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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


La Ligne verte (Frank Darabont)

Publié le 19 Septembre 2010, 17:50pm

Catégories : #Films (Fantastique)

 

Synopsis : Paul Edgecomb, pensionnaire centenaire d'une maison de retraite, est hanté par ses souvenirs. Gardien-chef du pénitencier de Cold Mountain en 1935, il était chargé de veiller au bon déroulement des exécutions capitales en s'efforçant d'adoucir les derniers moments des condamnés. Parmi eux se trouvait un colosse du nom de John Caffey, accusé du viol et du meurtre de deux fillettes. Intrigué par cet homme candide et timide aux dons magiques, Edgecomb va tisser avec lui des liens très forts.

Le cinéma fantastique m'a toujours passionné, intrigué, intéressé au plus près. De la trilogie du Seigneur des Anneaux à des films du génial Tim Burton (Sleepy Hollow, Edward aux mains d'argent...), ce magnifique genre cinématographique m'a fasciné dans n'importe quel style. Adepte des longs films dramatiques, je ne pouvais qu'attendre un chef d'œuvre de cette énigmatique adaptation du roman de Stephen King.

La Ligne verte surprend par sa légèreté, ses doux dialogues, sa mise en scène sombre et quasi incolore et jouit d'une étude originale d'un monde sans pitié où la joie et la bonne humeur sont les bienvenus. Il surprend aussi par ses personnages, tous particulièrement bien réfléchis et contrastés dans leur comportement. Tous ces protagonistes sont incarnés par d'excellents acteurs qui excellent tous dans leur rôle. On suit de très près les aventures tumultueuses de Paul (Tom Hanks au sommet de son art et de son talent) que l'on affectionne tant sa vie est évoquée sensiblement et tant l'intimité est dévoilée au grand public pour percevoir encore mieux le personnage. On est forcement touché par John Caffey (« comme le café, sauf que ça ne s'écrit pas pareil »), un gigantesque bulldozer au corps d'acier et au cœur d'amande. Si l'intrigue fantastique est ciblée autour de cette personne, le plan émotionnel se joue également sur la psychologie perturbée et tourmentée de John. On apprend patiemment à détester Percy (Doug Hutchison pour le rôle de sa vie), un sanguin qui s'attaque aux faibles et ridiculise les condamnés à mort mais qui recule devant tout obstacle un tantinet difficile à surmonter (une espèce grosse tafiotte comme on dit chez nous). Derrière cette lâcheté bestiale et cette démente cruauté se cache un être sensible qui réagit tel un gamin excité qui veut trucider une araignée. Et je tiens à dire au passage que tout homme ici sur terre qui trouve les agissements de cette pourriture peut déjà songer à se faire soigner. Il y a aussi Brutus (Brutal pour les intimes), un homme qui, comme son nom peut clairement l'indiquer n'est pas forcément très doux mais qui est dans le fond quelqu'un de gentil, juste et généreux. Avec en plus Billy the Kid (le surnom futile d'un dangereux criminel), un excité du bocal pervers et épuisant, ainsi qu'Ed, un condamné gentillet qui s'est attiré l'amitié d'une petite souris savante, l'humour est garantie et l'ennuie n'est même pas envisageable.

Même si The Green mile est au drame poignant et hautement déstabilisant, il ne fait certainement pas l'erreur de laisser de côté quelques passages décrispant qui provoque au minimum un petit sourire au coin des lèvres. 3H00 de spectacle ahurissant non-stop où vous attendent rires, suspense et passages criant de vérité et de symbolisme, du bonheur à l'état pur, voilà ce que c'est. Car le film de Darabont n'est pas qu'une étude des mœurs carcéraux, c'est aussi (et surtout) une satire fortement ciblée sur les idées extrémistes américaines (peine de mort publiques, Percy qui joue du fait qu'il ''connait des gens hautement placés'' pour emmerder ses collègues,...) du milieu des années 1930. Si la reconstitution historique n'est extrêmement explicite, l'effort produit pour exprimer l'horreur des prisons est remarquablement flagrante et la passion de Darabont se ressent à travers l'écran. Il faut aussi savoir que le film explique avec une infime justesse la cruauté des gens de l'époque (les personnes qui apprécient de voir des condamnés souffrir sur la chaise électrique et autres détails qui mettent mal à l'aise) ainsi que les erreurs judiciaires et la remise en cause de la peine de mort.

Enfin, l'effet produit sur nos petits corps de cinéphiles est immédiat : les scènes de mise à mort donnent des frissons, les condamnés nous font réellement pitié, les erreurs de jugement et toutes ces injustices nous retournent la tête (ça fout les nerfs en pelote et ça énerve), on s'attache à tous les personnages et je ne vois aucun exception (même les méchants finissent mal et on a presque de la peine pour eux). Avec une réalisation simple mais efficace, une photographie exceptionnelle et un montage astucieux, La Ligne verte est un véritable exploit cinématographique d'un Frank Darabont touché par la grâce. Nos petites têtes frémissent et tremblent devant de telles images, devant ce réalisme si poignant. Au final, on repart les yeux tous mouillés (légèrement humidifiés après les torrents de larmes versés tout au long du film; la fin étant insoutenable) avec l'envie de le revoir encore une fois jusqu'à l'overdose (mais il n'y en aura pas, ce long métrage est tout simplement parfait et on ne s'en lasse jamais). Le produit miracle fait son petit effet : le film nous lobotomise, nous aspire, nous hypnotise). Nous venons d'assister à l'un des plus grands films de tous les temps, suivez bien la ligne verte...

En résumé, une énorme claque émotionnelle qui vient s'inscrire au panthéon de mon petit répertoire de films cultes, on a beau pleurer, rire, trembler, stresser, jubiler, espérer, désespérer, on finira toujours devant ce monument du septième art.

Ma note : 10/10



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