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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper)

Publié le 24 Mai 2010, 10:37am

Catégories : #Films (Horreur)

 

Synopsis : Jeunes et insouciants, cinq amis traversent le Texas à bord d'un minibus. Ils s'aperçoivent bien vite qu'ils sont entrés dans un territoire étrange et malsain, à l'image du personnage qu'ils ont pris en stop, un être vicieux en proie à des obsessions morbides. Ce dernier ne tarde pas à se faire menaçant. Mais les cinq amis parviennent à s'en débarrasser. Peu de temps après, une panne d'essence contraint le groupe à s'arrêter à une station-service. Non loin de là, une maison isolée attirent leur attention. Deux d'entre eux décident de s'y aventurer, mais lorsqu'ils tentent de pénétrer à l'intérieur, un boucher masqué surgit et massacre les deux adolescents avec une tronçonneuse. Un de leur camarade, parti à leur recherche, subit le même sort. Il ne reste alors plus que deux survivants, et la nuit commence à tomber...

Ayant déjà vu le remake quelques jours auparavant, je ne pouvais que redouter le fait que le film culte de Hooper soit un navet. Comment allait-être LE film d'horreur par excellence ? Allait-je avoir peur ? Ou serai-je tombé dans un bain d'ennui viscéral ? Je tenterai de répondre subjectivement à ces question en rédigeant un article dont la structure sera semblable à celle de mon article sur Les Griffes de le Nuit de Craven. C'est-à-dire en deux parties distinctes. La première fera la critique de Massacre à la tronçonneuse, alors que la deuxième comparera les qualités et les défauts du remake et de l'original.

Leatherface, monstre sacré et terrifiant ou gros sac de viande avarié ? (Partie 1)

Comment commencer ma critique ? Comment puis-je apporter un jugement juste et personnel du plus grand film d'épouvante de tous les temps ? Le film qui a animé de sulfureux débats quand à la qualité esthétique néfaste pour le public et son atmosphère malsaine allait devenir le synonyme parfait du bon film d'horreur. En effet, si on interroge n'importe qui dans la rue, le premier film d'horreur qui lui vient à l'esprit est le film de Tobe Hooper, c'est l'une des rares œuvres cinématographique à être autant connue des gens alors qu'ils ne l'ont pas forcément vu. Pourquoi ce film ? Pourquoi est-il si connu ? Pour sa controverse, sa violence graphique inégalable ? Pour les moyens minimes du réalisateur ? Pour son méchant aussi charismatique que répugnant ? Personne ne le sait. En tous cas, son aspect prestigieux et populaire en fait un chef d'œuvre non voulu qui continuera à faire trembler des jeunes cinéphiles en quête de sensations fortes. Le film commence par une introduction textuelle avec une voix-off monstrueuse qui nous permet de se mettre dans le bain. Les 30 premières minutes sont peut-être lentes pour certains, mais quand on pense au budget si serré d'Hooper pour se film, on se dit que la mise en scène limite très largement les dégâts. Certes, The Texas Chainsaw Massacre est un film «amateur». Il est filmé avec peu de moyens et trouve une mise en scène bancale et fébrile, mais la beauté de certains plans, les plans-séquences glacials et les couleurs agressives de la maison de la famille cannibale permettent au public de trouver un aspect glauque mais tellement jouissif qu'il pourrai nous faire passer un moment dénué d'ennuis. Car il est clair que l'on ne s'emmerde jamais. La raison de cette absence est tout simplement cette musique stridente qui peut faire croire une attaque sanglante à chaque fois qu'elle apparait. Manquant toujours de moyens, Hooper du faire lui-même sa musique en frottant des objets métalliques contre des surfaces rugueuses. Le résultat est un mélange d'effroi et de grincement un tantinet dérangeant.

