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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Panic Room (David Fincher)

Publié par copa738 sur 19 Février 2011, 11:44am

Catégories : #Films (Thriller)

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Synopsis : Meg Altman, la trentaine, a très mal vécu la séparation avec son mari et angoisse à l'idée de devoir élever seule sa fille Sarah. Afin de commencer une nouvelle vie loin de ses craintes, Meg achète une immense et splendide maison située dans un quartier huppé à l'ouest de New York. Son ancien propriétaire y a fait construire au dernier étage une pièce de sûreté dans laquelle on peut se réfugier en cas de menace extérieure et rester enfermé de nombreux jours grâce aux provisions qu'elle contient. Cependant, Meg n'aurait jamais pensé s'en servir dès le premier soir. En effet, trois cambrioleurs, Burnham, Raoul et Junior, ont pénétré dans la maison avec la ferme intention de dérober une somme de quatorze millions de dollars cachée par l'ancien maître des lieux. Tout porte à croire que ce butin est dissimulé dans la pièce de sûreté, là où se sont réfugiées Meg et Sarah.

Tout le monde le sait, David Fincher est un maître de la réalisation. Ce cinéaste ambitieux qui a prouvé à de nombreuses reprises l'étendu de son talent, démontre avec brio dans ce Panic Room qu'on peut faire beaucoup de choses sur une histoire simple et revisitée des centaines de fois. Et quand on offre en parallèle une mise en scène clinquante et presque prétentieuse, on ne peut que savourer son film, car son pari de montrer au public une réalisation inventive et percutante est réussi haut la main. Il faut dire que le brillant cinéaste qu'il est sait comment s'y prendre avec les caméras. Il ne nous épargne pas en mettant en scène des images très kitch et assez improbables : un long travelling qui traverse toute la maison pour voir évoluer l'effraction des voleurs, la caméra traverse le plancher, monte de plusieurs étages, zigzague entre les meubles, traverse l'anse d'une cafetière et finit son parcours dans la serrure d'une porte. Outre ce fabuleux plan-séquence bluffant, on retiendra aussi la capacité de nous éblouir lorsque la caméra fait un gros plan sur l'ampoule d'une lampe de poche, ou la manière angoissante de filmer l'angoisse des deux victimes. Fincher, avant même de nous faire aimer l'histoire qu'il raconte, veut faire de son Panic Room une œuvre marquante, pas seulement dans la violence qu'elle contient, mais dans l'organisation méticuleuse des scènes qui se succèdent avec une justesse affolante.

Ainsi, avec de nombreux zoom-arrières et zoom-avants qui se multiplient, de ralentis à couper le souffle (la scène où Foster sort de la cachette pour récupérer son portable est sûrement l'un des plus beaux moments de suspense qu'il m'est été donné de voir), Fincher organise son film d'une manière peu commune. Il laisse l'action se faire doucement, puis lâche les chevaux dans une scène finale mémorable, nettement plus violente que tout le reste du film, mais très efficace. Mais Panic Room n'est pas un thriller comme les autres. Il puise son originalité dans les personnages des méchants, trois protagonistes complètement différents qui s'en donnent à cœur-joie pour faire vivre ce cambriolage. Junior (Jared Leto, hilarant) est le plus drôle, le plus agité, mais en même temps le plus con et le moins ''professionnel'' de la bande ; Raoul (le terrifiant Dwight Yoakam) dont on ne voit pas la tête (d'ailleurs, j'ai été déçu de voir son visage dans les derniers instants du film, son visage cagoulé laissait du mystère dans son personnage, mystère estompé à la fin) ; Burnham (le magnifique Forest Whitaker) est le plus calme, le plus diplomatique, et c'est surtout le ''méchant le moins méchant de la bande''. Contrairement à ce qu'on aurait pu le penser, c'est de loin le casting masculin qui l'emporte dans Panic Room, alors que les deux personnages principaux sont deux fille (Jodie Foster en mère malheureuse et terrifiée et Kristen Stewart – la future Mlle Twilight – en jeune fille un peu turbulente s'en sortent plutôt bien, mais paraissent bien fades comparé au talent des trois autres lascars). Et c'est justement sur les performances des trois cambrioleurs que Fincher élabore sa thèse de faire ''aimer les méchants autant que les gentils''. On a bien sûr peur pour Meg et Sarah, mais on ne peut jamais penser à un seul instant que Junior ou Burnhman (on a cependant plus de doutes sur Raoul qui semble beaucoup plus fou que les deux autres) ne lèveront la main sur les deux femmes. Et à l'approche du final, voir Burnhman s'en aller avec le fric nous soulage presque (son personnage est plein d'humanité, il est doux et n' pas hésité à aider Sarah quand elle allait mal, alors que c'était elle la victime, et lui le bourreau). Mais le bain de sang final (suspense garanti) nous fait nous rabattre un peu plus sur les deux victimes qui doivent une nouvelle fois s'en sortir face à toute cette violence. L'arrivé de la police est en même temps un soulagement (happy end pour les deux Meg et Sarah), mais aussi un déchirement (la fin du rêve pour Burnham). Là où Fincher avait raté son final dans The Game, il le réussi haut la main pou Panic Room, qui est désormais, selon moi, un chef d'œuvre du septième art.

