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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Mon ami Machuca (Andrès Wood)

Publié le 8 Juillet 2010, 16:45pm

Catégories : #Films (Drame)

 

Synopsis : Chili 1973. Deux enfants âgés de 11 ans, l'un Gonzalo Infante, timide, issu d'une famille aisée, réside dans les beaux quartiers, l'autre Pedro Machuca, fils de paysans survit dans un bidonville. Ces deux garçons que tout oppose vont se rencontrer sur les bancs de l'école grâce à l'initiative idéaliste du Père Mac Enroe : intégrer au collège catholique très huppé de Santiago des enfants de milieu défavorisé. Le but : apprendre à tous respect et tolérance alors que le climat politique et social se détériore dans le pays. Parmi les parents des enfants certains approuvent, d¹autres crient au scandale. De cette ambiance turbulente naît une amitié profonde entre deux garçons qui partagent un premier amour, des rêves de justice et un instinct de rébellion. Ensemble, ils seront les témoins impuissants du coup d¹état sanglant qui signe la fin de l'époque d'Allende.

Histoire d'amitié entre deux enfants que tout oppose. Histoire bouleversante du coup d'État Politique de Pinochet sur Allende sous les yeux insouciants et fougueux de deux amis inséparables. Mon ami Machuca se résume en peu de mots, et c'est peut-être ça qui me chiffonne dans ce film. Ne croyez pas que ces deux phrases d'introduction résument à elles toutes seules la totalité du scénario, non. Mais imaginez que ces deux phrases résument la totalité du message envoyé par le réalisateur.

Réalisé avec des moyens modestes, avec des acteurs novices (la plupart étant des enfants), sans prétention ni autre envie de faire un chef d'œuvre, Machuca se veut être direct, réaliste mais pas forcément très intrigant. On peut suivre les sulfureuses tribulations d'un bourge et d'un pauvre, au cœur de la jungle politique de Santiago de Chile (c'est une métaphore, à ma connaissance, il n'y a pas de jungle dans la capitale du Chili) pendant que leurs parents, leurs professeurs, tout ce monde d'adulte se battent, s'engueulent, et ne cherchent pas à s'entendre. Contrairement aux adultes et malgré leurs différences, Pedro et Gonzalo sont les meilleurs amis du monde. S'éprenant tous les deux d'une jolie fille miséreuse (voisine de Pedro) en pratiquant des coutumes particulièrement crades. Oui, c'est en voyant une scène de ce film que j'ai été dégouté à vie : Pedro et Gonzalo boivent du lait concentré, mais pas banalement, c'est la fille qui place ce breuvage dans sa bouche pour le «chauffer» puis qui le distribuent aux deux garçons en les embrassant. Répugnant et superflu, ce genre de conneries m'a un peu refroidit au sujet du lait concentré, boisson que je n'appréciant pas auparavant et que je ne peux plus voir en peinture désormais.

Outre quelques aberrations, de lenteurs et de scènes inutiles, Wood ne perd pas de temps. Son but étant de de dénoncer un coup d'État honteux à travers les yeux d'une population déchirée. On peut le voir d'ailleurs avec quelques scènes troublantes et porteuses d'un message fort et somptueux. On peut voir par exemple Pedro qui se rends à une manifestation avec ses parents qui font l'éloge et encouragent Salvador Allende (qui était au pouvoir au Chili et qui favorisait la population pauvre) alors que Gonzalo se rendait au même moment en compagnie de sa mère à une autre manifestation qui cette fois prônait la démission d'Allende. Je sais ce que vous allez me dire. Que ce genre de scène est présente dans d'autres films, que l'aspect symbolique n'est pas forcément développé dans ce genre de scènes, etc. Moi je dis juste ce que je ressens, c'est tout. Après, je l'ai toujours dit : chacun ses gouts, chacun ses opinions.

Gonzalo, être attachant et un peu naïf, impuissant devant le racisme de ses camarades de classe envers Machuca, impuissant devant ce massacre que Pinochet exécute dans les bidonvilles. Impuissant devant sa mère qui n'est qu'une trainée échangiste, possédant une bouille reconnaissable parmi des milliards, son acteur est irrégulier, convainquant dans des scènes des mœurs familiaux, maladroit dans les moments où il doit hausser la voix. Il dévoilera tout son talent dans une ultime scène où les images changent de style, d'ambiance et de couleurs, comme une sorte de sépia contrasté. Cette scène de massacre où il reste aphone, sans dire un mot devant ces horreurs indéfinissables, il arrive à jongler avec ses émotions corporelles, il fait fort dans cette scène.

Si on devait résumer le film en quelques lignes, on dirait que le film commence très doucement pour faire une sorte de crescendo scénaristique et rythmique. Beaucoup de scènes auraient du être coupées tellement elles sont idiotes et puériles. Trois scènes viennent redresser la barre d'un film plus que bancale : celle de la double manifestation, celle du massacre et enfin celle où Machuca rend un hommage touchant au père McEnroe, le seul qui a cru en lui mais qui se fera chasser de son œuvre pour avoir été trop bon.

En résumé, une première partie ennuyante à souhaits, mais quelques moments sont biens réalisés et apportent au film un côté émotionnel très fort.

Ma note : 5/10



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