on pense que l'histoire est tirée d'une histoire vraie (déformée et retournée dans tous les sens), on se dit que la société va très mal. Le thème abordé est original, dénué d'effets bling-bling et de miracles. Les gens qui doivent mourir meurent, il n'y a pas de coups de chances comme dans d'autres films du même genre. La bête est tuée à la régulière, à la loyale. Après un énième coup de malchance (je vous l'ai dit, cette famille comporte que des boulets), la bête est achevée.

Bong finit son film sur un épilogue énigmatique mais plutôt intéressant. Je n'ai pas grand chose à dire là-dessus puisque je ne l'ai pas forcément compris. Il en finit avec son film qui aura su donner de multiples sensations à son spectateur : la peur, le sursaut, le rire, la pitié, le goût de l'aventure, et j'en passe plein d'autres. La folie de son œuvre est tellement présente qu'elle en devient presque laborieuse au bout d'un certain moment. Pas gênant dans l'immédiat, mais un peu déstabilisant en vue des événement prochains. Ça devient lourd par moment, et je tiens à dire que le monstre est assez réaliste, mais pas assez pour s'y croire vraiment. Si les acteurs s'en donnent à cœur-joie pour rendre l'histoire plus vraie que nature, le scenario burlesque et aléatoire, ainsi que le monstre sont la preuve évidente que cette aventure n'est que pure invention.

En résumé, une histoire loufoque et déjantée, portée par des acteurs qui font l'unanimité, la peur, l'action et le rire sont au rendez-vous, une satire sociale à prendre au 148ème degré et à savouré dans de bonnes circonstances.

Ma note : 7/10



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copa738 16/10/2010 14:21

Je prend tout en note (sachant que je connais ces deux films de nom uniquement). Je ne suis pas un grand fan des films asiatiques (le cinéma de Miyazaki, pour ne citer que lui m'a souvent impressionné avec "Nausicaa de la vallée du vent" et en même temps déçu avec "Totoro", donc je ne sais trop quoi penser de ce réalisateur).
J'essaierai de voir les deux films que tu me cites dans pas longtemps, entre deux révisions et sorties ciné...

mymp 16/10/2010 12:02

C'est vrai que le monstre pêche peut-être niveau réalisme, mais bon, c'est presque secondaire tant le film est jouissif. Tu as vu Memories of murder du même réal ? C'est une vraie bombe (et puis il y a Song Kang-ho dont tu vantes si bien le talent !). Et pour rester dans l'ambiance "cinéma asiatique" (pour reprendre tes termes), je te conseille aussi The chaser où là on atteint une perfection totale pour un film absolument surprenant et terrifiant.

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