Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


La Plage (Danny Boyle)

Publié le 14 Juin 2010, 16:19pm

Catégories : #Films (Aventure)

 

Synopsis : Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l'Asie comme terrain d'élection, dans l'espoir d'y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les touristes, il fait la connaissance d'un couple de Français, Françoise et Étienne. Dans la nuit, un homme au regard halluciné fait irruption dans sa chambre et évoque une île secrète, une plage paradisiaque, où il aurait vécu plusieurs années au sein d'une petite communauté d'esprits libres. Le lendemain, Richard retrouve une carte de l'île et le cadavre de Daffy.

Hypnotique, psychédélique, le film de 1999 du réalisateur de Trainspotting est avant-tout une œuvre soignée dont le but est de faire rêver et voyager. Seulement voilà, The Beach est trop bordélique, trop loufoque, trop fumant, trop irréaliste pour paraître crédible.

Commençant son film par une narration envoutante de Leonardo DiCaprio, Boyle ne laisse rien au hasard et plonge directement le public dans son ahurissant voyage. Tout en prenant son temps, il habitue très tôt les spectateurs à cette atmosphère lugubre et aride. La première heure est un grand coup de maitre, une photographie luxuriante et paradisiaque de cette fameuse plage idyllique, un suspense inégalable et une ambiance très singulière tout cela mélangé avec une légère pointe d'humour. Cette plage si magnifique qu'elle puisse paraître est semblable à ce que pourrait être le paradis. Les événement s'enchainent sans se ressembler. Tout est mis en œuvre pour maintenir un suspense palpitant. Seulement, quelque chose ne va pas. Mais quoi ? Il m'aura fallu presque 1h20 de film avant de me rendre compte que cette histoire aussi originale qu'elle soit n'a aucun fond, pas de réel scénario, pas du tout de sens. C'est en fait un rafistolage de petites histoires anecdotiques sur une île déserte peuplée d'indigènes qui sont normaux. C'est aussi ça qui me gène, ces habitants de la plage sont trop ordinaires, pas assez bizarres. De plus, le casting est très irrégulier. On a d'un côté DiCaprio et Canet, les deux acteurs masculins principaux du film qui sont très à l'aise, et de l'autre un duo d'actrices féminins (Tilda Swinton et Virginie Ledoyen) qui laissent à désirer. La première est trop sobre, pas assez émotive, trop passive, pas assez envoutante. La deuxième est ce qu'on peut appeler la potiche de service, elle est jolie, bien formée et navigue entre deux mecs : c'est la trainée du coin, elle ne sait que remuer du cul mais dès qu'il faut exprimer des émotions quelconques, il n'y a plus personne.

Le thème principal du film est surtout les aléas de l'infidélité. C'est une sorte de Plus Belle la Vie version Koh-Lanta. Le pire, c'est que je n'exagère pas. Il se passe toujours des choses de dingues (attaques de requins, adultères multiples,...) mais la crédibilité n'est pas au rendez-vous. Là où Danny Boyle foire littéralement son film, c'est quand on approche de la fin (vers 1h30), ça devient du grand n'importe quoi au pays des palmiers dorés et on peut assister à des situations ridicules. Le dénouement est trop barré pour être acceptable, il tient plus du trip paranoïaque que d'une idée conventionnelle. C'est plutôt dommage, puisque que le film partait d'une bonne intention. On rêve, on s'imagine loin des emmerdes quotidiennes, posés sur ce sable fin brulant, on bave devant cette eau bleue turquoise truffée de requins affamés, on s'extasie devant cette faune verdoyante. Seulement, le scénario est trop mou, trop anecdotique, jamais à sens unique. Je n'ai rien contre les films dont le scénario est bordélique, sauf que ce côté «brouillon» des anecdotes est trop flagrant (je sais que je l'ai repéré, tard, mais c'est la fin de l'année et je fonctionne un peu au ralenti) et fait un peu tache dans cet univers intéressant que nous offre le créateur du récent et génialissime Slumdog Mllionnaire. La Plage est quand même un film à prendre comme du divertissement aventurier qui pourrait (devrait ?) donner des idées de voyages pour les vacances et saurait faire aimer l'aventure aux coincés de notre société (cette analyse est objective).

Un petit conseil avant de partir : Ne faites pas la même erreur que moi, ne regardez pas ce film 3 semaines avant les vacances, car cela pourrai vous démoraliser et vous ne serez en aucun cas opérationnel pour le reste des jours de travail. Je sais ce que je dis, car oui, en voyant ces décors somptueux à la manière d'un Avatar réaliste (enfin, pas tant que ça, j'ai du mal à croire qu'un lieu de ce genre existe sur terre), j'ai eu un coup de blues, une envie pressante (nettement plus puissante que l'envie d'aller au petit coin d'un cloporte constipé) d'aller me baigner, n'importe où mais plonger dans de l'eau fraiche un jour de canicule. Ça sent les vacances à plein nez. Il faudra être patient. J'en profite pour laisser un petit mot de soutien à tous ceux qui finiront dans plus d'un mois, et je les encourage sincèrement à ne pas regarder ce film avant leur premier jours de vacances.

En résumé, ce film original de Danny Boyle n'est pas aussi bien qu'il puisse paraître, son manque cruel d'un scénario stable et son manque d'un minimum de réalisme en font un film bancale qui permet quand même de passer un moment de suspense et de rêve paradisiaque.

Ma note : 5,5/10



Commenter cet article

copa738 15/06/2010 18:18

Ouais j'ai pas détesté ce film, seulement, il manque ce truc magique qui fait que "La Plage" est un peu gâché !

Silice 14/06/2010 22:15

Haha, j'ai adoré lire cette critique et elle m'amène à cette réflexion : la film est-il si bien que je m'acharne à le dire à tout le monde ? Oui, moi, j'ai aimé ce film, même si bien sur, je préfère la première partie à la deuxième, j'adore ce film (bien que beaucoup dise que c'est un gros navet et le pire film de Danny Boyle) donc après... les arguments que tu avances me semblent juste etc mais je passe toujours un bon moment devant ce film.
Et c'est sans doute son coté peu réaliste qui me plait le plus...

Nous sommes sociaux !