En résumé, un film qui sait en même temps jouer avec la comédie, l'horreur et le suspense ; on retiendra aussi une réalisation très ''tape-à-l'œil'' accomplie grâce à une simulation 3D remarquable (comme quoi, il est plus sain d'utiliser la technologie pour des choses vraiment utiles).

4 étoiles et demi-copie-1

Commenter cet article

copa738 26/02/2011 11:57

@ Ben : Dommage, mais y a des choses plus graves que nos mésententes cinématographiques ^^.

@ cheap essay writers : (en espérant que mon anglais de classe de troisième est cmpréhensible) It's not usual that I accept an english comment. But even if it's an advertisement, you write a critic and I like that. You can continue to post comments with advertisement, but only if you say your review about the film of the article. Thank you to post a comment with your review about the film, and not only an advertisement !

cheap essay writers 26/02/2011 11:41

agree. 'Panic Room' was a great shock to me! Fincher is one of the best to know how to handle the thriller genre ('Zodiac ' and 'Seven' are part of my pantheon of the genre). The sequence slows the notebook labeled me a lot too!

Ben 23/02/2011 20:06

Héhé, moi je demandais qu'à m'amuser ! Mais Fincher en a voulu autrement... Il m'a tellement peu marqué que je ne me souviens que vaguement du ralenti...
Je sais pas, j'arrive pas à trouver beaucoup de points positifs.
Désolé, mais là on ne trouvera pas un point d'entente ;)

copa738 21/02/2011 17:22

@ Ben : J'arrive pas à comprendre comment t'as pu t'ennuyer. Affaire à suivre...

@ Leto : C'est marrant de voir que les pseudos de certains ont un sens, sont pensés et réfléchis. Ca peut paraitre con : mais le mien a été choisi au hasard. Je voulais juste avoir un pseudo composé d'un mot sans véritable signification (=copa), et un nombre de 2 ou trois chiffres (=738).
Je n'ai pas vu "Zodiac" ni "Se7en", mais je pense que pour ce dernier, je vais pas tarder à le voir (genre, c'est l'une des histoires les plus tordues et glauques de tous les temps, un "Saw" avant l'heure).

@ mymp : Je pense qu'on est tous d'accord à propos de cette scène au ralenti.
Pour le générique, je l'ai surtout interprété de la façon suivante : on vois des paysages extérieurs exprès pour que le fait de voir des gens enfermés tout un film nous donne presque envie de revenir au générique (c'est là qu'on peut penser que Fincher cherche à installer une ambiance claustrophobe). Et c'est finalement à la fin du film (Foster et Stewart sur un banc dans un parc) qui nous fait revenir dehors. Comme si les deux extrêmes chronologiques du film étaient les deux seuls points "positifs" du film.
Ca nous donne donc ce schéma très simple :
- extérieur = positif
- intérieur = négatif

mymp 21/02/2011 14:27

Entièrement d'accord, un grand film complètement sous-estimé, très théorique à la De Palma (et donc à la Hitchcock). Et comme Jérémy (et comme toi Copa), je trouve cette scène au ralenti magnifique. Sans doute l'une des plus belles en la matière (et la plus belle du film).

Pour revenir sur cette notion de claustrophobie, non, je n'y crois pas non plus, le film est avant tout une "étude" de l'espace et du temps (comme le Snake eyes de De Palma, d'ailleurs les 2 films ont le même scénariste, David Keopp). Panic room reste un exercice de style, c'est évident, mais de haute volée.

Pour revenir sur le générique du film que vous avez plus ou moins décrié dans les commentaires sur Black swan, je le trouve très réussi pour ma part : la très belle partition d'Howard Shore, en deux mouvements, vient renforcer ce sentiment d'angoisse écrasante et de vertige (de l'espace et du confiné).

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