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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Oscar's unfair ?

Publié par copa738 sur 28 Février 2011, 12:10pm

Catégories : #Evènements-Débats

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En guise de comparaison, les Oscars, face aux Césars, c'est exactement la même chose, en plus long, mais en moins chiant. Le spectacle proposé est dénué d'originalité, il y a peu d'humour et les présentateurs sont assez crispés. Mais il reste une chose aux Oscars que les Césars n'ont pas : des bons films en compétitions, la sensation de stress lors des remises de récompenses et ce que nous provoque l'attribution d'une statuette à notre favoris, ou le contraire. Pour la première fois de ma vie, j'avais l'occasion de voir entièrement la Cérémonie des Oscars (un grand merci au site Cinéco pour avoir diffusé la cérémonie en direct). Je me suis dit : « Ose, car ça n'arrive qu'une fois par an ! » (vous remarquerez le magnifique calembour : ''Ose, car'' = ''Oscar''). Ai-je eu raison de faire une nuit blanche pour voir cela ? Les récompenses sont elles aussi prévisibles que pour les Césars ou trop injustes (d'où le titre de l'article) ?

De minuit à deux heures et demi du matin, c'était le fameux tapis rouge, avec des stars siliconées, du beau people, tout le gratin du cinéma américain était là. Ce qui est étrange, c'est que les présentatrices de ABC semblaient plus intéressées par les robes des actrices plutôt que des nombreuses interviews (après l'interview de Natalie Portman, la première chose que la présentatrice a dit c'est : « Waaa, what a beautiful dress ! »). Gwyneth Paltrow a pris du ventre, Nicole Kidman s'est fait refaire le nez, Christian Bale a une horrible barbe de trois mois (sûrement pour soutenir les Belges) et Robert Downey Jr. a toujours la classe. Mais durant ce tapis rouge, sans compter les pubs qui passaient toutes les 5 minutes, on a franchement l'impression qu'on assiste à une émission people. Bien installé devant mon PC avec mon thermos à la main, j'assiste à un moment bien trop long où il ne se passe rien, mais où l'on prend un malin plaisir à essayer de reconnaître toutes les stars qui passent par là. A coté de la vidéo, une page réservée aux Facebook's tchats nous dévoile une belle quantité de cinéphiles endurcis qui, comme moi, se plaignent des pubs et critiques les tenues vestimentaires des actrices, mais sont quand même là depuis minuit à commenter la cérémonie. Dans un autre onglet, je converse, depuis 1 h 30 avec Plume231. Chacun y va de son pronostic (même les abonnés à Facebook animent de nombreux débats, sans oublier de raconter des blagues carambar pendant la publicité). La cérémonie débute à 2 h 30, elle se terminera vers 5 h 45.

Pour ce qui est de la Cérémonie en elle-même, c'était assez mollasson dans son ensemble. Anne Hataway et James Franco apportaient un peu de fraicheur à la cérémonie, même s'ils n'étaient pas touchés par une grâce folle et que leur humour soulevait pas des montagnes. Tout comme pour les Césars, la cérémonie débutait par l'incrustation des deux présentateurs dans les meilleurs films de l'année 2010. Ils devaient faire l'inception de Alec Baldwin, et se sont baladés dans la salle de danse de Black Swan, le tribunal de Social Network, et pleins d'autres lieux qui ont marqués l'année 2010 à travers de nombreux films aux qualités indéniables. Kirk Douglas, la voix un peu chevrotante, tenant sur une canne, était la grande surprise de cette 83ème Cérémonie des Oscars. Nous offrant un festival d'une rare intensité, faisant le monopole du show pendant quelques minutes, il fut la personne la plus applaudie de la soirée, et même l'actrice Melissa Leo semblait être plus happée par le mythe qu'elle avait en face d'elle plutôt que par l'Oscar qu'elle tenait dans les mains. Beaucoup de chansons seront chantées (de belles casseroles), de Paltrow à Céline Dion (qui chante une chanson trop sad pendant que l'on découvre la – trop longue – liste des décès dans le milieu du cinéma en 2010), on aura été servi par la musique, même si ce n'est pas ma tasse de thé (en l'occurrence, c'était du café qui était dans le thermos). En plein milieu de la cérémonie, une sorte de montage musical se dévoile à nos yeux (et surtout à nos oreilles). Il reprend quelques répliques de certains films (le fameux He has no Shirt de Twilight) et fait une sorte de mix digne des Black Eyed Peas (voix artificielles, rythme répétitif). Puis, pour finir en beauté (?), la chorale tout droit sortie de New-York, les Ps21 reprennent en cœur la chanson du Magicien d'Oz (reprise par Iz au début des années 2000), mais eux qui étaient d'habitude très bons, n'ont pas du tout enflammé la salle, sûrement à cause du stress et aussi parce que c'est un chanson difficile à chanter.

