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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Psychose (Alfred Hitchcock)

Publié le 18 Décembre 2009, 16:39pm

Catégories : #Films (Horreur)

Synopsis : Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l'entend. Son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l'épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire le laissant sans le sou... Mais un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s'enfuit avec l'argent. Très vite la panique commence à se faire sentir. Partagée entre l'angoisse de se faire prendre et l'excitation de mener une nouvelle vie, Marion roule vers une destination qu'elle n'atteindra jamais. La pluie est battante, la jeune femme s'arrête près d'un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates, mais qui doit supporter le caractère possessif de sa mère. Après un copieux repas avec Norman, Marion prend toutes ses précautions afin de dissimuler l'argent. Pour se délasser de cette journée, elle prend une douche...

Depuis des années, le mystère sur le meilleur film d'Alfred Hitchcock s'est totalement éventé. Bien que l'intrigue soit remplie de rebondissements et que le twist final soit grandiose, tout bon cinéphile se doit de connaître la fin de Psychose. Fier de sa réussite, le maître du suspense demandait aux spectateurs de ne pas dévoiler la fin du film, pour que les prochains soient aussi ébahis et terrifiés que les précédents. Maintenant, le cas de Norman Bates est devenu universel et la scène de la douche s'est inscrite au panthéon du cinéma mondial. Jamais un film n'avait été aussi bien maitrisé, aussi bien pour les dialogues que pour la mise en place de l'horreur. Car, qu'on le veuille ou non, Psychose est un film d'épouvante, mais qui s'ajoute à de nombreux genre (la romance pour le début, le policier et enfin le thriller).

Pour que l'horreur s'installe parfaitement, Hitchcock nous laisse regarder Marion, le personnage principal qui se fera finalement tuer à la moitié du film. Il réussi quelque chose d'unique, d'innovant, d'inhabituel dans le cinéma : faire mourir la personnage principal, pour laisser l'intrigue reprendre les manettes. Le vol de l'argent n'est qu'un prétexte pour montrer que Marion est en danger, mais lorsque les personnes que l'on attendait le moins se mettent à la tuer, on ne sait plus trop dans quel sens va l'histoire. Tout ce que je vous dis-là, ce n'est pas mon ressenti (bien sûr que je connaissais la fin du film, bien sûr que la totalité de l'intrigue ne m'était pas étrangère), je me met juste dans le contexte de l'époque, où aucun vrai film d'horreur montrant des humais s'entretuer n'était sorti, et où le slasher n'existait pas. Terrifiés par la mise en scène très ''voyeuriste'' d'Hitchcock (une scène comme celle de la douche était considérée comme de l'érotisme, à l'époque) et par la musique stridente composée par Bernard Herrmann, les spectateurs assistaient à un véritable chef d'œuvre, qui avec le temps, n'a toujours pas pris une ride.

Après, que vaut vraiment un film dont la scène la plus significative a déjà été vue sur YouTube par la plupart d'entre nous et dont le mystère n'a plus aucun secret pour les cinéphiles de notre époque ? Il y a aussi une mise en scène, très simple mais diaboliquement efficace. Hitchcock fait surgir son meurtrier à un moment où on l'attend, pour nous prévenir que l'horreur va arriver. Ainsi, pour la scène de la douche, un plan large laissant apparaître la porte d'entrée de la salle de bain (floutée par le rideau) nous prévient, comme si l'image marquait une pause et qu'un texte apparaissait en disant « Regardez la porte ! Regardez la porte ! ». La scène de l'escalier s'anticipe par la façon dont Hitch filme l'arrivée du meurtrier : un plan aérien pour que l'on voit la progression de la victime, pour un même temps voir le meurtrier arriver (comme si il y avait un panneau qui indiquerait qu'il faut se concentrer et regarder tout autour de nous). Si le réalisme de Psychose nous prend à la gorge à chaque vision, c'est parce qu'on à l'impression d'être dans ce motel, de craindre l'assaut du criminel. Cette horrible sensation provient, une nouvelle fois, de la réalisation d'Hitchcock, grand génie avant-gardiste qui fait de son Psychose, l'une des plus belles œuvres jamais réalisées.

Reste à souligner une chose : la splendide performance de Anthony Perkins. Tout d'abord calme et seul, un peu ''bouffé'' par sa mère, puis, à la fin, complètement fou, énigmatique comme personne ne l'a jamais fait. La dernière séquence avec le psychologue permet de faire le lien avec les agissements du jeune homme. Il est expliqué tout ce que nous ne savions pas sur lui, et sur cette affaire de meurtre. Mais de nombreuses interrogations nous trottinent dans notre esprit : jusqu'où va sa double-personnalité, quand est il cette personne, et quant est-il l'autre ? De toutes les œuvres les plus complexes, jamais une n'avait autant dérangé, et même si le coup de théâtre final de Psychose est connu de tous, il est rare de faire autant réfléchir et peur en même temps.

En résumé, parfait thriller complexe et suffocant, Psychose est un chef d'œuvre du cinéma qui marie suspense et hémoglobine (justement dosé), sans oublier la performance glaçant d'un Anthony Perkins pénétré par son/ses rôle(s).

Ma note : 9,5/10



Commenter cet article

jean-michelsalgon 17/01/2010 12:19

Ah,voila,un vrai chef-d'oeuvre!Par contre,pour moi,le film le plus aboutie d'Hitchcock reste l'envoutant Vertigo,une oeuvre plus complexe et surtout inépuisable.

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