Se trouvant un casting aux limites du supportable, Hooper limite encore les dégats. Des acteurs moyens qui ne savent que gueuler comme de putois apeurés, rien des très alléchant mais le principal ingrédient horrifique de ce film est avant tout les bruitages et donc les cris des victimes de «Gueule de cuire». Ne sombrant jamais dans le ridicule, s'efforçant de donner un résultat semi-horrifique (Hooper avait pour objectif que son film soit interdit aux moins de 12 ans, il fut étonné de voir qu'il allait frôler l'interdiction aux moins de 18 ans), le futur réalisateur de Poltergeist allait défrayer la chronique en créant un monstre aussi dégueulasse que culotté dont le masque est fait avec la peau humaine de ses victimes. Gros boucher sanguinolent, amateur de chair fraiche, il effraie par sa corpulence intimidante et par sa cruauté viscérale. Maladroit, vicieux, il fait parti d'une famille étrange où chaque personnage à un rôle capital pour attirer les victimes dans la cuisine de Leatherface. Insurmontable, il peut faire pitié par moment mais terrorise encore et toujours grâce notamment à son jouet favori : la tronçonneuse. Oui, il fallait quand même que je parle de cette métaphore matérielle du film, une arme poussive et sonore (encore un aspect capital pour le film, cet outil est tellement effrayant parce qu'il produit un bruit assourdissant et flippant). Trouvant un final magistral mais peu horrifique, Hooper signe une œuvre achevée parfaitement. Il réussit à faire peur avec peu de moyens et signe un film personnel aux images sublimes nocturnes et matinales.

Chainsaw Massacre : Original vs. Remake (Partie 2)

Oui, j'ai adoré l'original. Non je n'ai pas aimé le remake (3/10) qui est une pale copie improvisée d'un mythe intouchable qu'est Massacre à la tronçonneuse. Là où Hooper faisait trembler par sa réalisation moyenne et déroutante, Nispel fait rire avec sa mise en scène beaucoup trop nerveuse, il a surement voulut copier sur l'original mais ne sachant pas quoi faire de cette caméra, l'a jeter par la fenêtre pour donner des images floues qui gâchent la vison du film. Plus sombre, plus sanglant, le remake installe une ambiance glauque dès le début du film alors que l'original fait dérouter son public en cachant son jeu et en ne dévoilant son atmosphère morbide que vers la moitié du film. L'entrée progressive dans l'horreur se fait plus brutalement chez Hooper que chez Nispel, ce sont deux techniques d'approches assez intéressantes. Lugubre, oppressant mais jamais perturbant, la version de 2003 instaure une idée quelque peu brouillée de l'horreur chez les anthropophages. La version de 1974 est quant à elle bien claire et mise en place d'une façon très objective et brutale.

Si les deux films ne font pas dans la dentelle, l'original se veut être horrifique par son aspect aveugle (on ne voir presque rien et c'est ça qui oppresse les spectateurs) alors que le remake veut montrer toutes les scènes sanglantes alors qu'un peu de gore dissimulé aurait été plus judicieux de la part de Nispel. Si le remake e fait jamais peur par son caractère beaucoup trop exagéré, l'original fait une sorte de crescendo horrifique qui progresse au fil des évènements. Le film de Tobe Hooper arrive à faire peur dans les scènes où la musique matérielle stridente se fait entendre : on a peur pour les protagonistes (dont on s'identifie nettement mieux dans l'original que dans le remake où les acteurs ne laissent passer presque aucune émotion) car on sent que quelque chose d'horrible va se passer, et c'est souvent ce qui arrive mais il est vrai que c'est lorsque que les scènes d'épouvante viennent que la tension retombe, car il faut l'avouer, l'ensemble à un peu vieillit. Le remake ne fait jamais vraiment peur car l'horreur est trop grossi, trop flagrant. Nispel distille l'épouvante de son film par quelques scènes remarquables par l'effroi et le suspense maintenu grâce aux effets visuels réussis. Sachant que l'écart des deux films est de 30 ans et que le budget n'est même pas comparable, l'original est nettement supérieur que le remake. Quant à Leatherface, il est abordé dans le remake comme un être maladroit et sordide. L'original accentue son coté «larbin de la famille» et son poids imposant qui le trahira dans un final téléphoné mais haletant. Dévoilant trop de choses, apportant des réponses inutiles, le remake tente d'apporter quelque chose de nouveau à l'original. C'est chose faite mais l'ensemble est raté et terriblement parodique.

En résumé, une grosse surprise, l'horreur est présente, le suspense aussi, l'aspect esthétique du film est parfait et même si l'ensemble a mal vieillit, on reste scotché devant ce mythe cultissime de l'horreur dot on ne ressortira pas indemne.

Ma note : 8/10



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Magusneri 24/05/2010 19:30

C'est un classique de l'épouvante que je n'ai pas encore vu. Je tâcherai de réparer bientôt cette lacune.
Sinon, tu as tout à fait raison, les remakes actuels des classiques de l'horreur ont bien plus de moyens que leurs modèles, mais cet argent est gaspillé dans des effets démonstratifs et faciles. Tout montrer, telle est la règle d'or de nos jours. Le résultat est rarement bon...

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