Et de 4 pour Inception, le film sensationnel de Christopher Nolan ne récolte, par contre, que des récompenses techniques (meilleur photographie, meilleur son, meilleur montage sonore, meilleurs effets visuels). La razzia de l'année revient au Discours d'un Roi (meilleur film, meilleur réalisateur pour Tom Hooper, meilleur scénario original, et meilleur acteur pour Colin Firth), film que je n'ai pas encore vu. The Social Network, grand favori, repart avec trois statuettes (meilleur montage, meilleur musique, meilleur scénario adapté). Fighter (meilleur second rôle masculin pour Christian Bale, meilleur second rôle féminin pour Melissa Leo) et Toy Story 3 (meilleur chanson, meilleur film animé), les deux outsiders de luxe de cette année repartent le contrat rempli. Le hold-up de la soirée revient à Alice au pays des merveilles, l'un des plus mauvais films de l'année, qui repart avec des récompenses techniques (décors et costumes). Les cocus de cette cérémonie sont The Kids are all Rights (0/4), mais surtout 127 heures (0/6) et True Grit (0/10). Outre le fait que je sois déçu que Inception ne soit pas jugé à sa juste valeur (mais comment a-t-il pu échapper à l'oscar du meilleur scénario original ?), je trouve certaines récompenses injustes (Social Network ? Meilleure musique ? What the fuck ?). Et comment oser oublier Shutter Island (pas une seule nomination pour le chef d'œuvre de Scorcese, grand bannit des Oscars) ? Sans parler de Aronofsky, Fincher et Nolan (les génies incompris d'Hollywood) qui se font tous les trois coiffer par un Tom Hooper qui ressemble bizarrement à James Cameron il y a quelques années. Et comment ne pas mentionner le fait que Day & Night (l'un des meilleurs court-métrages d'animation de tous les temps) ne reçoive rien ? Quant à la cérémonie, je ne vois pas ce qu'elle a de plus que les Césars... la seule différence, c'est le fait que la compétition est plus rude, ce qui démontre par a+b que le cinéma américain est plus riche que le cinéma français, et est beaucoup moins avare en publicité. On a surtout l'impression qu'il y a du boycott (genre, on peut pas le donner à Boyle parce qu'il a gagné en 2008, et pas à Jeff Bridges parce qu'il a gagné l'année dernière) et qu'on évite les films qui fâchent (The Social Network qui repart avec des miettes, de même pour Inception). Le pire, c'est que, comme pour les Césars, les nominés tournent toujours autour des mêmes films, pas plus de 6, toujours les mêmes. Oscar's fair ? Not sur !

Pour en savoir plus, consultez le palmarès des Oscars 2011.

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copa738 01/03/2011 10:35

Et c'est ça qui est désolant...
Je poste sur "True Grit" dans un eheure à peu près !

Ben 01/03/2011 10:33

Je crois que ton dernier commentaire Copa résume tout à fait bien la situation ;)

copa738 28/02/2011 22:19

Je n'ai pas vu "King's speech", je ne peux pas vraiment me prononcer.
Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est surtout pourquoi j'ai l'impression que tout le monde y trouve son compte. Ca donnerait un dialogue assez délirant :
" Bon Joel et Ethan, cette année on vous cite parce que vous êtes mignons, mais vous repartirez bredouille, hein ? Parce que on vous a déjà fait un cadeau en 2007.
Danny, toi, t'es sympa, mais t'as déjà tout raflé y a deux ans avec "Slumdog...", donc sans rancunes. Et puis, James est présentateur, ça la foutrait mal qu'il donne des prix a des gens qu'il a cotoyé pendant des mois de tournages. (ah oui, mais du coup notre complot pour faire gagner "Alice aux pays des merveilles" tombe à l'eau ; tant-pis, on aura qu'à dire à Anne de fermer sa gueule).
Bon, les gars, on est dans la merde, là ! On va être obligé d'en céder 1 ou 2 à "The Social Network". Tant-pis, tant que c'est pas des prix trop importants. Pour "Inception", on leur donne des prix techniques, et comme ça ils nous foutent la paix.
Laissons un peu place au box-office, 2 pour "Toy Story 3" et 2 plour "Alice".
On va faire plaisir à nos amis les anglais, et puis comme ça fait plusieurs fois que Firth se fait couillonner par nos goûts de chiot... euh nos sentences justes et irrévocables, on va mettre le paquet pour "Le discours d'un roi"."

Très flippant comùe dialogue, mais je pense qu'on est pas loin de la vérité...

mymp11 28/02/2011 22:03

Ce palmarès en deviendrait presque comique si ce n'était pas aussi désespérément réel... Mais bon, on a déjà été habitué à du consensuel à mort, et il n'y a aucune raison pour que ça change, malheureusement. Le discours d'un roi, 7 Oscar, dont meilleur film et meilleur réal... Alors qu'Hooper sera déjà oublié dans une dizaine d'années... C'est tristement délirant. Depuis l'année dernière, j'ai décidé de ne plus perdre mon temps à regarder ces cérémonies chiantes qui se ressemblent toutes (et qui, finalement, ne veulent presque rien dire), et tout cela me conforte dans mon choix...

copa738 28/02/2011 20:53

Même si les récompenses obtenues par "Alice" sont justifiées, je ne comprends pas le motif qui est de ne pas "privilégier les mauvais films" pour "Tron" qui, à ce qui parait, est l'un des films les mieux faits de tous les temps. Si ce fameux motif avait été exploité jusqu'au bout, "Alice" n'aurait été nommé pour aucune catégorie.

Globalement, y a pas grand monde qui connait le réalisateur de "Un homme d'exception", et je pense pas que des gens savent qu'il a eu des Oscars...

Pour "True Grit", tu dolis tout de même te rendre à l'évidence pour la photographie (bien que celle d'Inception soit très belle également, masi dans un autre style). je prosterai un article demain sur ce film.

"Galdiator" est un bon film, mais ne vaut pas le statut de chef d'oeuvre pour moi.

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