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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Micmacs à tire-larigot (Jean-Pierre Jeunet)

Publié le 14 Novembre 2010, 09:53am

Catégories : #Films (Comédie)

 

Synopsis : Une mine qui explose au cœur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d'armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d'hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...

Dernière pépite du génie démentielle qu'est Jean-Pierre Jeunet, Micmacs à tire-larigot avait divisé cependant la critique et le spectateur lors de sa sortie. Doté d'un casting prometteur, d'un synopsis alléchant et d'un budget coquet, le nouveau bijou du réalisateur de Amélie Poulain surprend, émerveille, rend hilare un spectateur qui, à la fin du film, en redemande encore et encore...

Un couleur de fond jaune, une histoire abracadabrante, des passages irrationnels, des trouvailles jouissives (le metteur en scène avouera qu'il s'est inspiré de Toy Story), de l'action, de l'humour, de la tendresse, une fabuleuse direction d'acteurs, une réalisation soignée et inventive, ce la ne fait plus aucun doute : vous regardez un film de Jeunet. On pourrait avoir peur de l'acteur principal, Danny Boon (second choix de JPJ après le désistement de Jamel Debbouze), tout droit ressorti de son succès avec les Ch'tis. Il aurait très bien pu prendre la grosse tête, imposer sa loi aux producteurs, faire sa star et crever l'écran sans que les autres aient leur part du gâteau. Détrompez-vous les amis. Le petit Danny n'a pas la grosse tête, ses chevilles n'ont pas enflées et il est bon de le savoir aussi bon après son grand succès.

Et s'il fallait que je vous parle de tous les acteurs, j'en aurai pour toute la journée. Ils sont tous excellents, ils excellent tous dans leur jeu. Jeunet est réputé pour que chaque personnage de son film présente l'archétype parfait de quelque chose. Vous voulez vérifier ? Bazil (Boon), le simplet dont la vie n'a pas été toujours gaie, lui le cerveau de l'opération, le personnage principal qui incarne l'homme qui veut se venger. Nicolas Marié et André Dussolier incarnent tous les deux des marchands d'armes réputés, avec tous les deux des tics monstrueusement drôles. Ils sont infectes et particulièrement cupides. Il y a aussi l'équipe de bras-cassés de Bazil, avec Placard, Tambouille, Calculette, Remington, et je vous passe toutes les précisions. Comme vous avez pu le voir, ces personnages sont un peu trop décalés pour être de vrais personnes. Il en existe certainement, mais certaines de leur capacités sont trop flagrantes.

Dès que le film commence, on voit de suite que ce sera de la pure et franche déconade. On ne regarde pas le film avec sérieux, juste avec l'envie d'apprécier cet univers déjanté où on mange la vache-qui-rit sans ouvrir l'emballage et où les riches mangent des crevettes... à leur façon. Alors oui, la couleur jaune peut énerver, oui, les critiques ne sont pas toujours bonnes avec ce film, oui, certaines situations cocasses sont presque impossibles. Mais c'est cette impression d'être dans un cartoon, avec actions millimétrées, plans diaboliques et gags burlesques décapants qui fait de ce film une pure merveille cinématographique, aussi peu crédible qu'elle puisse paraître. Le meilleur dans tout cela, c'est une nouvelle fois la performance de Danny Boon, qui semble, au fur et à mesure que le film avance, être le portait craché de Charlie Chaplin (mimiques + talent de mime). Sans oublier la performance de Dominique Pinon, l'un des meilleurs acteurs français de tous les temps.

Bourré de clichés, de gags à tout berzingue, d'aventures sensationnelles, de trouvailles jouissives dignes d'un excellent Pixar, ce Micmacs à tire-larigot n'est peut-être pas un pur chef d'œuvre, mais reste un film accompli où travail et passion se sont chevauchés pour donner un résultat bien au-dessus des mauvaises critiques habituelles.

En résumé, acteurs particulièrement bons, réalisation parfaite, trouvailles innovantes, action, scènes maitrisées et folie douce ont emportés Jeunet vers les sommets dans ce dernier film.

Ma note : 8/10



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Tir 31/12/2010 11:51

Le film s'en tire plutôt bien, le scenario n'étant pas mirobolant. Cependant cette lacune est compensée par le jeu des acteurs.

titus 14/11/2010 20:05

J'irai pas jusqu'à dire que ce film est excellent, mais il est assez sympa, drôle et divertissant pour que je supporte le style barré de Jeunet et tous ces personnages plus étranges les uns que les autres. Encore un bon article!

copa738 14/11/2010 13:16

@Mrs A. : 8/10 est une très bonne note. Après, il y a peut-être quelques scènes un peu (trop) loufoques qui m'ont un peu fait reculé. Le film est excellent, c'est indubitable, après je l'ai trouvé presque trop court. J'aurai aimé passer 4 heures avec cette petite équipe, tellement les action sont débordantes d'imagination jouissive. Mais ça ne regarde que moi...

@Kschoice : Oui, un mélange subtil entre Bourvil et Chaplin, c'est exactement ça. Mon acteur préféré étant Dominique Pinon, excellent dans tous ces films. A quand un film avec Pinon en acteur principal ???
PS : Ça faisait longtemps que je t'avais pas vu sur la blogosphère... Tu as pris des vacances où il y a eu un sous-effectif à la Poste et tu as dû faire des heures sup' ?

Mrs A. 14/11/2010 12:53

Pourquoi pas plus de 8/10 ? Pourquoi pas 9 ou 10 ? Qu'est ce qui t'a déplut dans le film alors ?

kschoice 14/11/2010 12:02

Un excellent film qui rend hommage au talent de Dany Boon, entre Chaplin et Bourvil, dans un film d'une grande inventivité, comme toujours avec Jeunet, que je préfère tout de même en solo qu'avec son ex camarade Caro.
Jeunet m'avait réconcilié avec le cinéma français, et il continue ici avec un film loufoque mais souvent profond.

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