Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Les Petits mouchoirs (Guillaume Canet)

Publié le 30 Novembre 2010, 18:22pm

Catégories : #Films (Comédie Dramatique)

 

Synopsis : A la suite d'un événement bouleversant, une bande de copains décide, malgré tout, de partir en vacances au bord de la mer comme chaque année. Leur amitié, leurs certitudes, leur culpabilité, leurs amours en seront ébranlées. Ils vont enfin devoir lever les "petits mouchoirs" qu'ils ont posés sur leurs secrets et leurs mensonges.

Depuis sa sortie, il y a plus d'un mois de cela, Les Petits mouchoirs, dont Guillaume Canet, le réalisateur parle comme du film de sa vie a fait jaser pas mal de monde et a toujours fait jouer les chiffres en sa faveur. Plus de quatre millions et demi de spectateurs qui se réunissent dans les salles depuis 5 semaine et ça n'en finit pas de grimper. Ce film ne serait-il pas le renouveau du cinéma français ? Avec une durée initiale de 4 heures, raccourcit d'une heure et demie pour être plus vendable, Les Petits mouchoirs à tout pour faire croire à la modernisation du cinéma francophone. Reste cependant les fondations indestructibles du bon vieux cinéma français : casting 5 étoiles, humour, mélancolie, réalisation assez simple.

Seulement, c'est beau les grands mots. Mais quand on se retrouve au milieu d'une salle gavée de monde (beaucoup de vieux, cependant) avec la conviction que c'est LE film français de l'année que l'on va voir, on a tendance à être moins flexible contrairement aux autres films. Le fait de savoir que le film a divisé la critique et les spectateurs renforce également cette pression qui me hante. Fort heureusement, le carnage que je redoutait n'est point arrivé. Sans vouloir être trop hâtif, je peux d'ores et déjà vous affirmer que le film est une réussite.

Ce que Canet réussit là où beaucoup d'autres échouent, c'est dans une narration simple, structurée mais qui provoque une multitude de sensations très fortes. Au début, on rit, on se marre bien, on retrouve bien le côté festif et l'ambiance bien singulière de ce cinéma propre à un genre qu'on pourrait qualifier de ''film sur l'amitié''. Le pitch à de quoi faire rire, des couples et des amis vont se la couler douce à la plage. Le plus jeune, encore très gamin ne pense qu'à sa petite personne et à sa copine, dont il attend un coup de fil. L'un des copains, pourtant marié et père d'un enfant avoue son attirance envers son ami qu'il connait depuis plus de quinze ans. Un père de famille tendu, stressé, crispé qui s'énerve parce que la pelouse n'est pas bien tondue où parce que des fouines peuplent sa maison de vacances. Sa femme, allergique aux produits chimiques qui ne mange que du bio (Valérie Bonneton, grande révélation vue dans l'hilarante série Fais pas ci, fais pas ça). Mais comme il faut toujours un hic dans un synopsis qui parait cool et garanti sans prise de tête, l'un des copains est à l'hosto, bien amoché mais ses amis décident finalement de partir, sans lui.

C'est là que commence les problèmes, on se pose des questions sur la réelle amitié qui possède nos amis. Alors ils picolent, ils rigolent, s'amusent. Mais s'apprécient-ils vraiment ? Quand les voyons-nous discuter sérieusement, sans déconner où parler de la pluie et du beau temps ? Quelques questions existentielles viennent marquer au fer rouge nos craintes et nos peines. Dès lors, la franche déconnade du début de film n'est plus au rendez-vous. On s'interroge sur eux, mais aussi sur nous-même. Car cette expérience, d'une façon ou d'une autre, on l'a vit avec eux, avec ses personnes débordantes d'énergie mais qui manquent parfois de lucidité. Couples qui se brisent, qui se forment, tout le monde passe à la dure moulinette de Canet qui vit le film au plus profond de lui-même (il avouera s'être inspiré de nombreux évènements de sa propre vie).

Grâce à une formidable direction d'acteurs, Les Petits mouchoirs gagne en maturité, en engagement et en personnalité. La crédibilité des dialogues marié au réalisme poignant de certaines scènes et à la faculté des acteurs à s'unir à la perfection font de ce film une bonne tranche de vie humaine, agréable par moments, triste et irritante cependant. Et c'est en nous livrant ce final déchirant (accompagné de My Way de Paul Anka : je craque !) que Canet nous montre tout l'étendu de son talent : faire pleurer une salle entière en montrant d'autres gens pleurer. Les Petits mouchoirs réunit les français dans les salles obscures, il les fait tous se remettre en question, et ça marche. On en ressort les yeux mouillés, avec une envie de faire le point sur soi-même (et ce n'est pas parce que je n'ai pas plus de 18 ans que ça me fait pas ce genre de sensations).

On gardera le meilleur en ce qui concerne le film : la scène du banc de vase où Cluzet perd son maillot de bain, Gilles Lellouche qui insulte un pot de riz sous les conseils de son ami qui semble apaisé avec sa propre conscience, Cluzet (encore lui) qui engueule le fils des amis parce qu'il a triché à Un, deux, trois, soleil ! Et plein d'autres scènes amusantes et sacrément bien imaginées. Canet commet cependant une erreur : la longueur du film. Une bonne demie-heure en moins et le son film aurait frisé le sans-faute. Pas un chef d'œuvre car de nombreux passages sont largement passables, mais un beau film quand même qui s'appuie sur ses points forts pour que ces points faibles paraissent moins conséquents.

En résumé, d'excellents acteurs (Lellouche, Bonneton, Cluzet et l'irrésistible Marion Cotillard -bien plus touchante que dans Inception – en tête), une grande leçon de vie, de l'humour, de la tendresse et de l'émotion, un film qui réconcilie les peuples, et qui frise la perfection malgré une longueur exagérée et un coté un peu trop moralisateur.

Ma note : 8/10



Commenter cet article

MillionDollrasBaby 18/12/2010 12:07

Je suis assez déçu, parce qu'en fait, j'y allais avec beaucoup de préjugés, et ce même si le premier film de Canet m'a beaucoup plu.

J'ai été déçu car le film est drôle, mais par sursaut, te la longueur du film est simplement un moyen mécanique de nous attacher aux personnages pour mieux nous faire chi*r quand ils connaissent un drame, or ce pseudo rebondissement est trop mal orchestré pour paraître juste et le film tombe dans le sentimentalisme... C'est dommage car Cluzet et Magimel sont vraiment deux acteurs exceptionnels.

Gabriel 17/12/2010 09:24

Une fin carrémment lourdingue ouais !!

Dommage, ça plombe toute la bonne ambiance qu'il pouvait y avoir tout au long du film, qui était assez sympa.

J'en garde quand même un mauvais souvenir à cause de la dernière demi heure, sans aucune finesse (là où la scène où lelouche pose une main sur le ventre de Cotillard était très belle)

film streaming 14/12/2010 00:48

Ce post est fascinant, c'est une réussite, félicitations.

Nous sommes sociaux !