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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Rien à déclarer (Dany Boon)

Publié par copa738 sur 3 Mars 2011, 09:38am

Catégories : #Films (Comédie)

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Synopsis : 1er janvier 1993 : passage à l’Europe. Deux douaniers, l’un belge, l’autre français, apprennent la disparition prochaine de leur poste frontière situé dans la commune de Courquain France et Koorkin Belgique. Francophobe de père en fils et douanier belge trop zélé, Ruben Vandevoorde (Benoît Poelvoorde) se voit contraint et forcé d’inaugurer la première brigade volante mixte franco-belge. Son collègue français, Mathias Ducatel (Dany Boon), considéré par Ruben comme son ennemi de toujours, est secrètement amoureux de sa sœur. Il surprend tout le monde en acceptant de devenir le coéquipier de Vandevoorde et sillonner avec lui les routes de campagnes frontalières à bord d’une 4L d’interception des douanes internationales.

Peut-être qu'en ces temps hivernaux, je n'ai pas vraiment la tête à rire. Peut-être que c'est parce que j'avais plutôt bien aimé le dernier film de Dany Boon, qui avait fait trembler le box-office en 2008. Cette fois, Boon échoue lamentablement. Son nouveau film, Bienvenue chez les ch'tis 2, Bienvenue chez les belges, Rien à déclarer est des plus lamentables qu'il soit. Tenez, vous remplacez la baraque à frites de Bergues par un restaurant, la poste par la douane, la mère possessive par le père raciste, Merad par Poelvoorde, et on a un parfait exemple de ce qu'on appelle du recyclage, ou un manque d'inspiration, voir une incapacité de se renouveler. Là où Boon avait réussi à surprendre la France entière par un humour ravageur et inédit, il s'enfonce ici dans une comédie très lourde (en même temps, Benoit Poelvoorde...) stéréotypée comme jamais, avec peu de moments drôles, au final.

Il fallait voir aussi la population qui se trouvait dans la salle : un monde pas possible qui s'agitait, sans parler de ceux qui hurlaient de rire toutes les 20 secondes (à des moments sérieux même, comme s'ils se sentaient obligés de rigoler, parce que c'est Boon...), ceux qui mangeaient leur pop-corn bruyamment, sans parler de ceux qui se faisaient entendre, avec leurs rires peu discrets, par les spectateurs de True Grit, dans la salle 2. C'est quand on voit cela qu'on se rend compte que le cinéma populaire va très mal. Il est bien loin le temps où Les Visiteurs enflammaient les salles et où le tandem De Funès-Bourvil faisait des émules. Mais Boon-Poelvoorde n'est pas ce duo improbable et hilarant qu'on pouvait attendre, et l'humour n'est même pas au rendez-vous. Là où j'avais faillit m'étouffer devant Bienvenue chez les ch'tis, j'ai carrément été obligé de lutter contre le sommeil, avec Rien à déclarer. Avec pas mal de grossièretés inutiles, Poelvoorde qui gueule comme un gros putois, sans parler de la stupide scène de la salle de bain et de tous ces affreux clichés, Boon créer la comédie de demain, pleine de défauts, et franchement pas drôle.

Je veux bien admettre que certains trouvent ce film assez sympa à regarder, voir rigolo dans son ensemble, mais j'ai vaguement l'impression que Boon a tenté de voir si, en faisant de la merde, il allait attirer beaucoup de monde dans les salles. Gagné ! On prévoit le passage au dessus des 10 millions de spectateurs, comme quoi, seul une réputation peut vous permettre de gagner gros. Mais en voyant le budget débloqué pour un film d'une si piètre qualité, on se rend finalement compte que Dany Boon n'est pas le futur Gerard Oury, que Poelvoorde n'est pas le futur Louis De Funès. Reste cependant quelques belles prouesses comiques, comme celles avec les trafiquants de drogues, ou encore l'irrésistible et hilarant couple que forme François Damiens et Karin Viard. Mais Boon se rate surtout dans son intrigue principale, voulant démontrer un choc de cultures (comme son dernier film en fait : avant, c'était Nord vs. Sud ; maintenant, c'est France vs. Belgique) et déoncant le racisme, ne passe finalement pas. On sent qu'il y a des idées (la 4L tunée, certains bons dialogues, Poelvoorde qui gueule dans l'église), mais il y a l'art et la manière de les réunir, de les mélanger. Et il faut croire que Dany Boon a perdu le manuel d'assemblage.

En résumé, rien de novateur au pays de Boon, reprenez tout ce qu'il y avait dans Bienvenue chez les ch'tis, enlevez ce qui avait fait de ce film un bon divertissement (humour, scénario efficace), et vous aurez Rien à déclarer, un œuf pourri pondu précocement par un Dany Boon qui a perdu de sa superbe.

1 e¦ütoile

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Ben 03/03/2011 20:47

Je n'irai même pas le voir, enfin sans doute pas, car je n'en attend rien...
J'ai été plus ou moins séduit par 127 heures cette semaine, et vu pas mal de bon film, je n'ai pas envie de gâcher mon week end avec ça ;)

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