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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


La Route (John Hillcoat)

Publié par copa738 sur 26 Juin 2011, 21:14pm

Catégories : #Films (Science-Fiction)

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Synopsis : Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.

Malgré un ensemble de décors majestueux, une réalisation délicate, une belle musique et une histoire intéressante, La Route souffre, suffoque, plonge dans les ténèbres à la place du spectateur, et s'enlise dans ses propres atouts. Et au final, La Route tenait dans ses mains un chef d'œuvre, mais n'a pas su quoi en faire : le film de Hillcoat aurait pu être exceptionnel, il est juste ennuyant à mourir. Et pourtant, à la vue du premier tiers du film, tout semblait être parfait : l'ambiance glauque et pesante se fait vite ressentir, les personnages sont attachants, l'horreur nait par quelques rencontres (avec les cannibales, notamment) et les couleurs sont magnifiques (ainsi que la photographie). Mais à partir de la découverte du ''garde-manger humain'', La Route ne vit plus, la flamme de la bougie s'est éteinte et se se rallumera plus. Ils auront pourtant essayé pendant l'heure restante, de raviver la flamme (rencontre avec le vieillard, avec le pilleur de la plage), mais rien à faire. Le film n'est plus du tout comparable à la puissance de sa première partie.

L'histoire veut que tout soit noir, sombre, avec de temps en temps des lueurs d'espoirs, vites cachées par des gros nuages. Le seul problème, c'est que La Route ne suit pas assez de logique, n'est peut-être pas assez prenant pour qu'on y croit un seul instant (le moment où ils trouvent de quoi se nourrir, pour finalement tout laisser tomber au moindre petit bruit suspect). De plus, il y a aussi le gros soucis de la survie : la résistance à la mort implique de nombreuses scènes de ''routine'' (s'arrêter pour la nuit, trouver à manger, avancer pour survivre, etc) qui, à défaut d'être intéressantes, provoquent l'ennuie à coups sûrs. Après, je ne dis pas que tout est inintéressante : la différence entre un père qui ne voit que par la survie et un enfant qui ne pense qu'à l'altruisme, l'arrivée en ville et le guet-apens, la rencontre lointaine d'une troupe de cannibales en chasse. Mais avec un faible lot de scènes marquantes, La Route ne parvient pas à boucher les trop gros trous creusés 1h55 durant.

Et c'est donc avec d'importants regrets que l'on contemple le générique, arrivant un peu comme un cheveu sur la soupe alors que l'intrigue prenait une direction intéressante. Ce n'est pas comme si la réalisation était mauvaise (elle est pour moi très belle, malgré un montage un peu trop mou), ce n'est pas comme si l'intrigue était chiante, c'est juste qu'un énorme potentiel est gâché par une lenteur soporifique et par un grand manque d'émotion (la mort téléphonée du père ne touche même pas le spectateur), et même de frisson (les scènes où les deux personnages frôlent la mort ne font même pas accélérer le rythme cardiaque). Alors que faut-il retenir de ce fameux film qui se vantait déjà (grâce à de bonnes critiques publiques et professionnelles) comme le chainon manquant du film post-apocalyptique ? Qu'il tenait quand même un sacré bon morceau dans ses mains (le best-seller de McCarthy), et qu'il l'a lamentablement laissé entre les mains de charognards (pas mal la métaphore, non ?). C'est pas non-plus désagréable à regarder, mais il manque beaucoup de choses pour en faire un chef d'œuvre...

En résumé, sans émouvoir, ni faire frissonner, sans même réussir à casser 3 pattes à un flamant rose, La Route peut au moins se vanter d'avoir réussi à reproduire une ambiance au cinéma, mais accompagné d'autant de défauts, le film ne pouvait pas vraiment faire long-feu.

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