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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Le Grand soir (Benoît Delépine, Gustave Kervern)

Publié par copa738 sur 10 Juin 2012, 18:00pm

Catégories : #Films (Comédie Dramatique)

grandsoir.jpg

Synopsis : Les Bonzini tiennent le restaurant 'la Pataterie' dans une zone commerciale. Leur fils ainé, Not, est le plus vieux punk à chien d'Europe. Son frère, Jean Pierre, est vendeur dans un magasin de literie. Quand Jean Pierre est licencié, les 2 frères se retrouvent. Le Grand Soir, c'est l'histoire d'une famille qui décide de faire la révolution... à sa manière.

Dès les premières minutes, la couleur est déjà annoncée : le chien de Not ne s'attaque pas à la pancarte publicitaire parce qu'il y a un chat dessus, mais bien parce que même cet animal poilu en a ras-le-bol de ces commerces, de cette société de consommation qui concentre beaucoup de gens dans un endroit clos, pour les déshumaniser un à un. Véritable Mai 1968 du cinéma contemporain, Le Grand soir n'est pas un film brillant, car certaines scènes mettent mal à l'aise (Jean Pierre s'immolant par le feu devant une foule qui ne réagit même pas), et parce que trop de connerie tue la connerie, et que trop de satire tue la satire. Car oui, les créateurs du Groland et de Mammuth s'amusent à critiquer tout et n'importe quoi, par le biais d'une succession de situations comiques, le tout dans une ambiance glauque, pesante. Ainsi, cette rébellion sociale sous forme de grosse farce s'avère être un excellent divertissement, qui n'oublie pas de nous faire réfléchir sur le monde qui nous entoure. On pourra trouver le film un peu plat (rien de véritablement concret, certes), presque trop cruel (la tentative de pendaison), mais il est pourtant porteur d'un message fort, un message antisocial, collant bien à la mentalité punk et au marginalisme de l'être humain.

Le début du film est presque parfait : il y a un contraste énorme entre Not, clochard punk qui mendie dans une zone commerciale, et dort, avec son chien, dans les cabanes en plastique du magasin de jouets ; et Jean Pierre, commerçant dans un magasin de literie, incapable de garder son calme lorsqu'un potentiel acheteur lui annonce qu'il est là juste pour tester la marchandise, pour l'acheter ''moins cher'' sur internet. Ce contraste s'efface lors du licenciement de JP, et c'est la que le film devient bien moins intéressant. Les deux personnages passent du même coté, et donc, ce choc des cultures (marginaux vs. consommateurs) est moins flagrant. Les problèmes sont abordés cependant avec beaucoup de maitrise, la communication entre les réalisateurs et le public se fait donc facilement. On y entend des choses telles que « Aujourd'hui si on n'est pas le fils de quelqu'un, on n'arrive à rien dans la vie », ou encore « Les gens ils sont chez eux, il se voient plus, ne communiquent plus ». Kubrick lui-même avait plus ou moins mentionné que chacun de ses films était une métaphore sur le manque de communication entre les humains. Kervern et Delépine ont vu juste : c'est bel et bien ce problème qu'il est bon de traiter en ce moment. Regardez la ''Pataterie'' déserte, ce magasin de literie qui compte 2 clients par jour, ce restaurant chinois vide, la campagne déserte, le centre-ville dépeuplé. Regardez la détresse de l'être humain qui se rabat sur la nourriture, la consommation, internet et dernières technologies qui lui permettent de tout avoir en n'en faisant le moins possible, qui n'aime pas son métier dans un cas sur deux (la pause-clope où les travailleurs de la même entreprise ne se parlent pas). Tous ces éléments, détails, qui ne représentent même pas le dixième de ce qui est exprimé dans Le Grand soir, ne sont là, ni pour vous scandaliser, ni émouvoir ou choquer. Le Grand soir est avant tout un film étrangement bizarre, qui fait passer son message à travers la bêtise et le grand-guignolesque. On en ressortira pas forcement content, ni persuadé de notre avis sur le film, mais on aura pourtant passé un chouette moment.

En résumé, même si la fin est plus faible que le début, ne ratez surtout pas la scène où le personnage de Poelvoorde exprime sa rage au micro du super-marché : un magnifique moment.   3 e¦ütoiles et demi

 

Commenter cet article

grand 21/07/2014 09:32

Comme à leur habitude, Delépine et Kervern nous livrent une sorte d'ovni cinématographique, même si ce film est quand même plus accessible qu'un Altraa par exemple...à voir, sympathique, mais pas sensationnel non plus.

neil 23/06/2012 23:16

Le début est bien et les réalisateurs ont un bon sujet. Reste que l'on s'ennuie un peu trop vite et que effectivement le film est au film un peu trop plat.

selenie 14/06/2012 11:20

Moins subtil que leur deux précédents films le duo grolandais signe un film qui repose surtout sur la paire Poelvoorde-Dupontel. Une petitre pointe de déception quand même, pas assez acide... 2/4

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