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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Jacquou le croquant (Laurent Boutonnat)

Publié le 14 Juillet 2010, 09:06am

Catégories : #Films (Aventure)

 

Synopsis : 1815. Jacquou, jeune paysan du Périgord, vit heureux avec ses parents. Par la faute d'un noble cruel et arrogant, le comte de Nansac, il devient orphelin et misérable. Jurant de se venger, Jacquou va grandir et s'épanouir sous la protection du bon curé Bonal qui le recueille. Grâce à des amis sûrs et à Lina, une jeune fille patiente et lumineuse, il deviendra en quelques années un jeune homme déterminé et séduisant. Il saura transformer son désir de vengeance en un combat contre l'injustice, et prouver qu'un simple croquant n'est pas dénué de grandeur.

Jamais il m'ait été donné de voir un tel ramdam médiatique. Jamais je n'aurai cru en tous ces gens de mon entourage qui me disaient tous unanimement : « Quoi ?! Toi, copa, toi qui te vante d'être un cinéphile, toi qui a vu tous les films, toi qui te dit critique, tu n'as pas vu Jacquou le croquant ? Mais c'est un chef d'œuvre, le meilleur film français de la décennie, un divertissement de très très très très haute qualité. » Au bout d'un moment, comprenez que c'est frustrant non ? Alors je me suis lancé, j'ai évité tous préjugés, j'ai foncé tête baissée, les yeux fermés. Sans savoir de quoi était constitué le casting, sans savoir le nom du metteur en scène, sans avoir une seule fois lu le synopsis sur Allocine (ou, ça ne paraît pas comme ça, mais je consulte fréquemment le site Allocine). Alors c'est parti pour un sacré numéro. Moi qui ai toujours considéré ce film de Boutonnat comme un navet avant même de l'avoir vu. Moi qui ai mal supporté ce battage médiatique autour de ce drame historique novateur (sois-disant).

Tout d'abord, ne cherchez pas une histoire structurée comme dans les bons vieux films historiques. Vous vous contenterez d'apprécier un scénario bordélique et sporadique. Ne croyez pas que tous ces acteurs excellent dans leurs rôles. Vous vous contenterez d''approximation narratives et de performances irrégulières. Jacquou est un film avec des vilains méchants de riches et avec des vaillants gentils pauvres. Sans arrières pensées, sans trop élaborer une satire sur la noblesse te la bourgeoisie, Laurent Boutonnat rate en quelques sorte son film. Il aurait pu critiquer lourdement les riches de l'époque, au lieu de ça, il propose des scènes injustement rageantes pour faire une sorte 'indication à son public (genre : vous voyez les enfants, eux c'est des vilains pas beau, ils sont méchants). Dommage que le film ne soit pas allé plus loin. Dommage que le metteur en scène de Giorgino n'ait pas un peu plus approfondi son œuvre.

Malgré une reconstruction historique pointilleuse et une histoire plutôt sympathique, Jacquou le croquant ne va jamais très loin dans la réflexion. Préférant démontrer (avec plus ou moins de réussite) une histoire sensible, attachante et romantique, il s'enfonce progressivement dans une médiocrité scénaristique et narrative alors que la réalisation frôle quasiment la perfection. Effectivement, la mise en scène frise le génie. Outre des plans vertigineux ou autres photographies nocturnes fascinantes, c'est le choix des couleurs, des ambiances qui se reflète dans chaque endroit. Tournant des scènes d'intérieur avec un fond jaunâtre très prononcé, il provoque une sorte de claustrophobie chez un spectateur qui reste cruellement sur sa faim à la vue d'un scénario faiblard et ennuyant. Faiblard car certains moments sont superflus et bâclés, aussi parce que le scénario n'est pas structuré, ça déborde, ça part dans plusieurs sens. On perds le nord, on ne trouve plus lus sud, nous sommes tous perdus et j'ai oublié ma boussole. Ennuyant car Jacquou ne fait certainement pas l'impasse sur de nombreuses scènes à l'eau de rose, des moments de retrouvailles censés être intenses alors que le spectateur pouffe de rire devant de telles absurdités. Malgré une critique (à peine élaborée, juste ce qui faut pour ne pas s'attirer des ennuis) de la noblesse, Jacquou ne parvient pas à faire l'unanimité. On retiendra peut-être quelques moment douloureux que l'on subit avec ces, protagonistes.

On retiendra quelques scènes émouvante qui sombrent toutes (hélas) par la suite dans des aberrations scénaristiquement incorrectes. Jacquou le croquant aurait-pu être un bon film, si le réalisateur n'avait pas pris son public pour des gamins à qui il faut tout expliquer pour qu'ils comprennent. Certaines scènes sont inutiles (le combat de danse entre Ulliel et Quivrin) alors que d'autres brillent à côté d'un reste de film bien fade. La scène où Jacquou est piégé dans un puits est à déconseiller aux claustrophobes, elle provoque un impact monstrueux grâce à une réalisation minutieuse et angoissante. Il est vraiment dommage qu'elle se conclut par un coup de chance, rendant alors ce côté haletant présent dans la quasi-totalité de la (longue, très longue) scène du puits beaucoup moins jubilatoire. A voir aussi, la scène de bataille finale, orchestrée divinement pour un final bâclé mais touchant. Au final, quelques scènes viendront clamé une ambiance tendue et une incompréhension (en tous cas, pour ma part). Je n'ai pas accroché du tout, voilà le problème. J'ai failli m'endormir plus d'une fois, mais j'ai réussi à gardé le cap. C'est bien ce que je pensais finalement. Moi qui avais toujours jugé ce film avant de le voir. J'avoue avoir été surpris par quelques moment cinématographiquement très plaisants.

En résumé, un film plutôt réussit dans sa mise en scène, mais quel dommage, de l'eau de rose, des bon sentiments, des gentils et des méchants, mais au final, Jacquou le croquant n'est pas une réussite.

Ma note : 5/10



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Magusneri 18/07/2010 18:31

Laurent Boutonnat s'est laissé tenter par le divertissement grand public. Son Jacquou est pour moi un film attachant à défaut d'être parfait. Son chef-d'œuvre restera le magnifique Giorgino, sorti en 1993

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